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Vaincu : Il faut savoir tirer sa révérence
Publié le dimanche 4 aout 2019  |  l'oeil du Mali
Rentrée
© aBamako.com par Androuicha
Rentrée politique nationale du parti ASMA-CFP
Ségou, le 22 juin 2019. Le parti Alliance pour la Solidarité au Mali- Convergence des Forces Patriotiques (ASMA-CFP) a fait sa rentrée politique nationale sous la houlette de son président M. Soumeylou Boubèye MAIGA.
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“Naturam expellas furca, tamen usque recurret”. Autrement dit, “chasse la nature à coups de fourche, elle reviendra toujours en courant”. Comme pour donner raison à Mangala Camara qui s’exprimait presque dans le même contexte, l’on comprend mieux encore, pourquoi les hommes les plus déloyaux de vrai, déguisés en Saints, ont, à beau tenter de se dissimuler, finissent inexorablement par se révéler. Que donc, Horace qui, dans ses Épitres datant du dernier demi-siècle avant J.C, avait tout tracé.

Jusqu’à l’écoulement de la dernière seconde de la dernière minute de la fin des temps, il y en aura qui ne croiront pas à ce qui est. Et pourtant, à force de ne point croire même à la mort puisque l’on vit encore, les plus insensés doivent enfin comprendre qu’ils ne sont qu’un produit d’une lignée qui n’est plus et qui ne sera plus encore. Tirer la leçon d’un tel fait aussi banal qu’effrayant, n’est que faire preuve de grandeur de l’âme. Chose que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, chassé à coups de pilons par le peuple malien, n’a jusqu’ici pas compris pour enfin, revenir à la raison et accepter son sort sans pour autant imputer sa faillite à ceux qu’il a toujours considérés comme ses baudets.

Si aujourd’hui, le travailleur malien a décidé de mettre, en toute confiance, terme à ses grèves à répétition, et que les rues de Bamako, de Kayes et de Nioro ont connu la sérénité, avec à la clé, un accord politique de gouvernance en passe de réconcilier les Maliens, ce n’est forcément pas parce que des faux amis ou adversaires en amis ont, d’une part croisé les bras ou d’autre part, mal conseillé Soumeylou Boubèye Maïga alors premier ministre. C’est tout simplement parce que la raison a eu raison sur l’orgueil d’un seul homme qui ne tirait sa légitimité que d’un décret de nomination a voulu, comme à ses habitudes, narguer tout un peuple dont le crime a été d’avoir réclamé le dialogue social, la justice et la justice sociale. Juste ça !

Quel sort la vie aurait, de nos jours, réservé à Soumeylou Boubèye Maïga s’il avait compris qu’un Premier ministre n’est pas un « maître » ? , mais plutôt un obligé dont la responsabilité assujettit au « Devoir » et rien qu’au devoir. Et que nullement, en marge des privilèges usurpés au compte de soi et des siens, des passe-droits.

Néanmoins, grand père avait raison : quand un âne n’a pas soif, c’est inutile de s’obstiner à le faire boire, il ne boira pas.

Soumeylou Boubèye Maïga en traitant les religieux maliens d’hybrides, avait-il mesuré la capacité de nuisance que ces derniers pourraient lui opposer ? Certainement non. Mais en personnage abusivement saoulé par les bévues que lui racontaient ses laudateurs, SBM s’est tout seul livré dans une bataille qu’il devrait pourtant savoir, jouée d’avance en sa défaveur. Or quand on est chef, le bon sens voudrait qu’on ne prenne pas l’expression de la moindre demande sociale pour un défi.

Il faudrait cependant, démontrer sa grandeur en acceptant d’aller à l’affrontement des idées, à la recherche des solutions pour la citée dont on tire la légitimité et au service de laquelle on est investi en tant que chef. Mais, que non encore !

Aujourd’hui encore que l’homme le plus lugubre du Mali devrait prendre de l’âge, même s’il ignore le sens de la peau ridée et des cheveux grisonnants, il procède par les mêmes méthodes dont il usait pour nuire à ceux qu’il considérait comme étant ses adversaires ou ses éventuels barrages à la fourberie. Triste fin du spécialiste des coups bas et de la stratégie du félon.

A force de vouloir humilier, destituer ceux qui l’ont pourtant aidé à la réussite, l’ancien Premier ministre s’est fait harakiri. Ce qui lui reste en bon mauvais élève de la démocratie malienne, c’est de savoir d’abord vivre son deuil, ensuite accepter de tirer sa révérence politique et se repentir pour entrer dans l’histoire, au lieu de s’entêter à faire l’impossible.

Homme politique le plus controversé, SBM doit pourtant reconnaître que ceux qui accourent de nos jours vers son parti, sont de Maliens qui l’ont connu depuis belle lurette. Ces militants de la vingt-cinquième heure ont une âme fondant à l’allure du beurre au soleil. Leur ratissage au sein d’un micro parti, sans aucune histoire électorale propre, a bien une raison: se procurer d’un fonds de campagnes électorales auprès de ce parti qui vient juste de dépouiller le denier public. Ils sont bien malins ces transhumants qui se croirait saisonniers au ‘’Damanda’’.

Déjà, il faut les prendre à la langue lorsque ses répondeurs automatiques assimilent avec des loupes aux yeux, que le désaveu populaire face à celui qui emboîte le pas à Augustin Pinochet, à l’élection présidentielle de 2023. Mais, ce qu’ils ignorent est qu’en 2023 aussi, ce sont les mêmes Maliens du vendredi noir de ce mois d’avril 2019, qui voteront pour élire un Président. Et qu’entretemps, SBM qui défait ce qu’il peut se targuer d’avoir contribué à faire, n’aura point d’alliés.

Ladji Oumarou Maïga, enseignant à Kalaban Koro
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