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Edito : les deux nouvelles erreurs d’IBK
Publié le lundi 25 juin 2018  |  Le Pays
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Le Mali est en phase de connaitre une nouvelle crise préélectorale. Cette fois, l’inquiétude n’est pas liée au processus électoral interprété diversement par l’opposition et la majorité, mais aux nouvelles dispositions prises par le président de la République pour endiguer l’insécurité dans le centre, précisément le pays dogon et aussi en proposant de résoudre en partie la doléance du collectif des régions non opérationnelles afin de désamorcer une nouvelle tension sociale qui se profile à l’horizon. Parce que le Collectif menace de boycotter l’élection présidentielle ou de donner des mots d’ordre de vote-sanction contre IBK lors de ce scrutin du 29 juillet prochain.



En ce qui concerne la question du pays dogon, le président de la République, IBK, annonçait lors du 3e anniversaire de la signature de l’accord d’Alger qu’un camp de cantonnement sera érigé dans le cercle de Koro. La nouvelle disposition n’est pas appréciée par le mouvement d’auto défense, Dan Na Amassagou. Le porte-parole du mouvement, Marcelin Guengueré, nous a exprimé son désaccord pour la simple raison qu’ils n’ont pas été associés à une telle décision. Koro, c’est l’une des zones contrôlées par les chasseurs et s’il est question de créer un site de cantonnement en ce lieu, naturellement cela vise les chasseurs. Le porte-parole laisse entendre qu’il faudrait que les autorités les associent au préalable à toutes décisions allant dans le sens de stabiliser la zone. Sans cela, ils s’opposeront à tout ce qui est appelé à être appliqué de façon unilatérale dans le pays dogon.


Pour ce qui est du cas des régions non opérationnelles, le président de la République s’aventure dans une dynamique sélective avec la nomination bientôt des gouverneurs de quatre régions : Bougouni, Dioïla, Nioro, Koutiala. Pour ces zones, ce n’est pas fortuit. Koutiala, c’est la ville natale d’IBK ; Dioïla, c’est chez l’Honorable Diarrassouba, l’un des bras droits d’IBK ; Bougouni, c’est chez Blaise Sangaré, conseiller spécial d’IBK qui a renoncé à sa candidature au profit d’IBK ; Nioro du Sahel, le Cherif Bouillé est là. Entre lui et IBK, c’est la rupture depuis longtemps et toutes les tentatives entreprises par IBK pour se faire pardonner sont restées infructueuses. L’érection du cercle en région permettra-t-il à IBK de bénéficier du pardon du Cherif ? Je doute fort car le Cherif ne cache plus sa déception et a dit à visage découvert qu’IBK n’est plus son candidat.

La décision de nomination des gouverneurs des 4 nouvelles régions est mal interprétée au niveau du Collectif des régions opérationnelles. Les responsables dudit collectif veulent la nomination des 9 gouverneurs le même jour. Cela se comprend. Cette décision des autorités fait suite à plusieurs pressions et des menaces faites par le Collectif à l’orée du premier tour de l’élection présidentielle. Notamment le boycott ou le vote contre le président sortant. Le Collectif sait que l’intention du pouvoir vise des retombées politiques. C’est le moment de tout chercher, sinon après cette élection, si l’actuel président venait à être réélu par malheur, s’en est fini pour les autres cercles qui devraient bénéficier, au même titre que les autres, du statut de région.

IBK, en cherchant des points pour sa réélection, semble s’enfoncer davantage. Va-t-il accepter les argumentaires avancés par les deux parties ? C’est possible car il est prêt à tout, de nos jours, pour sa réélection. Mais ce que lui et ses proches doivent savoir, c’est que même si IBK règle toutes les doléances, il lui sera difficile de retrouver la confiance du peuple.

Boubacar Yalkoué
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