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Conflits post-électoraux et récurrence de situations politiques délétères : Les démocraties africaines en proie à des présidents sangsues !
Publié le jeudi 9 aout 2018  |  Le Pays
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© aBamako.com par Momo
Scenes de violence devant le tribunal de la commune IV ce matin a l`arrivée des forces de l`ordre
Bamako, le 17 aout 2016 Ras Bath ce matin devant le Procureur : Manifestation devant le tribunal de la commune IV ce matin a l`arrivée des forces de l`ordre
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Les démocraties africaines méritent des réflexions plus approfondies vu toutes les pétitions auxquelles elles sont victimes à cause de chefs d’État ne songeant qu’à eux-mêmes. En Afrique, nous avons l’impression que c’est le même problème et les mêmes accusations, partout, à chaque fois qu’il est question d’élection : des crises post-électorales. Cette insouciance de la part des gouvernants du continent africain risque de compromettre l’avenir du berceau de l’humanité.

« La démocratie est le meilleur des régimes possibles ». Tel constituait le point de vue de l’intellectuel français, Jean Jacques Rousseau. Il n’est pas fortuit que ce régime soit le plus répandu dans le monde. Si tous les États, de tout temps, se sont laissés basculer dans cette forme de gouvernance, c’est parce qu’ils ont eu à constater des merveilles derrière ses principes. Bien exploités, ces principes sont susceptibles de faire la joie de tous les citoyens et de tous les dirigeants.

Mais à s’en tenir à l’usage de cette démocratie en Afrique, on a la mauvaise impression que ce régime est le plus mauvais qui ait jamais existé. Est-il alors nécessaire de rappeler que les faits et les principes font deux ? À ce titre, en Afrique les dirigeants abusent du pouvoir en contrefaisant les principes de ce régime, notamment en entretenant, en connivence avec certains citoyens indignes de leur pays, l’ignorance au sein de la population.

La ciguë faisant son effet, celle-ci tombe dans un sommeil dogmatique. Les faits dépassant alors l’entendement, la population se laisse embobiner dans les théories du complot et de la victimisation. Elle ne se voit plus elle-même comme le problème, mais accuse toujours l’autre. Au lieu de s’en prendre aux dirigeants pour lesquels ce peuple a voté, moyennant une petite somme d’argent payée à ces compatriotes infidèles qui se sont laissés faits esclaves pour du matériel, c’est l’étranger qui est accusé d’être la source de ses maux.

Les gouvernants mettent alors le feu au fondement de la démocratie africaine et remettent du coup en cause toutes les voies de développement du continent par la passivité du peuple. Leur méthode utilisée est celle de l’éleveur. Autant celui-ci élève ses troupeaux pour son propre intérêt, de même les dirigeants africains ne mènent qu’une lutte d’intérêts personnels et égoïstes sur le continent. En effet, la plupart sacrifient de ce fait l’intérêt général au profit de l’intérêt privé. Il est aisé de s’en rendre compte durant les périodes électorales.

Pendant ces périodes, rares sont les pays de ce continent qui ne s’embrasent pas. Nous assistons présentement à ce problème au Zimbabwe, le même cas risque d’arriver au Cameroun, etc. Pour le Congo Kinshasa, l’incertitude reste encore reine. Pire, au Mali, nous constatons que c’est le gouvernement qui s’arme contre ces citoyens en se procurant de camions citernes pour arroser la population d’eau chaude une fois que celle-ci s’emparera des rues pour contester les résultats du scrutin du 29 juillet dernier.

De nos jours, parler des élections en Afrique, c’est prévoir des crises postélectorales. Car aucun candidat n’est prêt à céder le pas à l’autre en reconnaissant sa défaite. Le manquement à cet esprit démocratique relève du comportement des hommes au pouvoir. Ceux-ci déploient tout leur zèle jusqu’à violer les lois capitales de leur pays afin de perpétuer leur règne. Les élections sont volées soit en catimini soit de manière flagrante, l’insouciance devenant le terreau des démocraties africaines. C’est au vu de tous ces problèmes que Rousseau s’est précipité de dire qu’un « régime si parfait ne convient pas à des humains ».

Partant de ces inquiétudes, nous ne pouvons que faire la révérence devant de grands intellectuels de l’Antiquité comme Platon. Ce dernier a eu à exprimer ses inquiétudes en ce qui concerne le fait de confier le pouvoir à des gens n’ayant pas un fort esprit. Le degré d’intellectualisme, c’est-à-dire de culture, compte beaucoup en ce qui concerne la gestion d’une nation. « Il faut que les philosophes deviennent rois ou que les rois apprennent à philosopher », constitue la recommandation faite par cet imminent intellectuel. Le problème qui arrive en ce 21e siècle aux Africains constitue bien cette bassesse culturelle des dirigeants.

Il va falloir que, dans ces États, les constitutions soient à nouveau révisées afin d’interdire à tous les dirigeants de briguer un second mandat a fortiori un troisième mandat. Cela ne sera possible qu’avec le réveil des citoyens. Ceux-ci doivent se réveiller de leur sommeil dogmatique afin de prendre leur destin en main, partout en Afrique.

Ces quelques mesures pourront éviter aux sangsues de dirigeants de s’éterniser au pouvoir, en pillant toutes les richesses de leur nation et par ricochet de tout le continent.

Fousseni TOGOLA
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