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“Zone de vérité” de l’ORTM : Mohamed Magassouba : un entraîneur suffisant et têtu
Publié le samedi 3 aout 2019  |  Aujourd`hui
Conférence
© aBamako.com par FS
Conférence de presse du sélectionneur national Mohamed Magassouba
Le sélectionneur national, Mohamed Magassouba a publié la liste des aigles pour le match Gabon-Mali au cours d`une conférence de presse le vendredi 9 Novembre 2018 au siège de la FEMAFOOT.
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Le dimanche dernier, le Desk Sport de l’Ortm a lancé une nouvelle émission intitulée ” Zone de Vérité “. Pour le premier numéro, l’honneur est revenu à Mamadou Sidibé, conseiller technique au département des Sports, chef de la délégation malienne au Caire, Mohamed Magassouba, sélectionneur des Aigles, et Mohamed Soumaré, consultant. C’était juste pour faire le bilan de la CAN, par rapport au parcours de notre équipe nationale. Mais, une fois de plus, le coach Magassouba s’est distingué par son esprit de suffisance et sa volonté manifeste de prendre en otage l’émission, malgré les rappels à l’ordre du doyen Djibril Traoré. Sa stratégie de communication a consisté à monopoliser le débat et à se déclarer victime combattue pour sa philosophie. Il est évident que le doyen Djibril Traoré, par respect aux auditeurs de la radio, n’a rien ménagé afin que ce premier numéro de “Zone de Vérité” soit une réussite. Mais le constat est qu’il a laissé faire Magassouba, qui n’en était pas à son premier coup sur le plateau de l’Ortm.

Loin d’être un tribunal, un plateau de règlement de comptes ou même un procès, l’émission “Zone de Vérité” traite les sujets d’intérêt général, dans le but d’édifier les auditeurs et d’alerter les autorités, par rapport aux tenants et aux aboutissants des sujets traités.

Ce premier numéro de l’émission “Zone de Vérité” était dirigée par le doyen Djibril Traoré, avec ses côtés Kodji Siby et Cheick Oumar Konté dit Bruno de la radio Nasira Woulé. Au cours de ce premier exercice, force est de reconnaitre que le sélectionneur Magassouba a confirmé tout le mal que la presse et l’opinion pensaient de lui, face aux critiques. Très abondant dans ses réponses, il a monopolisé le débat, obligeant le doyen Djibril Traoré à durcir parfois le ton. Même Kodji Siby, reconnu pour son calme et son respect, a été contraint de dire à Magassouba d’accepter l’évidence : l’échec des Aigles à la CAN, parce que le Mali n’est pas allé à la CAN pour s’arrêter en huitième de finale, mais pour remporter le trophée. Dès l’instant que l’entraineur avait la matière sous la main, il ne devait confier le destin de l’équipe nationale à un coup du sort. Aujourd’hui, les Maliens s’attendent à une autre argumentation du sélectionneur pour expliquer ce qui n’a pas marché ? Pourquoi cela n’a pas marché ? Quelles sont les perspectives d’avenir ?

A défaut de telles interrogations, Mohamed Magassouba s’est lancé dans une extravagance impitoyable. Il est allé jusqu’à dire qu’il est un universitaire, un instructeur d’élite. Alors question : quel a été l’impact de cette connaissance dont il se vante sur le parcours des Aigles à la CAN ? Lui qui a été incapable de faire une bonne lecture de jeu dans les moments difficiles ! Il dit avoir fait ses preuves à l’extérieur, mais et au Mali ? A ce que nous sachions, son aventure avec le Stade malien de Bamako en 2006 a été un échec total. Avec un salaire mensuel d’un million de Fcfa, payable à l’avance, logé dans une villa, avec un véhicule de service, Mohamed Magassouba n’a pu dépasser le tour préliminaire de la ligue des Champions. Le président du Stade à l’époque, Mahamadou Samaké, un homme averti, a vite compris qu’il a à faire avec un bluffeur. Conséquence : la résiliation pure et simple de son contrat.

Quant au représentant du département des Sports, M. Mamadou Sidibé, chef de la délégation malienne, il a soutenu que c’est la volonté politique qui a commandé la participation des Aigles à la CAN. Raison pour laquelle l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens pour soutenir l’équipe nationale, avec comme ambition le trophée. S’il est formel que l’objectif n’est pas atteint, M. Sidibé s’est surtout réservé d’en dire plus sur le parcours des Aigles. Selon lui, le reportage de Kodji Siby est édifiant. Cependant, il a posé la problématique de l’avenir, en tirant les enseignements de l’échec de la CAN, Egypte 2019.

