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Révision constitutionnelle : Le 1er point d’achoppement entre IBK et ses opposants
Publié le samedi 13 avril 2019  |  Le Pays
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© aBamako.com par A S
Le Président IBK a reçu le chef de file de l`opposition Soumaila Cissé à Koulouba
Le Président de la République, BK a reçu le chef de file de l`opposition Soumaila Cissé à Koulouba, le 3 Mars 2017.
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Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, devait rencontrer hier les leaders de l’opposition politique dans le cadre du dialogue politique. Le FSD à 15h et la COFOP à 17h. Sujet probable à l’épicentre : l’avant-projet de la révision constitutionnelle en vue. Le Front pour la sauvegarde de la Démocratie (FSD) et la Coalition des forces Patriotiques (COFOP) ont refusé de participer à cette rencontre. Les raisons : le moment n’est pas opportun pour parler de la révision constitutionnelle. Ils estiment que la priorité c’est de trouver un dénouement heureux à la tension sociale due à la situation du centre…

Va-t-on vivre un autre 2017 concernant la révision constitutionnelle ? Cette question mérite d’être posée au regard de la situation confuse qui se manifeste aujourd’hui autour de l’avant-projet.

En effet, pendant que la tension sociale s’aggrave avec des grèves dans presque tous les secteurs, les demandes de démission du Premier ministre, le président de la République est intéressé par la révision de la constitution de 1992. Il a même déjà présenté l’avant-projet de texte de révision constitutionnelle aux leaders de l’Alliance « Ensemble pour le Mali » (EPM) lors d’une rencontre le mardi dernier. Idem lors de sa rencontre avec les leaders religieux. Cette révision de la Constitution est, selon lui, inévitable pour plus de démocratie, mais pour permettre l’application de certaines dispositions de l’accord d’Alger.

Après la majorité, IBK devait rencontrer les leaders de l’opposition hier pour non seulement parler du dialogue politique, mais aussi les soumettre l’avant-projet de révision constitutionnelle. Déjà, les deux grands fronts, le front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) dirigé par l’honorable Soumaila Cissé et la Coalition des forces patriotiques (COFOP) ont refusé de participer à cette rencontre. Les raisons : tous les deux camps ont, unanimement, estimé que le moment n’est pas favorable pour parler de la révision constitutionnelle.

Du côté du FSD, juste après leur réunion, Mme Diakité Kadidia Fofana a expliqué sur sa page Facebook pourquoi le FSD a décidé de boycotter la rencontre. « Le FSD et la COFOP boycottent la cérémonie de remise de l’avant-projet de constitution prévue à Koulouba, ce jeudi 11 avril à 15 h. Ils estiment que la révision constitutionnelle ne saurait être la réponse à la crise profonde et multidimensionnelle que connait le Mali », a-t-elle écrit sur sa page Facebook avant d’ajouter : « Une révision constitutionnelle imposée par la communauté internationale ne résout en rien les problèmes des Maliens ».

Joint par nos soins, le président du parti de la Quenouille a expliqué les raisons du boycott de cette rencontre par la coalition dont son parti est membre. « Nous avons décidé de boycotter cette rencontre pour deux raisons », nous a-t-il confié au téléphone. La première raison est, selon lui, due au fait que IBK a refusé l’inclusivité du processus du dialogue social. « Nous avions souhaité l’inclusivité en amont, ça n’a pas été le cas. Donc, on ne peut pas accepter d’être mis devant le fait accompli », précise Housseïni Amion Guindo.

La deuxième raison, selon lui, est que cette révision constitutionnelle n’est pas une priorité actuellement. « Le pays a d’autres priorités et nous avons dit ces priorités au président : c’est l’actualité. Le président, au lieu de nous parler de comment il va sortir le pays de cette situation, veut nous soumettre un projet de révision constitutionnelle comme pour toute réponse à la crise actuelle du pays », a expliqué l’ancien ministre de l’Éducation.

Pour ce membre influent de la COFOP, on doit d’abord chercher des solutions aux crises sécuritaires et scolaires avant de parler de la révision de la constitution. « On veut bien répondre au président de la République s’il nous invite, mais pas pour aller être mis devant le fait accompli », a-t-il tenu à préciser.

On peut déjà se poser la question si ce projet va, dans ces conditions, être accepté par l’opposition en grande majorité. Si elle la rejette, nous risqueront de revivre un autre 2017.

Boureima Guindo
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