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Sans Tabou: gouvernance au Mali, le péril religieux
Publié le mercredi 13 fevrier 2019  |  Info Matin
2ème
© aBamako.com par A S
2ème Congrès ordinaire du partir ASMA - CFP
Le Palais de la culture a abrité, le 29 Décembre 2018, le 2ème Congrès ordinaire du partir ASMA - CFP. Photo: Soumeylou Boubèye Maiga
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Dimanche dernier, au stade du 26 mars, la menace des leaders religieux, qui pèse sur le fonctionnement normal de nos institutions a franchi un nouveau palier. Pour cause ! Le président du Haut conseil islamique du Mali, l’imam Mahmoud DICKO, a invité le président de la république à limoger son Premier ministre au risque de faire face à la colère de la Ouma.

Cette mise en garde sonne clairement comme une menace non seulement contre la première institution de la république, mais aussi contre la stabilité même du pays. La menace de ce 10 février est la suite d’une longue histoire de conciliabules entre politique et religion. La gouvernance actuelle a été dépeinte par le leader religieux comme le mal absolu qu’il urge d’éradiquer.

«Le Mali a besoin d’une refondation authentique basée sur nos valeurs sociétales et religieuses. Même s’il est difficile pour certains d’entendre cela, notre pays a besoin d’autre chose que ce qu’ils veulent nous imposer». Faut-il donc abolir le système démocratique actuel qui n’a engendré que ruine, division, perte de souveraineté, déchéance morale et le remplacer par une République islamique à coloration locale ? En tout cas, DICKO ne s’en privera pas le privilège de jouer un rôle central dans cette marche.

Si l’immixtion des religieux dans la sphère politique et les politiques dans la religion est diversement appréciée par les différents spécialistes, la menace des religieux sur la stabilité des institutions de la république et du pays en général n’a jamais été aussi grande qu’avant le meeting de ce 10 février 2019.

Depuis 2013, la religion a été un enjeu politique capable de faire et de défaire des héros politiques. C’est dans ce contexte que le Cherif de Nioro Bouyé HAÏDARA avait ouvertement demandé à ses partisans de voter pour IBK. Mahmoud DICKO, avait lui aussi mobilisé ses partisans pour le candidat IBK. Cette fameuse campagne dans les mosquées et dans les casernes avait fait monter à plus de 77 % le triomphe du candidat IBK. Et depuis, les leaders religieux n’ont cessé de marchander leur poids dans le choix des hommes à la magistrature suprême du pays.

«J’invite le président à écouter attentivement les conseils du Chérif. Si le message n’est pas écouté, il y aura des actes », a menacé Mahmoud DICKO lors de son meeting avant d’ajouter : « il faut que nos autorités se ressaisissent. Sans quoi, ça ne marchera pas. S’ils ne se ressaisissent pas, on leur dira de dégager ».

Le hic, c’est qu’au moment de tenir ces propos mal en point, l’imam comptait parmi ses laudateurs, des politiciens qui ambitionnent de gouverner le Mali. Alors, toute la question est de savoir comment sortir de l’engrenage qui menace la survie de la république. Entre une future république dont les contours sont en train de prendre forme à cause de la démission d’une classe politique en manque de crédibilité et la république démocratique, les Maliens ont désormais le choix.

Par Abdoulaye OUATTARA



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