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Report des élections législatives, projet de redecoupage Administratif du Mali et grève des magistrats : Ces dossiers annonciateurs d’un divorce entre IBK et ses alliés
Publié le jeudi 18 octobre 2018  |  Le Pays
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© Autre presse par DR
Visite du président IBK à Koutiala
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A peine réélu, le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, fait face à plusieurs problèmes qu’il a du mal à gérer. Parmi ceux-ci, il y en a principalement trois qui retiennent l’attention : le report des élections législatives, le projet de redécoupage administratif du Mali et la grève illimitée des magistrats. Trois dossiers brûlants qui ont amené le malaise et le mécontentement à leur paroxysme et risquent de provoquer le divorce entre IBK et ses alliés à la présidentielle passée.

Tout le monde est mécontent, majorité comme opposition, Nordistes comme Sudistes ! Ça ne va vraiment pas ! A la grève sans fin des magistrats sont venues s’ajouter les questions du projet de loi de redécoupage administratif et de la prorogation du mandat des députés. Ces deux récentes décisions du régime IBK sont contestées par la majorité des Maliens, y compris ses alliés de la plateforme Ensemble Pour le Mali (EPM). Si certains sont irrités pour le projet de loi du découpage administratif considéré comme discriminatoire puisqu’au service d’une minorité de population, le mécontentement d’autres est dû à la prorogation du mandat des députés de 6 mois. Sans compter ceux qui sont déçus parce qu’au lieu de chercher une solution définitive à travers un dialogue franc, le gouvernement engage un bras de fer avec les magistrats grévistes, à travers une décision de réquisition de ceux-ci.

Parlons d’abord de la grève des magistrats, même certains des soutiens d’IBK ont commencé à perdre espoir quant à la capacité du gouvernement de mettre fin à cette crise car n’appréciant pas du tout le bras de fer du gouvernement contre les syndicats, source d’escalade verbale et de radicalisation inutiles. C’est dans ce sens que le président du PRVM Fasoko, Mamadou Oumar Sidibé, a fait un communiqué tout en interpellant le président de la République à avoir une issue favorable à la crise.
Quant au projet de loi sur le redécoupage administratif, il n’a fait que des mécontents. Sédentaires noirs du Nord, populations du Centre et du Sud, tout le monde rejette ledit projet. Les populations du Nord, même ceux qui sont de la majorité présidentielle, s’opposent à ce projet qu’ils considèrent comme un complot contre les populations Noires du Nord du Mali. Chacune des associations, chacun des mouvements des populations du Nord ont, à travers des communiqués, rejeté cette tentative de réforme territoriale. Ils ne comptent pas lâcher le combat. Pour cela, ils ont créé une association pour lutter jusqu’au bout contre ce projet « discriminatoire » du redécoupage administratif. Cette question a même dépassé une question de position politique, en rapprochant des associations et personnalités de camps jadis opposés. En effet, les concernés, à l’unisson, jurent de défendre leur territoire contre vents et marées. Au centre et au sud aussi, les mécontents sont très nombreux, chacun réclamant au régime son dû.
Enfin, c’est cette question de la prorogation du mandat des députés qui vient de remonter certains alliés d’IBK contre lui. Sitôt appris la prorogation du mandat des députés, le parti de Moussa Mara a été le premier à déclamer son opposition et réclamer la tenue de ces élections à date constitutionnelle. Après ce parti, à la grande surprise des Maliens, la Codem de Housseyni Amion Guindo s’est, bien que membre de la majorité présidentielle, désolidarisée disant qu’elle violait la constitution malienne. La Codem s’est même engagée à combattre ce report jusqu’au bout. Est-ce le début du divorce ?  En tout cas, ce n’est pas un bon signe pour un IBK qui n’est qu’à quelques semaines de sa réélection. Ce n’est pas tout, ce report est aussi contesté par bon nombre de cadres du parti présidentiel, y compris son président Dr Bocary Treta. En plus des associations de la société civile qui se distinguaient dans les rangs des soutiens au président IBK lors de la dernière présidentielle.
En tout cas, si IBK a fini le premier quinquennat dans le brouhaha, il commence le second avec de sérieux problèmes, auxquels il a des difficultés à faire face. Il adopte la politique de l’Autruche, laissant le champ libre à son Premier ministre dont les sorties publiques, plus belliqueuses les unes que les autres, ne contribuent pas à calmer les mécontents. Bien au contraire !
Boureima Guindo
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