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Mali: une attaque contre un camp de l’armée fait 21 morts
Publié le dimanche 17 mars 2019  |  AFP
Attaque
© Autre presse par DR
Attaque d’un camp militaire
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Bamako,- Vingt-et-un militaires maliens ont été tués dimanche à l'aube dans une attaque contre leur camp à Dioura, dans le centre du Mali, ont indiqué des sources locales, une opération menée selon Bamako par un "groupe terroriste" dirigé par un déserteur passé dans les rangs jihadistes
en 2012.

Situé dans une zone où est active depuis plusieurs années la katiba (cellule combattante) Macina, liée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), entre la capitale régionale, Mopti, et la frontière mauritanienne, le camp de Dioura a été "attaqué aux environs de 06H00 (GMT et locales) par des
terroristes", selon l'armée malienne.

Les Forces armées maliennes (FAMa) "enregistrent des dégâts matériels et des pertes en vies humaines", indique l'armée, qui assure avoir repris le contrôle du poste militaire à 16H00 mais ne donne pas de bilan.

"21 corps de militaires maliens ont été enterrés dimanche à côté de Dioura", a déclaré à l'AFP un local sous le couvert de l'anonymat. Le "bilan provisoire est de 21 corps découverts", a confirmé une source militaire malienne.

Selon l'armée, cette attaque a été menée par "des groupes terroristes sous le commandement de Ba Ag Moussa", un ex-colonel qui a rejoint les rangs jihadistes en 2012, quand le nord du Mali est passé pendant quelques mois sous la coupe de groupes islamistes liés à Al-Qaïda.

Ba Ag Moussa, dit Bamoussa, est considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige la principale alliance jihadiste du Sahel, le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans" (GSIM).

Les assaillants formaient un "commando arrivé à moto et à bord de
véhicules", a expliqué une source militaire. "Nos hommes ont riposté", a
assuré une autre source militaire, selon qui l'attaque a causé "beaucoup de
dégâts" dans le camp, très difficile d'accès.

"Toutes nos pensées pour les fiers soldats de l'Armée malienne tombés ce
jour à Dioura dans l'accomplissement de leur mission de sécurisation des biens
et des personnes face à un ennemi lâche. Le Mali et son Peuple sont unis et
déterminés contre ces actes ignominieux", a réagi le président malien, Ibrahim
Boubacar Keïta.

- 'Exécutions sommaires' -

Malgré la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence
militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel,
les violences jihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées
en 2018, selon l'ONU.
Il y a près d'un an, le 6 avril 2018, l'armée malienne avait indiqué que
"14 suspects terroristes" avaient été tué "suite à une présumée tentative
d'évasion" à Dioura, où ils avaient été arrêtés la veille avant d'être remis à
des militaires maliens. Une association peule et des proches avaient dénoncé
des "exécutions sommaires".
Les autorités maliennes et les forces internationales avaient espéré une
baisse des violences dans le centre après avoir donné pour mort fin novembre
le chef de la katiba Macina, le prédicateur radical peul Amadou Koufa, lui
aussi membre de l'alliance d'Iyad Ag Ghaly. Mais il est "vraisemblable" qu'il
soit toujours en vie, a concédé l'état-major français après l'apparition
récente dans une vidéo d'un homme présenté comme Amadou Koufa.
Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la contrôle de groupes
islamistes, qui en ont été en grande partie chassés par une intervention
militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et
qui se poursuit.
Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et le Sud et le
phénomène déborde sur les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger. Ces
attaques se mêlent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de
500 morts parmi les civils dans le centre en 2018, selon l'ONU.
Depuis l'opération contre le groupe d'Amadou Koufa, les violences se sont
poursuivies dans le centre. Six militaires maliens ont été tués mardi: leurs
véhicules ont sauté sur une mine dans la région de Mopti et deux soldats
français de la force Barkhane avaient été grièvement blessés quelques jours
plus tôt dans leur campement temporaire près de la frontière du Niger.
sd/siu/jh

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