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Débat sur la grève des enseignants au Studio Tamani : L’Etat tenu responsable de la crise
Publié le vendredi 22 fevrier 2019  |  Le Pays
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© aBamako.com par A.S
Démarrage des examens du DEF
Bamako, le 06 juin 2016. Les examens du Diplôme des études fondamentales (DEF) ont démarré sur toute l`étendue du territoire.
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Mercredi 20 février 2019, Studio Tamani, à travers son émission, Grands Débats, s’est étalé sur la question de la grève des enseignants. Les invités étaient Yacouba Dembélé, secrétaire générale de la fédération nationale des parents d’élèves et étudiants du Mali ; Soumana Coulibaly, membre directoire du collectif des enseignants signataires du 15 octobre 2016 ; Dr Seydou Loua, universitaire. Fatoumata Togola, la modératrice du débat, a noté que leurs tentatives pour avoir un membre du ministère de l’Éducation parmi eux ont été vaines.



Depuis au mois de décembre 2018, l’école malienne est confrontée à une grève récurrente du côté des enseignants et souvent des élèves. Pour cause de cette situation, les parents d’élèves, les enseignants trouvent que l’État se montre indifférent au sort de l’école malienne. C’est ce qui ressort de ces propos de Yacouba Dembélé : « L’État ne respecte pas ses engagements », car, précise-t-il, parmi les revendications de cette année, certaines datent de 2007. De son côté, Seydou Loua, trouve que « L’État a un réel mépris envers l’éducation ».

Il poursuit en précisant que les mêmes revendications se font depuis des années, mais que l’État prend des engagements sans les respecter. À l’en croire, cela est ignoré par le commun des mortels. Soumana Coulibaly tacle également le gouvernement pour utilisation de méthodes différentes dans les différentes écoles : privés et publiques : « Une école à double vitesse prouve à suffisance le mépris des autorités envers ce secteur ». Il va plus loin en soutenant que L’État ne prend pas les enseignants au sérieux parce que les enfants des autorités ne fréquentent pas ces écoles publiques qui sont en grève.

Sur cette question de la grève, le secrétaire général de la fédération nationale des parents d’élève et étudiants du Mali déplore : « Les revendications des enseignants ne sont pas de la mer à boire ». Cet avis n’a, malheureusement, pas été partagé par Seydou Loa : « Les enseignants ne demandent pas aux autorités de décrocher le ciel ou la lune, mais juste leur donner leurs droits ».

Par rapport aux négociations entre le gouvernement et les syndicats, M. Coulibaly explique les dernières négociations qui ont eu lieu le mardi 19 février et se sont terminées sur cinq (5) points d’accord (1, 3, 5, 8, 9), deux points d’accord partiels et 3 points de désaccord. M. Dembélé de son côté nie ce résultat en faisant comprendre qu’il y a eu plutôt six points d’accord et un point d’accord partiel.

Toutefois, Boubacar Diarra, secrétaire général adjoint des enseignants des écoles communautaires du cercle de Niono qui sont impliqués dans cette grève, a tenu à préciser que l’État ne lui donne que 25 000 F de subvention par mois et que 10 000 F lui sont donnés de la part de la population. Une somme qui n’est d’ailleurs jamais payée, déplore-t-il.

À l’en croire, le PM avait fait des promesses à ces enseignants des écoles communautaires. Des engagements qui devraient prendre effet à partir de 2019, mais en novembre, dit-il, une liste est sortie sur laquelle sur 576 enseignants communautaires du cercle de Niono seulement 8 ont été intégrés à la fonction publique. M. Diarra a fini par demander l’intégration de tous les maitres communautaires, des medersas, etc., à la fonction publique.

En conséquence, M. Dembélé, avant de finir a exprimé sa crainte : « C’est le spectre d’une année blanche qui s’annonce.» Dr Seydou Loa fait savoir que « Les enseignants sont conscients des conséquences de ces grèves à répétition non seulement sur les enfants, mais aussi sur l’État. Une journée sans école est une forte perte pour l’État. »

Alors, il propose d’organiser un grand débat autour des grands problèmes de l’école malienne même si ceux-ci sont déjà connus. « Nous n’avons pas besoin d’experts internationaux pour connaitre les problèmes de l’école malienne », rassure-t-il. Il demande que l’État anticipe sur les problèmes. Mais il regrette que l’éducation ne soit pas au centre des préoccupations de l’État.

Dembélé finit par répondre aux critiques qui sont adressées aux parents d’élèves et faisant croire leur manque d’implication. À ses dires, ils ont rencontré le ministre de l’Éducation trois fois, ont demandé une audience avec le PM.

Fousseni TOGOLA
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