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Elections présidentielles de 2018: Des mouvements armés en passe de lâcher IBK
Publié le lundi 16 avril 2018  |  Le Républicain
Mahamadou
© RFI par DR
Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA et sa délégation sont à Alger pour discuter des accords de paix, le 16 juillet 2014.
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A Bamako, le vendredi 13 avril dernier, lors d’une rencontre avec la presse malienne, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, le Coordinateur de la Coordination des Mouvements de l’Entente(CME)qui regroupe la CPA, le MSA, le CJA, le FPA et le MPSA, a décrié la manière dont le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a géré le processus de paix au Mali. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune qui reproche à IBK son « ingratitude » envers la CME malgré son soutien à sa candidature en 2013, promet une sanction contre « une gestion et des hommes » lors de leur congrès qui doit se tenir le 28, 29 et 30 avril prochain à Tin Aoukar (Gao).

Le divorce semble être consommé entre le président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Kéita et la Coordination des Mouvements de l’Entente(CME), un regroupement de groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. En effet, les responsables de la CME accusent IBK de les avoir marginalisés dans la gestion de la paix au Mali. « L’Accord de Ouagadougou n’est pas un Accord venu au hasard. C’est pourquoi son nom est spécial : Accord préliminaire à l’élection du président de la République et aux pourparlers inclusifs. Il s’agissait d’élire un Président qui devait engager des pourparlers inclusifs. Le Président devait respecter tous les engagements qui avaient été pris. Il devait engager des discussions au nom de tous les Maliens pour nous emmener vers la paix. Nous avons même donné une consigne à l’époque pour IBK qui selon nous pouvait nous emmener vers les meilleures solutions. Après l’élection, directement on n’a eu les premiers signaux.

IBK a déclaré qu’il n’était pas question de négocier avec des rebelles alors qu’on ne se considérait plus comme des rebelles », a indiqué Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, le Coordinateur de la Coordination des Mouvements de l’Entente(CME). Il ajoutera qu’après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, les différents gouvernements sous IBK ont marché sur le principe d’’inclusivité du document. « On pensait qu’il y avait un accord qui même s’il n’est pas parfait en tout cas nous permettait de baliser le terrain pour nous emmener vers un vrai accord. C’est pourquoi ce n’est pas un accord de paix mais un accord pour la paix.

La notion d’inclusivité dans l’accord est fondamentale. Mais depuis la signature de l’accord, on n’a tenté de nous exclure du comité de suivi de l’accord et sous le regard du président de la République, de son gouvernement et de ses ministres. Après 8 mois de blocage, nous avons siégé au CSA parce qu’il ne pouvait pas avoir de comité de suivi sans nous ». Selon Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, cela a été « le premier coup d’ingratitude de la présidence ».

Le Coordinateur de la Coordination des Mouvements de l’Entente(CME) a ensuite dénoncé leur mise à l’écart dans les autres processus de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali : le CJVR (Commission Justice Vérité Réconciliation), le MOC (Mécanisme Opération de Coordination), la mise en place des autorités intérimaires…
« On n’a même oublié que nous existons. Le président de la République à qui on n’a placé notre confiance en 2013, devait être au dessus de ce réseau de mafia pour comprendre et se souvenir qu’à un moment donné des hommes courageux ont posé avec lui des actes courageux …

Nous avons vécus les pires humiliations dans ce pays qu’on n’a sauvé avec fierté», a expliqué Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune. D’après lui, il y a de cela un mois, sans l’intervention de la Coordination des Mouvements de l’Entente et de la Plateforme, Gao allait sombrer dans le chaos à cause des conflits intercommunautaires. « Gao a frôlé le chaos sous le silence du gouvernement.»Selon Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, « nos initiatives pour la paix ne sont jamais encouragées et soutenues par le régime en place qu’on a aidé à mettre en place. ». « Maintenant nous vivons les conséquences.

L’insécurité a débordé dans le centre… »
La Coordination des Mouvements de l’Entente promet de tirer toutes les leçons de leur collaboration avec le président de la République lors de leur congrès qui doit se tenir le 29, 29 et 30 avril à Tin Aoukar (Gao). « Aujourd’hui le mandat du président est terminé. C’est 90% de ceux qui ont fait la rébellion qui vont se retrouver là-bas pour faire le bilan. Ce ne sera pas un bilan contre les Maliens ou contre le Mali. Mais ça pourrait être un bilan contre une gestion et contre des hommes », a laissé entendre le Coordinateur de la Coordination des Mouvements de l’Entente.

Madiassa Kaba Diakité
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Le Républicain N° 4380 du 7/5/2012

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