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Scandale à la CENI : Le président et le questeur limogés
Publié le mardi 23 octobre 2018  |  Azalaï-Express
Séminaire
© aBamako.com par A S
Séminaire sur le rôle de la CENI
Bamako, le 20 juin 2018 la CENI a organisé un séminaire sur l`organisations des élections
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C’est une plénière extraordinaire tenue hier en début de soirée qui a décidé de renvoyé le président de la commission électorale nationale indépendante et le premier questeur. Ils seraient coupables de manquements graves et d’indiscipline budgétaires.

En effet, nous rapportions dans ses mêmes colonnes, il y a une semaine que le président et son questeur étaient dans le viseur des autres membres du bureau.

Ces derniers leur reprochent des manquements graves, des errements ainsi que des indisciplines budgétaires, dans l’exercice de leurs missions. Ainsi, sous la houlette du deuxième vice-président Moctar Mariko, la plénière a décidé de retirer au président et au premier questeur leurs responsabilités conformément à l’article 59 du règlement intérieur de la CENI.

Selon Me Mariko, le président et le questeur se comportent comme dans une propriété privée. Ils prennent seuls les décisions sans consulter les membres du bureau. Toute chose qui constitue une violation flagrante du règlement intérieur. Aussi, les deux renvoyés émettent des chèques sans souches. Egalement, ils engagent des dépenses sans consulter les autres membres.

Cette situation a été de nature à créer une tension de trésorerie et le personnel des délégations régionales sont sans salaires depuis quatre mois.

Les délégations régionales à 4 mois sans salaire

La crise que traverse la Commission électorale nationale indépendante est l’une des plus graves crises de son existence. Une indiscipline budgétaire a occasionné une tension de trésorerie dans les démembrements régionaux. Conséquence: ceux-ci sont à 4 mois d’arriéré de salaire.

Plus rien ne va à la Commission électorale nationale indépendante. Depuis quatre mois, le personnel n’a perçu même un copeck en guise de salaire. Pendant ce temps, le président de la Ceni, Amadou Ba, se la coule douce dans une luxueuse clinique parisienne, depuis le 12 septembre, à cause d’une douleur à l’omoplate. Pire, le premier questeur lui a trouvé le moyen de soigner sa pauvreté. Habitant dans un logement social jusqu’à la mise en place du bureau de la Ceni, il n’a trouvé mieux que de raser sa maison pour en faire presque un château. Comme si cela ne suffisait pas, il a acheté la maison d’un de ses voisins qu’il a ajoutée à son lot.

Après la réunion de protestation tenue le 3 octobreque nous rapportions dans ces mêmes colonnes, le questeur de la Ceni a trouvé le moyen de payer le personnel du bureau national de Bamako, le jeudi dernier.

Quant aux délégations régionales, elles courent après quatre mois de salaire. Pour noyer le poisson dans l’eau, le président revenu, il y a quelques jours renvoie la faute aux coordinateurs régionaux.

En effet, une autre source affirme que le président et son questeur seraient les pires affairistes de l’histoire de la Ceni.

Ils auraient utilisé 500 millions de francs CFA sur le milliard de francs CFA que le ministre de l’Economie et des Finances avait mis à leur disposition pour le fonctionnement de l’institution. Ainsi, la Ceni, au moment de son installation, devrait acquérir des voitures sur deux ans. Mais au lieu de cela, elle a acheté toutes les voitures prévues. Mieux, le président et le questeur se sont permis de payer le fournisseur en une tranche et en intégralité. Alors même que rien ne les pressait. Notre interlocuteur soutient que les deux hommes auraient perçu des ristournes sur le marché de passation. Donc, ils auraient sciemment payé le fournisseur sur les maigres ressources de la Ceni.

Au même moment, pour tenter de faire diversion, des rumeurs rapportent que la Ceni s’apprêterait à faire des révélations. Elle pense que c’est juste une tentative de détourner les gens de l’essentiel de la magouille qui se trame à la Ceni.

Pour sûr, l’institution traverse aujourd’hui une crise de trésorerie qui n’est pas près de prendre fin.

Le personnel, au bord des nerfs, menace de sortir les griffes si rien n’est fait d’ici une semaine. Ce, afin qu’il soit remis dans ses droits. Il faut croire que les membres du bureau n’ont pas attendu jusque-là. Ils ont décidé de prendre leurs responsabilité en démettant les deux affairistes de la tête de l’institution.

A suivre.

Harber MAIGA
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