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Enquête d’opinion sur l’évolution de la situation politique auprès des Bamakois : – 84,6% pensent que la situation générale du pays s’est détériorée – La cote de popularité de la France passe de plus de 80% (en 2012) à moins de 20%
Publié le mercredi 24 avril 2019  |  Le Pays
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© AFP par STRINGE
Des soldats français de Barkhane et des ex-rebelles de la CMA dans les rues de Kidal, dans le nord du Mali, le 25 octobre 2016.
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Notre pays, le Mali connaît actuellement les signes d’une grande mésentente entre les différentes autorités administratives et religieuses. Si ce début de crise n’est pas bien géré, le Mali risque de perdre le peu de stabilité qui lui reste. S’agissant des principaux signes, nous pouvons noter entre autres : la mésentente claire et nette entre certains leaders religieux et le président IBK, le président et son premier ministre ne sont plus sûrs d’avoir le soutien sans faille des députés de la majorité présidentielle, les leaders religieux semblent être divisés en au moins deux groupes, le début de dialogue entamé entre le Chef de fil de l’opposition et le président IBK semble s’arrêter en cours de chemin, le rassemblement du vendredi 05 avril 2019 demandant la démission du premier ministre n’est pas à négliger. C’est dans ce contexte que l’Ingénieur Statisticien Economiste Sidiki Guindo, reconnu pour ses enquêtes d’opinion pertinente qui avait prédit l’élection du président IBK en 2013, a encore effectué un sondage afin d’évaluer l’opinion de la population sur l’actualité que traverse notre pays. Le sondage s’est déroulé du samedi 6 au mercredi 10 avril 2019 sur un échantillon de 1275 individus dans le district de Bamako. Les résultats du sondage dont nous avons pu nous procurer une copie sont donc valides pour le district de Bamako et ne reflètent pas forcément l’opinion nationale. La méthode des quotas (avec sexe et âge comme critère) a été appliquée et l’échantillon est représentatif de la population du district.

Selon lui, les enquêteurs ont posé des questions sur l’évolution de la situation générale du pays (au cours des 6 derniers mois), l’opinion de la population sur différents hommes politiques, l’opinion de la population sur des leaders religieux, le premier ministre doit-il démissionner ou non, l’opinion de la population sur différents pays ou organisations tel que la France, les Etats Unies, la Chine, la Russie et la Minusma.

Et de préciser que les résultats se présentent comme suit :

Selon vous, au cours des six derniers mois, est-ce que la situation générale du pays s’est améliorée, est restée au même niveau ou bien s’est détériorée ?

Selon les résultats du sondage : 84,6% de la population (soit plus de huit personnes sur dix à Bamako) pensent que la situation générale du pays s’est détériorée ; 12,0% pensent que la situation est restée au même niveau alors que 3,4% pensent que la situation s’est améliorée. La population est donc consciente de la détérioration de la situation générale du pays.

Pour chacune des personnalités politiques suivantes, dites-moi si vous avez une opinion très favorable, plutôt favorable, plutôt défavorable ou très défavorable de la personne ? Les enquêteurs ont trouvé que :

Pour le Président IBK: 29,9% des Bamakois ont une opinion favorable (avec 8.8% très favorable et 21,1% plutôt favorable) de sa personne alors que 68.3% ont une opinion défavorable (1.8% n’ont pas pu donner d’opinion).

Pour le Chef de fil de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé : 37.0% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 55.3% ont une opinion défavorable (7.7% n’ont pas pu donner d’opinion).

Pour l’ancien chef du gouvernement, Souleymou Boubeye Maiga : 30.7% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 63.0% ont une opinion défavorable (6.3% n’ont pas pu donner d’opinion).

Pour l’ancien premier ministre Cheick Modibo Diarra : 82.0% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 10.8% ont une opinion défavorable (7.2% n’ont pas pu donner d’opinion).

Pour l’ancien premier ministre Moussa Mara : 79.0% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 12.3% ont une opinion défavorable (8.7% n’ont pas pu donner d’opinion).

Pour le candidat à l’élection présidentielle (de 2018) Aliou Badra Diallo : 45.2% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 23.8% ont une opinion défavorable (31.0% n’ont pas pu donner d’opinion).

Selon vous, est-ce que les leaders religieux doivent s’impliquer dans la vie politique ou rester à l’écart ?

Sur ce point, 61.4% de la population pensent que les religieux doivent s’impliquer dans la politique alors que 37.7% pensent qu’ils doivent rester à l’écart du champ politique (0.9% n’ont pas pu donner de réponse).

Pour chacune des personnalités religieuses suivantes, dites-moi si vous avez une opinion très favorable, plutôt favorable, plutôt défavorable ou très défavorable de la personne ?

L’imam Mahmoud Dicko : 77.9% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 19% ont une opinion défavorable (3.1% n’ont pas pu donner d’opinion).

Le Chérif Ousmane Madani Haidara : 63.9% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 34.0% ont une opinion défavorable (2.1% n’ont pas pu donner d’opinion).

