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La faim en Afrique : 257 millions de personnes en sont victimes selon le rapport des Nations-Unies
Publié le vendredi 15 fevrier 2019  |  Le Pays
Antonio
© Autre presse par DR
Antonio Guterres
Antonio Manuel de Oliveira Guterres
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Dans son rapport intitulé « Aperçu régional de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Afrique » publié le mercredi 13 février 2019, les Nations-Unies font état de la situation de la faim en Afrique. À lire ce document, on comprend que 235 millions de personnes en Afrique subsaharienne souffrent de « sous-nutrition chronique ». Chose qui selon cette organisation internationale entrave les efforts déjà consentis dans la lutte contre ce phénomène et à l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD).

Notons que ce rapport a été élaboré par le Bureau régional de la FAO pour l’Afrique en collaboration avec la commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA). Mercredi dernier, il a été présenté à Addis-Abeba à l’occasion d’une cérémonie dont la présidence était confiée à Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de la FAO pour le climat et les ressources naturelles.

À s’en tenir aux contenus de ce rapport, on peut noter que les Africains constituent dans le monde ceux qui souffrent le plus de la sous-alimentation. On fait état de 20% de la population africaine victime de sous-alimentation en 2017. Dans la préface du rapport, Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directrice générale de la FAO pour l’Afrique, et Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la CEA, explique : «L’aggravation de la tendance en Afrique est due à la fois à la crise économique mondiale et à la dégradation des conditions environnementales alors que de nombreux pays souffrent de la variabilité climatique ou de conditions climatiques extrêmes ou encore des deux à la fois.

Le ralentissement de la croissance économique en 2016, du fait de la faiblesse des prix des produits de base, en particulier le pétrole et les minéraux, n’a pas arrangé les choses. L’insécurité alimentaire s’est aggravée dans les pays touchés par des conflits souvent accompagnés de sécheresses ou d’inondations. En Afrique australe et orientale, de nombreux pays ont souffert de la sécheresse. »

Parmi les 257 millions de personnes souffrant de la faim en Afrique, indique le rapport, 235 millions vivent en Afrique subsaharienne et 20 millions en Afrique du Nord. Par comparaison à 2015, l’ONU trouve que l’on compte 34,5 millions de personnes sous-alimentées de plus en Afrique parmi lesquels 32,6 millions en Afrique subsaharienne et 1,9 million en Afrique du Nord. « Près de la moitié de l’augmentation est due à l’accroissement du nombre de personnes sous-alimentées en Afrique de l’Ouest, tandis qu’un tiers se trouve en Afrique orientale », lit-on sur le site des Nations-Unies.

Ce phénomène, déplore-t-on dans ce rapport, ne peut avoir que des conséquences désastreuses sur le niveau de croissance des enfants. En Afrique du Nord et du Sud, le nombre d’enfants de moins de cinq ans victime de surpoids va crescendo.

Comme cause de ce drame, le rapport explique qu’en Afrique orientale et australe, les conditions climatiques défavorables en sont pour une grande part responsables de la baisse de la production agricole et de la flambée des prix des denrées alimentaires.

Enfin, ce rapport formule des recommandations notamment la création d’emplois décents pour les 10 à 12 millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année. Dans le même cadre, il invite les États à l’investir dans la jeunesse à travers l’exploitation des transferts de fonds, à développer le commerce intra-africain afin de donner un nouveau souffle à l’agriculture. Outre cela, il suggère également le transfert des fonds des migrations internationales et internes afin de réduire les pauvretés et la faim.

« La signature de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine offre la possibilité d’accélérer la croissance et le développement durable en stimulant les échanges commerciaux, y compris le commerce des produits agricoles. Bien que les exportations agricoles intra-africaines soient passées de 2 milliards de dollars en 2000 à 13,7 milliards de dollars en 2013, elles restent relativement modestes et souvent informelles », pouvons-nous lire sur le site des Nations-Unies.

Toutefois, le rapport précise que la libéralisation du commerce des produits alimentaires peut comporter des risques sanitaires énormes non seulement pour les consommateurs, mais aussi pour les producteurs.

Fousseni TOGOLA
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