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Restrictions budgétaires du premier ministre : Bonus pour les caisses publiques, malus pour l’efficacité de l’action publique
Publié le samedi 2 fevrier 2019  |  Aujourd`hui
2ème
© aBamako.com par A S
2ème Congrès ordinaire du partir ASMA - CFP
Le Palais de la culture a abrité, le 29 Décembre 2018, le 2ème Congrès ordinaire du partir ASMA - CFP. Photo: Soumeylou Boubèye Maiga
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Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, à travers une lettre confidentielle, a pris des mesures draconiennes pour rationaliser les dépenses publiques. Elles concernent les dotations en carburant, en produits alimentaires, en véhicules et les billets d’avion. Cette restriction budgétaire a été murie durant le quatrième trimestre de 2018. Pour la circonstance le Premier Ministre, a instruit le ministère de l’Economie et des Finances d’évaluer les dépenses en carburant et en produits alimentaires. Cette évaluation a fait ressortir des dizaines de milliards de FCFA. Face à un tel montant exorbitant, Soumeylou Boubèye Maïga n’a pas hésité à frapper fort. Dans certains départements ministériels, les dotations en carburant ont été supprimées ou réduites au strict minimum de fonctionnement des véhicules de liaison. Il en est de même pour les produits alimentaires. Cette restriction des dépenses de l’Etat est loin de faire l’unanimité, et c’est à juste raison que des bourdonnements fusent de partout au sein de l’administration malienne. Cette lettre du PM ne pose-t-elle pas la problématique d’une intensification de la corruption. Et quelles peuvent être les conséquences immédiates de ces mesures du Premier Ministre ?

L’information relative à la rationalisation des dépenses publiques a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant du coup un débat houleux entre les internautes. Sur la question les avis sont partagés, selon la vision, le bord des uns et des autres. Aujourd’hui, le Premier ministre peut se targuer d’avoir pris une décision responsable de rationalisation des dépenses publiques, et le président de la République est sans nul doute fier de lui pour son sens élevé de l’Etat.

Au-delà quelles seront les mesures d’accompagnement pour atténuer les effets d’une telle décision, qui a l’allure d’un coup de tonnerre. Sous le poids d’une pluie de grèves des différentes couches sociales, le gouvernement avait pourtant promis un grand forum pour harmoniser les salaires de l’ensemble des fonctionnaires de l’Etat. Ce qui aboutirait à un nivellement des revenus, et constituerait surtout une bonne politique pour mettre des garde-fous par rapport aux statuts particuliers.

Mais hélas ! Ce forum est restée lettre morte, et jusque-là aucune date n’a été fixée. Et contre toute attente le Premier ministre sort la grosse artillerie, pour priver les fonctionnaires maliens d’avantages censés être légitimes en tenant compte de l’interprétation faite d’eux. Dans l’administration malienne des primes sous la forme de carburant et de produits alimentaires sont accordés aux cadres qui occupent les postes de responsabilités et au personnel subalterne.

C’est une façon, selon un chef de service, de compenser les salaires jugés très bas, par rapport aux autres cadres de la sous-région. Il estime que l’Etat devrait faire cette suppression de façon progressive, tout en préparant les fonctionnaires sur le temps. A défaut, la restriction budgétaire ne sera-t-elle pas un facteur pour intensifier la corruption dans nos administrations publiques. Et pour cause ! Parce qu’il serait évident que des cadres n’hésiteront pas à prendre des pots-de-vin, pour raccourcir le mois.

Une mesure immature

Cela est d’autant plus évident que les fonctionnaires ont été pris au dépourvu, et ils sont restés sur leur faim. Un autre cadre de l’administration que nous avons approché assure qu’il est incompréhensible de la part de l’Etat de vouloir lutter contre la corruption, et en même temps poser des actes de motivation des agents. Parce qu’ils bénéficient de ces avantages depuis plus de 20 ans. Et d’un seul coup vouloir les priver de ces bonus sur les salaires, aura logiquement des conséquences négatives par rapport à la bonne conduite des missions assignées à tout fonctionnaire, et qui se sent concerné par cette mesure restrictive du Premier Ministre. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été constatée. L’UNTM, qui est la voie autorisée, peinait déjà en amont de cette mesure du Premier Ministre, à faire passer ses revendications. Ce qui explique d’ailleurs les grèves et les préavis. Ce qui est évident la suppression des dotations de carburant et des produits alimentaires fera couler beaucoup de salive et d’encre. Quelles seront les mesures d’accompagnement du gouvernement pour compenser cette décision ? De cette question dépendent des équations à plusieurs inconnus.

La Rédaction
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