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Mahamadou Keïta, secrétaire général du Parti Fare Anka Wuli: « On a dit clairement au président de la République qu’on ne peut pas l’accompagner dans cette révision constitutionnelle »
Publié le lundi 15 avril 2019  |  Le Républicain
Première
© aBamako.com par FS
Première Convention Nationale du parti FARE AN KA WULI
Le parti FARE AN KA WULI a tenu sa Première Convention Nationale le 19 Décembre 2015 au CICB sous la présidence de Modibo Sidibé
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Présent à la conférence de presse du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) le 12 avril 2019, le secrétaire général du parti Fare Anka Wuli, Mahamadou Keïta nous a accordé une interview dans laquelle, il explique les raisons pour lesquels, son parti a accepté de répondre à l’invitation du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le 11 avril à Koulouba pour la remise de l’avant projet de loi portant révision de la constitution du 25 février 1992.

Selon lui, c’est par respect aux institutions, par déférence au président de la République que les Fare ont répondu à l’invitation. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont d’accord avec la démarche de la révision constitutionnelle. «On a dit clairement au président de la République qu’on ne peut pas l’accompagner dans cette révision constitutionnelle», a dit Mahamadou Keïta. Par ailleurs, il dira que la sortie de crise au Mali passe par un dialogue national refondateur.

Lisez !
Le Républicain : Le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) et la Coalition des forces patriotiques (COFOP) ont décidé de boycotter la rencontre entre le président IBK et la classe politique le 11 avril dernier. Mais, votre parti, le Fare Anka Wuli a accepté de rencontrer le président IBK, alors, que peut-on retenir de cette rencontre ?

Mahamadou Keïta : les Fare sont certes de l’opposition, mais nous ne faisons pas partis du FSD ni de la COFOP. Nous avons répondu à l’appel du président de la République par respect à nos institutions, par déférence au président de la République qui est notre aîné et aussi, partant des valeurs sociétales, quand un président de la République, un aîné t’appelle, tu dois y être et cela ne t’engage aucunement.

On a été, on a dit clairement Monsieur le président, par respect et par courtoisie républicaine, nous sommes venus répondre, mais vous connaissez notre position, votre gouvernement connait notre position, parce qu’on a rencontré le Premier ministre et on lui a dit, ce que vous êtes en train de faire, votre procédé n’est pas bon, le comité des experts (pour la réforme constitutionnelle), par respect aux hommes et aux femmes de qualité, on leur a dit que ce n’est pas vous qui devez venir à nous mais c’est à nous maliens de dire ce que nous voulons de notre constitution et vous en tant qu’expert, vous aller mettre la matière en forme juridique pour nous remettre.

Donc c’est la raison de notre présence à Koulouba et on a dit clairement au président de la République qu’on ne peut pas l’accompagner dans cette révision constitutionnelle.
Le Républicain : c’est vrai que vous n’approuvez pas le document de l’avant projet-projet de loi portant révision constitutionnelle, mais quels sont les points sur lesquels vous avez des réserves ?
Mahamadou Keïta : Ce n’est pas une question de réserve, mais déjà l’approche même, on ne s’inscrit pas dedans, donc le document n’a pas d’importance pour nous parce que nous n’allons pas non seulement discuter de ce document mais c’est aux maliens de discuter de ce document.

Tant que les maliens ne se mettrons pas ensemble pour dire ce qu’ils veulent de leur pays, ce qu’ils veulent de leur territoire, ce qu’ils veulent de leurs institutions, on ne s’en sortira pas. Donc, nous les Fare, on ne peut souscrire à une telle démarche qui n’est pas inclusive. Le pays est en crise, le pays est tombé.

Et on a un projet de sortie de crise qu’on est parti remettre au président en son temps, qu’on est en train de discuter avec l’ensemble de la classe politique et la société civile pour que nous maliens on se met ensemble, qu’on ait une vision de sortie de crise, qu’on ait un agenda solide et robuste pour que nous puissions sortir de cette crise. C’est ça le plus important que le projet de révision constitutionnelle qui n’a pas lieu d’être aujourd’hui. Lui-même (IBK), il a déclaré que le pays est en guerre et l’article 118 de la constitution est très clair, un pays en guerre, il ne peut pas y avoir de révision constitutionnelle, qu’il respecte lui-même ses propres propos, qu’il respecte notre loi fondamentale en vigueur.

Le Républicain : au delà de la question de la révision constitutionnelle, l’actualité est marquée par la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga demandée par les religieux et une partie de la classe politique, quelle est la position des Fare Anka Wuli ?

Mahamadou Keïta : La position des Fare n’a pas varié. Au moment où il voulait proroger le mandat des députés, on a attiré l’attention, on a dit que nous maliens, il faut qu’on tient compte de notre histoire récente. Lors de la transition, on a prorogé le mandat de la transition mais dans un consensus politique. Pourquoi ce même consensus politique ne peut pas prévaloir pour proroger le mandat des députés. En ce qui concerne le Premier ministre, ça nous intéresse pas, ce n’est pas notre cheval de batail. Il revient au président de la République de tirer les leçons de ce qui se passe et d’écouter son peuple.

Le Républicain : Vous disiez tantôt que vous avez un plan de sortie de crise, est-ce qu’on savoir un peu ce plan, selon vous qu’est ce qu’il faut pour sortir de la crise que traverse le Mali ?
Mahamadou Keïta : Cette sortie de crise ne peut pas se faire tant que les maliens ne se mettent pas ensemble, tant que les maliens ne se parlent pas. C’est nous maliens qui vivons, qui subissons aujourd’hui, c’est nous maliens qui savons ce qu’on peut faire entre nous, de compromis entre nous pour aller de l’avant.

Le plan de sortie de crise passe par un dialogue national refondateur parce que le Mali est aujourd’hui à terre. Quant tu veux reconstruire une maison qui déjà en ruine, il faut aller au niveau des soubassements. Donc, il faut remettre le Mali sur pied sur tous les plans, que ça soit le plan politique, social, économique et le plan des institutions. Et cela ne peut pas se passer tant qu’on ne va pas sur le fondement.

Propos recueillis par Aguibou Sogodogo
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