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Mise en œuvre de l’Accord: le Centre Carter relève cinq obstacles majeurs
Publié le jeudi 23 mai 2019  |  Info Matin
Conférence
© aBamako.com par AS
Conférence du centre carter l`observateur indépendant
La Conférence du centre carter l`observateur indépendant
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Le Centre Carter qui est l’Observateur de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger a publié, ce mercredi 22 mai 2019, son quatrième rapport sur l’état de la mise en œuvre dudit Accord, pour la période de janvier à avril 2019.

C’était dans le cadre d’une conférence de presse organisée à son siège à Badalabougou. Il ressort de ce document de 15 pages que l’avancée la plus importante dans la période entre janvier et avril a été le lancement par le Gouvernement du processus de réforme constitutionnelle. Cette période a été également marquée par l’immobilisme, voire par des reculs, dans le processus de mise en œuvre.

Cette conférence de presse était animée par l’ambassadrice, Bisa WILLIAMS, Conseillère spéciale de la Fondation Carter pour le Mali qui avait à ses côtés, Jean Ntole KAZADI, l’observateur indépendant et d’autres collaborateurs. Ce document couvre la période allant de janvier à fin avril 2019 et représente le quatrième rapport public de l’Observateur indépendant, depuis sa prise de fonctions en janvier 2018.

Le rapport signale les reculs récents dans le processus et souligne les principaux obstacles entravant les progrès. Il se concentre également sur l’état de réconciliation et de justice au Mali. Le rapport révèle que pendant cette période le processus de mise en œuvre s’est ralenti et, dans certains cas, a reculé. Bien que plusieurs avancées aient été accomplies, notamment le lancement par le Gouvernement du Mali du processus de réforme constitutionnelle qui est essentiel pour la mise en œuvre des dispositions clés de l’Accord ; peu de progrès ont été accomplis dans la plupart des autres domaines.

Par exemple, le rapport constate, le processus de «Démobilisation, désarmement et réinsertion-intégration accéléré » (DDR), lancé en novembre 2018, a été interrompu à la mi-janvier et n’a repris que de manière timide en ce mois d’avril 2019. Et cela, avec le rattrapage des combattants non encore soumis aux analyses médicales et ceux ayant été considérés comme inaptes.

En dépit de près de 1 423 combattants dont le profilage a été achevé, aucun élément des Mouvements signataires n’a été, à ce jour, intégré dans les forces de défense et de sécurité nationales. Pire, il n’existe ni calendrier ni stratégie convenue pour le processus général de DDR concernant les 63 000 combattants recensés, annoncés par la Commission nationale de démobilisation, désarmement et réinsertion (CN-DDR). Dans les zones rurales des régions de Gao et de Ménaka particulièrement, les civils sont victimes de la criminalité et de la violence dues en grande partie aux hommes armés non démobilisés qui volent, parfois violent et tuent en toute impunité. La période a été marquée par les actions unilatérales du Gouvernement et de la Coordination des mouvements Azawad (CMA), ainsi que par les frictions internes au sein de la Plateforme, qui ont affaibli sa capacité à contribuer au processus de mise en œuvre de l’Accord

Le rapport de l’Observateur indépendant identifie 5 obstacles principaux au progrès : la faiblesse de la prise de décision concernant la mise en œuvre ; la lenteur du processus de désarmement, de démobilisation, et de réintégration, y compris l’interruption du « DDR accéléré » ; l’absence de services gouvernementaux à Kidal ; le manque de consensus parmi les « garants » internationaux de l’Accord ; et la crise au centre du Mali.

Pour surmonter chacun de ces obstacles, le rapport recommande des mesures spécifiques aux parties maliennes et à la communauté internationale. Parmi les mesures recommandées : la mise en place d’un mécanisme rigoureux de prise de décision, pour la mise en œuvre à l’engagement. Il invité la CMA et la Plateforme, ainsi que le Gouvernement, à s’engager publiquement et conjointement à revigorer le processus de DDR.

Dans un climat de tensions croissantes entre certaines communautés au Mali, tel que mis en relief par le massacre d’Ogossagou en mars, le rapport se concentre particulièrement sur l’état de la réconciliation et de la justice, un des piliers centraux de l’Accord de 2015. Il y est constaté que les questions de réconciliation et de justice sont les parents pauvres du processus de la mise en œuvre. Notant que la Conférence d’entente nationale n’a pas réussi à générer la réconciliation prévue, l’Observateur indépendant recommande aux parties maliennes de renouveler et de revigorer leur engagement en faveur de cette partie essentielle de l’Accord.

Par ailleurs, le rapport examine la situation des réfugiés et des personnes déplacées internes, ainsi que les questions humanitaires de manière générale. Il souligne qu’en dépit des engagements des parties signataires, certains réfugiés affirment ne pas disposer de suffisamment d’informations pour décider s’ils peuvent rentrer chez eux. L’Observateur indépendant a également constaté qu’en partie, à cause de l’absence de dialogue systématique avec les organisations humanitaires, les parties signataires n’ont pas pleinement respecté leur engagement de faciliter l’accès aux acteurs humanitaires. «Sans une action rapide en matière de DDR et de réconciliation, ainsi que de réformes politiques, le processus de mise en œuvre pourrait être fondamentalement compromis», a prévenu Mme Bisa WILLIAMS.

Enfin, le rapport appelle les parties maliennes et la communauté internationale à consacrer une attention renouvelée et ciblée au processus de mise en œuvre.

Par Abdoulaye OUATTARA

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