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La belle histoire de la méthode Coué : ‘’Je vais bien, tout va bien…’’
Publié le mardi 26 fevrier 2019  |  Le challenger
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La Méthode Cauet est plutôt connue comme une émission de télévision française qui était largement le jeudi soir sur TF1 en deuxième partie de soirée du 23 juin 2003 au 18 décembre 2008. Y’a-t-il un lien entre cette méthode et ce qui se passe actuellement sous les tropiques maliens ? A-t-elle ses adeptes voire ses spécialistes au Mali ? Un peu d’histoire pour mieux comprendre où nous voulons en venir.

Avant la Première Guerre mondiale, un jeune pharmacien et psychologue, Emile Coué, met au point une méthode révolutionnaire : l’autosuggestion consciente. Il s’agit en quelque sorte de reprogrammer son cerveau avec des idées positives pour aller mieux ou atteindre ses objectifs. Longtemps raillée, considérée comme naïve en France, la méthode Coué a pourtant eu beaucoup de succès à l’étranger dans les années 1920.

C’est une expression que l’on peut trouver par hasard en feuilletant les journaux. Et dans le langage courant, la méthode Coué a plutôt mauvaise presse. En politique surtout, elle est synonyme d’une auto-persuasion futile, mais savez-vous qu’il existe une vraie méthode Coué ?

À l’origine de la méthode Coué, Emile Coué, un pharmacien né en 1857 à Troyes. Loin d’être un guérisseur, c’est un apothicaire pragmatique et particulièrement soucieux du bien-être de ses clients. “Il était connu pour donner des paroles très positives. Quand il délivrait un médicament, il disait à ses clients qu’il allait leur faire du bien, qu’ils iraient de mieux en mieux… De cette manière, dans la pharmacie, il a commencé à mettre en place sa méthode”, raconte Luc Teyssier d’Orfeuil, spécialiste de la méthode Coué.

Derrière son comptoir, il réalise très vite le pouvoir de la suggestion et de l’imagination sur le chemin de la guérison. Un jour, une femme désespérée et très malade lui demande un médicament mais elle n’a pas d’ordonnance. Par empathie, il se rend dans son arrière-boutique et lui prépare un petit flacon rempli d’eau distillée, la prescription est très précise : trois gouttes matin, midi et soir. “L’histoire raconte que cette femme est revenue en disant qu’elle voulait ce médicament et plus un autre car il était plus efficace. Et c’est au cœur de la méthode Coué, le principe du placebo”, souligne Luc Teyssier d’Orfeuil.

Petit à petit, sa méthode se précise. Vers 1900, il développe ses premiers principes. Toute idée que nous avons en tête devient réalité dans la limite du raisonnable. Ainsi, si le malade se persuade qu’il va guérir alors il guérira si toutefois cette guérison est possible.

Alors, si c’est notre imagination qui nous fait agir plutôt que notre volonté, c’est elle qu’il va falloir conditionner. Pour cela, Emile Coué publie son ouvrage en 1913 et met au point sa méthode d’autosuggestion consciente. Elle se résume en une phrase clé : “Tous les jours, à tous points de vue je vais de mieux en mieux” (à répéter 20 fois de suite matin et soir).

Pour montrer le pouvoir de l’imagination, Coué citait souvent Blaise Pascal et sa fameuse image du vertige et de la volonté. Chacun d’entre nous est capable de marcher sur une planche de dix mètres de long et de 25 centimètres de large si elle est posée sur le sol. Mais si cette planche est placée entre les deux tours d’une cathédrale, peu d’entre nous pourront se lancer.

À 53 ans, Emile Coué s’installe à Nancy dans une maison. Puis il fonde ce qu’il appelle une clinique libre. Emile Coué y reçoit gracieusement des malades qui assistent à ces fameuses séances dans son bureau ou dans son jardin. Insomnie, surdité psychologique, phobie, dépression… il traite des milliers de malades grâce à cette forme d’autohypnose. “Petit à petit, il y a eu une renommée. Des personnes sont venues de l’étranger et on l’a poussé à sortir des frontières. Et Emile Coué a été accueilli aux Etats-Unis comme un héros, un pays où lui-même disait qu’ils avaient des pensées plus positives que les Français. Emile Coué était vraiment un représentant de l’intelligence française à travers le monde”, explique Luc Teyssier d’Orfeuil.

Mais cette gloire dans les années 20 sera de courte durée. Peu après la mort de Coué en 1926, la méthode de ce précurseur de la psychothérapie comportementale tombe peu à peu dans l’oubli. Près d’un siècle plus tard, cette pensée positive fait parfois sourire certains médecins comme le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre : “La méthode Coué est intéressante parce que c’est un début de psychothérapie mais c’est évidemment comme si vous preniez un traitement de l’Antiquité ou du Moyen-Âge et que vous alliez demander aujourd’hui à un infectiologue ce qu’il en pense. L’objectif aujourd’hui des psychothérapies reste un peu le même mais les méthodes sont très différentes”. Depuis les années 90, la méthode Coué connaît un nouveau souffle. Elle a ses adeptes persuadés d’aller de mieux en mieux grâce à elle. Et après tout, si nos désirs peuvent devenir réalité, ça ne coûte rien d’essayer.
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