Alors que le secrétaire général de l'ONU s'inquiète de la lenteur de la mise en oeuvre de l'accord de paix au Mali et que les attaques jihadistes sont quotidiennes dans le pays, point d'étape sur l'avancée du processus et les obstacles qui restent à lever.
« Au total, 48 attaques à l’engin explosif improvisé ont été enregistrées au cours de la période considérée. Le nombre d’attaques de ce type n’a cessé d’augmenter depuis janvier 2018, pour atteindre 192, alors qu’il n’y en avait eu que 124 pendant la même période en 2017 ».
Le constat dressé par le dernier rapport en date du secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali est sans appel. « Le Comité [de suivi de l’accord, ndlr] a constaté que l’application de l’accord de paix avançait trop lentement et que malgré l’accélération du processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration, la mise en place des autorités intérimaires n’avait absolument pas progressé », a asséné António Guterres dans un document adressé au Conseil de sécurité fin décembre.
« Qu’on le veuille ou non, quels que soient les efforts faits, quels que soient les sacrifices consentis, il y a des contraintes objectives sur le terrain qui font que l’on ne peut pas toujours avancer à l’allure que l’on souhaite », se défend Ahmed Boutache, président de la Commission de suivi de l’accord.
Interrogé par Jeune Afrique, lors de la dernière rencontre du comité de suivi de l’accord de paix, le 14 janvier dernier, le diplomate algérien se montre optimisme. « Il faudra peut-être patienter encore quelque temps avant de voir la mise en œuvre de l’accord s’accélérer », reconnaît-il, tout en assurant que « la mise en œuvre des points essentiels de l’accord pourrait être achevée dans les prochains mois ».
Retour sur les mesures déjà entamées, et celles encore en souffrance.