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Mali: découpage administratif, les nerfs à vif
Publié le mardi 13 novembre 2018  |  Le Tjikan
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Pris de court par le tollé suscité sur les médias sociaux après la publication d’un «avant-projet de loi portant création de nouvelles régions», le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, s’est ravisé à amorcer un début de dialogue avec l’opposition et la société civile. Mais le climat reste tendu.

«Nous ne créerons pas de nouvelles régions. Nous allons opérationnaliser les régions déjà créées en 2012 », soutient mordicus, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga. Par cette déclaration, le chef de l’exécutif tente de couper court aux supputations qui circulent sur les réseaux sociaux autour d’un avant-projet loi portant création de nouvelles régions administratives.

Pour une énième fois, la rumeur a pris le dessus sur la communication officielle. Et les esprits se sont brusquement échauffés. Il y a quelques semaines, les habitants de Koro, dans la région de Mopti, ont manifesté pour réclamer l’érection de leur cercle en région. Hier lundi 12 novembre, c’était le tour des populations du cercle de Bla dans la région de Ségou. Durant plusieurs heures, elles ont barricadé l’artère principale de la ville et bloqué la circulation routière. Leur doléance est la même que celle des populations Koro et bien d’autres villes qui ne figurent pas dans la loi de 2012 portant création des onze nouvelles régions. «Nous demandons l’érection du cercle de Bla en région. Donnez-nous notre région», pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

Cette protestation qui, si rien n’est fait, pourrait s’étendre sur d’autres localités, intervient après la rencontre du Premier ministre avec la classe politique.

Pris de court par les évènements, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, multiplie depuis quelques jours, des discussions avec la coalition de la majorité présidentielle, des partis d’opposition et la société civile.

Mais l’initiative qui consiste à désamorcer la grogne est encore loin d’atteindre ses objectifs.

Car si les uns et les autres sont unanimes que les réformes administratives sont «indispensables» pour rapprocher davantage les gouvernants des gouvernés. Certains cadres de l’opposition, comme Me Mountaga Tall, estiment que le temps imparti est «trop bref». Tandis que l’ancien ministre de la Justice et des Affaires Foncières, Me Mohamed Aly Bathily se borne, lui, à rejeter les résultats du second tour de la présidentielle, remettant en cause de facto, la légitimité du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, celle de son gouvernement et des autres institutions de la République. Pour lui, il faut d’abord résoudre le ‘’contentieux électoral’’ avant d’évoquer le projet de découpage administratif.

Idem pour le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, président de l’URD et candidat malheureux à la présidentielle qui n’a pas souhaité rencontrer le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

Or la réforme administrative est l’une des mesures indispensables à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. Raison pour laquelle, les régions de Tessalit et Ménaka ont été ‘’activées’’ depuis 2016. Aussi, les élections législatives ont été reportées pour tenir compte des nouvelles dispositions administratives. Car, les nouveaux cercles qui seront créés devront, selon le bon droit, être représentés à l’Assemblée nationale.

Pour réussir le pari, le Premier ministre a désormais la lourde responsabilité de concilier les cœurs et les esprits des ‘’mécontents’’ afin qu’ils adhèrent au projet. Une mission difficile, mais pas impossible.

Lassina NIANGALY
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