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Histoire de femmes : Le « bolo mafara », un don qui vaut crédit
Publié le lundi 11 juin 2012   |  L'Indicateur Renouveau




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Jadis, au Mali, le « bolo mafara » était un cadeau personnalisé qu’on offrait à ses ami(e)s, à la famille ou à des connaissances lors de nos différentes cérémonies en guise d’aide ou de soutien. De nos jours, ce signe d’entraide s’est transformé en un concept de l’endettement. Et les femmes s’adonnent à cette pratique contre nature qui veut que le remboursement de la valeur du don reçu soit égal sinon double en contrepartie. Pourquoi une telle pratique ? Quelles sont ses conséquences ? Et quel remède pour y faire face ? Des dames proposent.

Partout dans le monde, le don est l’action de donner, sans contrepartie ; il se veut désintéressé. On sait aussi que pour faire honneur au don, la personne qui le bénéficiant peut faire plus en retour appelé le contre-don. Mais il est clair qu’il ne s’agit pas d’un acte d’échange ou de crédit. Aujourd’hui, au Mali, cette pratique ; qui, à ses origines n’était qu’un simple signe de soutien, est devenue un fonds de commerce, analyse notre interlocutrice, D. D.
Mme Karambé Fatoumata Touré témoigne : « Cela fait plusieurs décennies que je participe et organise moi-même des cérémonies. Que ce soit de mariage, de baptême et même de funérailles, l’aide des proches compte pour beaucoup. Mais il ne s’agissait pas auparavant d’apporter des sommes colossales à la personne en question mais d’être présent physiquement et l’aider dans les préparatifs ».
Elle ajoute : « Je me rappelle qu’avant, lors des mariages, seules les femmes mariées étaient habilitées à donner le ‘bolo mafara’. Ce présent qu’on offrait ne dépassait pas la somme de 1000 F CFA ou un objet équivalent. Ce don se faisait sans s’intérêt pour le simple plaisir. Il ne s’agissait pas d’un acte d’échange ou de troc puisque le receveur n’était pas tenu de rendre le don et la valeur des dons ne rentrait directement en ligne de compte ».
Soucieuse de cette nouvelle vague de don qui nécessite un contre-don plus important, Fatoumata poursuit affirmant que « les choses ont changé, aujourd’hui le goût de l’argent et du matériel prime sur les autres valeurs de la société. Sinon, la règle doit être telle que le donateur agisse sans répondre à aucune forme d’obligation, autre que sa motivation. Mais avec les enfants d’aujourd’hui, rien ne reste inchangé. J’ai même vu lors des baptêmes, des jeunes prendre des cahiers dans lesquels elles écrivent et le nom du donateur et la valeur du don pour s’en souvenir au moment opportun ».
Le « bolo mafara » est l’un des piliers de notre société ainsi on doit tout faire pour qu’il ne perde pas sa signification profonde, insiste-t-elle. Et de dire : « Si le ‘bolo mafa’ crée un lien social, aujourd’hui, il est devenu un contrat social et tend à perdre ses valeurs originelles. Ainsi, le don en tant qu’acte social, suppose que le bonheur personnel passe par le bonheur des autres. Ainsi, on doit annuler la valeur matérielle de l’échange pour mettre en avant sa valeur sociale ». « Le conseil que je peux donner aux jeunes est de mette un frein à cette pratique qui gâche les relations interpersonnelles », conclut-elle.
Kadidiatou Djiré (stagiaire)

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