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Présidentielle au Mali – Moussa Mara : « Je suis prêt à m’effacer et à soutenir un autre candidat »
Publié le jeudi 14 juin 2018  |  Jeune Afrique
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© aBamako.com par mouhamar
Le premier ministre Moussa MARA à la rencontre de la majorité présidentielle
Bamako, le 24 avril 2014 à l`hôtel Lagon. Le premier ministre, Chef du gouvernement, Son Excellence Moussa MARA était à la rencontre de la majorité présidentielle.
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L’ancien Premier ministre d’Ibrahim Boubacar Keïta fait partie de ses challengers déclarés à la présidentielle du 29 juillet. Membre de la « Convention des bâtisseurs », une coalition d’opposants, il se dit aujourd’hui prêt à se ranger derrière un autre candidat pour assurer une qualification au second tour.

Il est présenté comme un des plus sérieux prétendants à la succession d’IBK. Après une première candidature en 2013, où il avait récolté 1,5 % des voix, Moussa Mara, ex-Premier ministre du président sortant d’avril 2014 à janvier 2015, a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle du 29 juillet.

À moins que l’ambitieux expert-comptable de 43 ans ne s’efface au profit d’un autre candidat de la « Convention des bâtisseurs », la coalition d’opposition dont il fait partie. Dans l’entretien accordé à Jeune Afrique dans son bureau de Bamako, il lance notamment un appel à Cheick Modibo Diarra, l’ancien Premier ministre de la transition, dont il se dit proche.

Jeune Afrique : C’est la deuxième fois que vous vous présentez à l’élection présidentielle. Qu’avez-vous de plus à proposer aux Maliens qu’en 2013 ?

Moussa Mara : Il y a cinq ans, il s’agissait d’une candidature de témoignage et de découverte. Nous savions que nous partions de très loin pour prétendre gagner. En 2013, j’avais présenté une candidature unique, pour découvrir le pays, présenter mes idées aux Maliens, me distinguer, me faire connaître et prendre date pour le futur.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai été ministre puis Premier ministre. Nous avons aussi obtenu des députés à l’Assemblée nationale, ce qui nous a permis d’implanter davantage notre parti Yelema (le changement, en bambara) et de nous préparer pour 2018. Cette fois, nous nous présentons pour gagner, seul ou en groupe.

SI NOUS NOUS METTONS D’ACCORD SUR UN CANDIDAT QUI NÉCESSITE QUE JE M’EFFACE, JE M’EFFACERAI

Ces mêmes détracteurs vous décrivent comme un jeune ambitieux guidé par ses objectifs personnels…

Mais comment peut-on concevoir la vie sans ambition ? Après avoir été maire, ministre, Premier ministre, je ne vois pas en quoi vouloir devenir président serait illégitime. Et je vous l’ai dit : nous sommes en train de discuter au sein de la « Convention des bâtisseurs ». Si nous nous mettons d’accord sur un candidat qui nécessite que je m’efface, je m’effacerai. Beaucoup de procès d’intention sur ma soi-disant ambition démesurée tomberaient alors à l’eau. Certains seront surpris.

Êtes-vous satisfait de l’organisation de l’élection présidentielle ?

Pour l’instant, cela ne se passe pas mal. C’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas bien compris la récente marche organisée par l’opposition. Cela dit, la marche est un exercice démocratique et le gouvernement n’a pas eu raison de l’interdire la première fois.

Partagez-vous les inquiétudes de certains sur des risques de fraudes ?

Je n’ai pas de preuves indiquant qu’une fraude est en préparation. En travaillant avec le gouvernement sur les détails du scrutin – identification des électeurs, accueil dans les bureaux de vote, inviolabilité des bulletins, comptage des voix et intégrité du système de comptage, conservation des bulletins… -, nous arriverons à améliorer le processus électoral.

Au début de l’année, l’opposition, la majorité et l’administration ont constitué une équipe d’experts qui se réunissait toutes les semaines. Cette équipe a rédigé la loi électorale, a travaillé sur la question des cartes d’électeurs, a organisé l’audit du fichier électoral… Il faut aller dans ce sens.

Le pays n’a pas besoin de rapports de force ni de tensions plus ou moins suscitées. Nous avons tous intérêt à ce que ce scrutin soit apaisé. Quel que soit le vainqueur, il aura besoin d’un cadre serein. Il ne faut pas de troubles, sinon c’est tout le Mali qui sera perdant.


CHEICK MODIBO DIARRA POURRAIT ÊTRE NOTRE CANDIDAT, CAR IL EST INSTALLÉ DANS LA TÊTE DE NOS COMPATRIOTES COMME QUELQU’UN DE CRÉDIBLE

Vous êtes une des figures de la « Convention des bâtisseurs », une plateforme qui regroupe plusieurs candidats de l’opposition ? Où en sont vos discussions ? Allez-vous présenter un candidat unique dès le premier tour ?

Mon objectif est que le prochain président de la République sorte de ce groupe. Nous sommes plusieurs à en faire partie : Modibo Sidibé, Housseini Amion Guindo, Mountaga Tall, Moussa Sinko Coulibaly, Clément Dembélé, Hamadoun Touré, Modibo Koné… Pour l’instant, aucun consensus ne se dégage pour une candidature unique dès le premier tour.

Personnellement, je souhaiterais que Cheick Modibo Diarra, l’ancien Premier ministre de la transition, adhère à cette convention. Je suis en train de travailler pour qu’il soit membre des « bâtisseurs ». Il pourrait être notre candidat, car il est installé dans la tête de nos compatriotes comme quelqu’un de crédible sur lequel on peut compter. Il illustre aussi le changement auquel nous aspirons : il est « neuf », non issu du sérail politique, et il a un corpus idéologique proche du notre, notamment en matière de lutte contre la corruption.

Cela signifie que vous accepteriez de retirer votre candidature à la présidentielle à son profit ou au profit d’un autre membre de cette « Convention des bâtisseurs » ?

Tout à fait. Comme nous l’avons dit en novembre à l’issue du congrès ordinaire de Yelema, le changement auquel nous aspirons ne peut pas être porté par un seul parti. Il nécessite que des personnalités se regroupent et choisissent l’une d’entre elles pour incarner ce changement. Nous avons toujours dit que nous étions prêts à la soutenir, même si elle n’est pas issue de nos rangs.

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