Le chérif de Nioro (Bouyé) : 78.0% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 18.0% ont une opinion défavorable (4.0% n’ont pas pu donner d’opinion).

Chouala Bayaya Haidara : 25.9% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 60.7% ont une opinion défavorable (13.4% n’ont pas pu donner d’opinion).

Issa Kaou Djim : 46.2% des Bamakois ont une opinion favorable de sa personne alors que 14.4% ont une opinion défavorable (39.4% n’ont pas d’opinion ou bien ne connaissent pas la personne).

Selon vous, au vu de la situation qui prévaut dans le pays, le premier ministre devrait-il quitter ou rester à son poste ?

Pour cette question, 54.1% de la population pensent que le premier ministre devrait démissionner, 38.5% pensent le contraire et 7.4% n’ont pas pu se prononcer.

Pour chacun des pays ou organisations suivants, dites-moi si vous avez une opinion très favorable, plutôt favorable, plutôt défavorable ou très défavorable ?

La France : 16.9% des Bamakois ont une opinion favorable pour ce pays alors que 80.3% ont une opinion défavorable (2.8% n’ont pas pu donner d’opinion).

Les Etats Unies : 54.2% des Bamakois ont une opinion favorable alors que 33.8% ont une opinion défavorable (12.0% n’ont pas pu donner d’opinion).

La Chine : 70.5% des Bamakois ont une opinion favorable alors que 19.51% ont une opinion défavorable (10.3% n’ont pas pu donner d’opinion).

La Russie : 68.3% des Bamakois ont une opinion favorable alors que 15.6% ont une opinion défavorable (16.07% n’ont pas pu donner d’opinion).

La MINUSMA : 16.5% des Bamakois ont une opinion favorable alors que 76.5% ont une opinion défavorable (9.0% n’ont pas pu donner d’opinion).

Selon lui, au vu de ces différents résultats et en tenant compte de certaines réalités de terrain, les conseils suivants s’imposent :

Au président IBK : les enquêteurs rappellent qu’aujourd’hui, IBK est le premier responsable de ce pays. A ce titre, ne faut pas qu’il refuse de voir la vérité en face parce que la situation est critique. Les Maliens ont intérêt à se battre pour sauver ce qui reste du Mali. Même si les tous les aspects sont importants. Les enquêteurs pensent que les préoccupations principales sont la lutte contre l’impunité, la corruption et le disfonctionnement de l’administration publique. Selon eux, l’idéal serait de former un gouvernement capable de relever ces défis. Car, la population semble ne plus avoir confiance au système.

Au Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga : ils ont estimé qu’il fait partie des personnalités politiques qui ont occupé des postes de très grande responsabilité au Mali. Ils pensent que le Premier ministre peut certainement gagner ce bras de fer contre les religieux et l’opposition. Cependant ce poste de premier ministre n’est pas une finalité en soi. Les enquêteurs conseillent donc Boubèye de ne pas trop tirer sur la corde. Aussi, ils diront que personne ne peut dire que les mêmes Maliens qui réclament le départ du Premier ministre ne vont pas réclamer son retour ? Qui n’a pas été surpris du comportement des Maliens envers le président ATT ?

Aux différents leaders religieux : ils estiment que ces derniers avancent (tout doucement ou à grand pas) sur un terrain glissant. « Le problème est-il au niveau de tout le système ou bien au niveau du premier ministre ? N’avez-vous pas l’impression que la majorité des premiers ministres se ressemble ? Etes-vous sûrs, qu’en gardant le même système, on pourra trouver un autre premier ministre bien meilleur ? ».

Selon eux, il est plus important de proposer un changement de système qu’un changement de gouvernement. Enfin, les enquêteurs conseillent les leaders de ne pas se diviser à cause du politicien malien parce qu’ils n’ont pas les mêmes calculs que ceux-ci.

Aux leaders politiques de l’opposition : de 2013 à nos jours certains d’entre eux sont restés constants sur leur position d’opposant. Cependant, d’autres semblent être dans leurs propres calculs. « Sinon comment comprendre vos différents comportements entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2018 ? Nous avons suivi avec intérêt vos différentes déclarations en cas de secours lors de l’élection de 2018, mais une fois le moment venu, vous voilà tournant le dos faisant semblant d’oublier vos paroles d’opposant entre les deux candidats qualifiés au second tour. C’est ça malheureusement le Mali : nos politiciens sont souvent dans leurs propres calculs. C’est ce genre de comportement qui fait que la population ne sait plus sur qui compter, sur la majorité présidentielle ou bien sur les opposants ? »

A l’ambassadeur de France au Mali : il a rappelé l’adage dit que « les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts », comme la France est un pays, donc …. Cependant, ils conseillent à l’ancienne Métropole de permettre aux Maliens de tirer leur épingle du jeu à côté des différents intérêts de la France. Et noter que la cote de popularité de la France est passée de plus de 80% (en 2012) à moins de 20% aujourd’hui. Les Maliens risquent tous gros dans cette affaire !

Synthèse réalisée par Mama PAGA
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