“Si c’était à refaire je n’hésiterai pas”

Pour planter le décor de ladite émission, l’un des envoyés spéciaux de l’Ortm, Kodji Siby, a dressé un bilan de la participation des Aigles du Mali. Il n’en fallait pas plus pour irriter l’entraîneur Mohamed Magassouba, qui a saisi la balle au rebond. D’emblée, il affirme que le débat est un jugement, parce qu’on a critiqué ses choix. Les discussions se sont surtout focalisées sur la rencontre contre les Eléphants de la Côte d’ivoire, où il a été beaucoup question de mauvais coaching, notamment la sortie d’Abdoulaye Diaby. Il a été établi que le changement ne s’imposait pas, dès l’instant qu’il n’a pas produit les résultats escomptés. Tout en rejetant en bloc les accusations, Magassouba soutient que les jeux sont définis par des paramètres, que seul l’entraîneur détient. Par conséquent, il sait pourquoi il pose des actes devant n’importe quelle situation. Mieux, si c’était à refaire, il le ferait sans ambages.

Interrogé sur la gestion de sa liste définitive, Mohamed Magassouba a sèchement répondu qu’il n’est pas obligé de tenir une conférence de presse pour dévoiler quoi que ce soit. Il dit avoir gardé le mystère autour de sa liste, pour préserver l’unité de son groupe. C’est-à-dire qu’il a agi de telle sorte que les joueurs doutent en même temps de leur participation à la CAN.

“Je n’accepterai plus un type de contrat que j’ai signé pendant la CAN”

Faudrait-il rappeler qu’avant le départ de l’équipe nationale, le département des Sports a décidé de régulariser la situation du sélectionneur, intérimaire depuis plus de deux ans. Au terme des pourparlers, il a signé un contrat, avec un salaire mensuel de 10 000 000 Fcfa, à compter de septembre 2017. Autrement dit, le contrat a pris effet en septembre 2017 et s’est achevé le 31 juillet dernier. Aujourd’hui, Mohamed Magassouba semble ne pas être satisfait des clauses contractuelles. Comment ? Voilà ce qu’il a dit lors de l’émission “Zone de Vérité” : “Mon contrat est dépourvu de tous les avantages : logement, véhicule, frais de communication. Je n’accepterai plus de signer un tel contrat. Je suis un technicien, même si je me retrouve à la frontière mauritanienne, j’aurai du boulot”.

Paradoxalement, sous un autre angle, le technicien défend son sens patriotique et dit que personne ne fera le Mali à notre place. Comment et pourquoi s’il refusera un contrat sans avantages, malgré le fait qu’il a 10 000 000 Fcfa de salaire ? Où est alors le sens patriotique ? Sur la question, notre confrère Kodji Siby n’a pas hésité à lui signifier que son patriotisme n’est pas important, mais ce qu’il fera pour que le football malien aille de l’avant parce qu’il n’aura plus de circonstances atténuantes dans l’avenir, s’il est reconduit.

Par rapport aux primes et à la promesse du ministre des Sports, à la veille du match contre la Côte d’Ivoire, le sélectionneur soutient qu’il n’y avait pas de problèmes à ce niveau. Mais reconnait aussi que les jeunes avaient menacé de boycotter les entrainements, au cas ils ne trouveraient pas de terrain d’entente avec le département des Sports. Sur la question, le chef de la délégation a apporté des éclaircissements. Selon lui, l’Etat a été pris au dépourvu par le nombre d’équipes de la CAN or c’est un arrêté interministériel qui fixe les primes en fonction des objectifs. Mais tout est rentré dans l’ordre pour une meilleure motivation des jeunes.

Aujourd’hui, après la fin de son contrat avant-hier mercredi, 31 juillet 2019, Mohamed Magassouba est seulement Directeur Technique National. Durant les deux ans, a -t-il comblé les attentes ? Est-il l’homme de la situation pour gérer cette équipe d’avenir des Aigles ? L’Etat acceptera-t-il ses désidératas pour satisfaire ses exigences ? La réponse à ces interrogations constituera, sans nul doute, la clef de la réussite de cette jeune génération de footballeurs talentueux.

O. Roger Sissoko

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