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Pour une affaire de détournement de plus de 400 millions de FCFA : L’ex-receveur-percepteur de Niono, Zikoura Boiré, sous les verrous ! – Le 2ème vice-président du conseil de cercle, Moussa Traoré, inculpé ! – Le sort de quatre maires confié à la Cour Suprême !
Publié le lundi 11 mars 2019  |  Le challenger
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L’affaire portant sur plus de 400 millions de FCFA pourrait faire l’effet d’un mini-séisme dans le ciel habituellement serein de Niono : le receveur-percepteur, Zikoura Boiré, a été écroué à la Maison centrale d’arrêt de Bamako tandis que le 2ème vice-président du conseil de cercle du Niono, Moussa Traoré, a été inculpé. D’autres cadres politiques, dont quatre maires de communes rurales, sont dans la ligne de mire des juges.

Tout serait parti d’une mission de contrôle de la direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique à la recette perception de Niono. Les inspecteurs ont découvert un trou béant dans la gestion du receveur percepteur sur la situation des recettes encaissées et les dépenses effectuées. La période concernée va de 2014 à début janvier 2019.

Il est reproché au receveur-percepteur, Zikoura Boiré, plus connu sous le surnom « Zik » d’avoir accordé des bons sans valeur comptable à de nombreuses personnes. Les sommes d’argent octroyées comme de créances à rembourser pouvaient, selon des sources locales, atteindre la somme de 31 millions de FCFA. Plusieurs noms figuraient sur le registre de ce haut cadre de l’administration du Trésor au crépuscule de sa carrière de fonctionnaire. Pour camoufler le détournement, il se serait servi des avances de crédit envoyées à la Trésorerie Régionale de Ségou pour justifier certaines dépenses sans aucun support justificatif.

Refus de couverture des agents de la Trésorerie régionale de Ségou

Les enquêteurs auraient découvert, au cours de leurs investigations toujours en cours, que le percepteur aurait sollicité les services des édiles des communes rurales de Siribala, Pogo, Marico et de Kala Siguida et le 2ème vice-président du conseil de cercle de Nioro pour boucher les trous béants dans sa gestion. Selon nos sources, plusieurs mandats auraient été émis par ces élus pour justifier des dépenses fictives. Le montant de ces mandats douteux s’élève à plus de 200 000 000 millions de FCFA.

Pour acheter le silence des agents de la Trésorerie régionale de Ségou, il nous revient que d’importantes sommes auraient été sorties des caisses publiques. On avance même la bagatelle de 50 millions. A la Trésorerie de Ségou, il y a encore des cadres qui savent dire non à certaines pratiques. Un comportement rarissime sous nos cieux, surtout par les temps qui courent.

Homme de réseaux au bras long

A la Direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique, on ne veut pas visiblement commenter l’affaire. Le directeur national du Trésor et de la comptabilité publique, Sidi Almoctar Oumar, ne répond ni à nos appels ni à nos messages. Au niveau du Pôle économique et financier de Bamako où l’affaire est en instruction, les enquêteurs mettent en avant le secret de l’instruction.

Le présumé cerveau de cette rocambolesque affaire aurait été auditionné au moins une fois par le magistrat instructeur en charge du dossier. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation. On peut citer, entre autres : atteinte aux biens publics, détournement et malversation sur un montant de plus 400 millions de FCFA, corruption active par usage de promesses, faux et usage de faux, faux en écriture.

Si le 2ème vice-président du Conseil de cercle de Niono a été inculpé, le sort des maires bénéficiant de la qualité d’officier de police judiciaire selon les dispositions du Code de procédure pénale est entre les mains des magistrats de la Cour suprême du Mali. Il revient maintenant à la plus haute juridiction du pays de se prononcer sur l’avenir judiciaire des maires Boubacar N’golo Tangara de Siribala, Chaka Coulibaly de Pogo, Brahima Diaby de Marico et Mamadou Kaloga de Kala Siguida.

‘’Zik’’ comme l’appellent ses collègues, est présenté comme un homme de réseau qui a des bras longs. Parmi ses fréquentations figurent de hauts cadres politiques et administratifs, dont d’anciens ministres de la République. Selon nos sources, l’une de ses filles serait l’épouse d’un haut magistrat officiant actuellement dans la région de Kayes.

Chiaka Doumbia

Source: Le Challenger
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