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Dissolution du CNRDRE : Dissonance entre la Commission et le Médiateur de la CEDEAO
Publié le lundi 11 juin 2012   |  L'Indépendant




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La CEDEAO s’est jetée vigoureusement dans le processus de résolution de la crise malienne, consécutive au coup d’Etat du 22 mars 2012, au point qu’elle ne semble pas en avoir la meilleure lecture. Le médiateur de l’organisation ouest-africaine est à deux doigts d’être désavoué par des organisations partenaires comme l’Union africaine, les Nations Unies, qui font de la dissolution du CNRDRE et de la non reconnaissance du statut d’ancien chef d’Etat au chef des putschistes, le capitaine Sanogo, une question d’honneur.

Cafouillage. C’est ce à quoi semble se livrer la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Du moins, entre la Commission de l’Organisation et la Médiation mise en place pour gérer la crise malienne, il semble qu’on ne parle pas exactement le même langage. C’est à croire qu’il y a un conflit de leadership quelque part entre le Burkinabé Blaise Compaoré et l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara sur le dossier malien. Après avoir signé avec les putschistes de Kati (regroupés au sein du CNRDRE) des accords leur concédant une place d’acteurs incontournables dans la mise en œuvre des organes de la transition au Mali, la CEDEAO, par sa Commission vient de » réaffirmer la non-reconnaissance du CNRDRE par la CEDEAO et de tout statut de Chef d’Etat ou d’ancien Chef d’Etat au Capitaine Amadou Sanogo « .

Ainsi, à l’invitation du président Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO, une réunion de concertation sur la situation au Mali s’est tenue le 6 juin 2012 à Lomé en marge du sommet de l’UEMOA.

Le médiateur pour la crise malienne a, à cette occasion, fait une présentation sur la situation grave au Nord du Mali et sur les perspectives de dialogue avec les mouvements armés maliens. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont invité le Conseil de Sécurité des Nations Unies à soutenir les institutions de la transition au Mali et à » sanctionner les auteurs de toute entrave au processus de transition et de restauration de l’ordre constitutionnel en cours « . Ils ont réaffirmé la non-reconnaissance du CNRDRE par la CEDEAO et de tout statut de Chef d’Etat ou d’ancien Chef d’Etat au Capitaine Amadou Haya Sanogo.

Or, il est établi que le Représentant du Médiateur de la CEDEAO, le ministre Djibril Bassolé, a signé, le 6 avril 2012, un accord-cadre qui dispose clairement que le CNRDRE et l’organisation ouest-africaine sont chargés de la mise en œuvre du document et principalement tout ce qui concerne les organes de la transition. C’est ainsi que le Premier ministre Cheick Modibo Diarra a été nommé de façon «concertée» par le CNRDRE et la CEDEAO.(maliweb.net) Le 20 mai dernier, le second accord a été signé entre le Médiateur et le patron du CNRDRE octroyant à celui-ci, sur un plateau d’or, le statut d’ancien chef de l’Etat et désignant par la même occasion le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré, président de la transition s’étendant sur une durée de douze mois.

Ayant légitimé de cette façon les putschistes maliens comme partenaires de sortie de crise, les responsables de la CEDEAO en viennent maintenant à exiger la dissolution d’une structure qu’ils avaient déjà cautionnée. Ne faudra-t-il pas plutôt transformer cette structure en organe de restructuration de l’armée malienne en déconfiture ?

Par ailleurs, les participants à la rencontre ont instruit la Commission de la CEDEAO de poursuivre la préparation de la force en attente de l’organisation et ont demandé aux présidents en exercice de la CEDEAO et de l’Union Africaine de saisir le Conseil de Sécurité des Nations Unies afin d’obtenir un mandat autorisant le déploiement des troupes sous le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies. Ceci dans le but de « mener toutes les actions nécessaires au rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali et, au besoin, par l’usage de la force. Ils ont demandé au médiateur de poursuivre les négociations avec les parties prenantes à l’exclusion des groupes terroristes ».

Des négociations qu’il faudra mener avec clairvoyance pour ne pas tomber dans les mêmes errements que ceux qui ont marqué les accords signés hâtivement avec la junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré.

Bruno D SEGBEDJI

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