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“De sable et de feu” Le nouveau film du cinéaste Souheil Ben Barka
Publié le samedi 14 septembre 2019  |  Aujourd`hui
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“De sable et de feu” est le nom du nouveau film du célèbre cinéaste Souheil Ben Barka qui a honoré le Mali avec la première projection de ce film au ciné-Babemba le dimanche 8 septembre 2019. En prélude à cette projection, le réalisateur et pionnier du cinéma (Commandeur de l’Ordre national du Mali) et son distributeur, Pap Koly Faye, étaient devant la presse le samedi 7 septembre 2019 à l’hôtel Sheraton pour se faire découvrir et parler de son film. C’était en présence de beaucoup de cinéastes maliens et du ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, venue apporter l’encouragement du gouvernement au cinéaste.

Le présentant, Souheil Ben Barka s’est dit 100 % Malien, 100 % Marocain. Car, selon lui, sang (100) + sang (100) est égal à sang (100) et non deux sangs (200). Il n’a pas oublié ses origines maliennes. Il est né à Tombouctou où il a grandi et fait ses études primaires. Il parle couramment les langues locales, notamment l’arabe et le songhaï. Il est venu à Bamako pour faire son lycée au Lycée Fougère (actuel Lycée Askia Mohamed) avant d’obtenir une bourse pour aller faire des études en Italie. “C’est pendant mes études que j’ai découvert un tournage de film. Je l’ai tellement trouvé intéressant que j’ai décidé de faire des études de cinéma à Rome. Durant mes vacances, je fréquentais l’Ocinam. Cela a été mes premiers contacts avec le cinéma. Et depuis lors, je n’ai pas arrêté avec le cinéma. J’ai fait un film sur les Dogons et un film sur Bamako. Les cameramen étaient des Yougoslaves et il n’y avait qu’une seule camera. Après mes études de cinéma à Rome, je n’ai pas arrêté de faire des films. C’est ainsi que le Roi du Maroc m’a demandé si je pouvais venir au Maroc pour aller m’occuper du centre de cinéma. C’est comme ça que je suis parti au Maroc”, a-t-il expliqué.

Né à Tombouctou au Mali, il y a 76 ans, Souheil Ben Barka fut directeur du Centre cinématographique marocain de 1986 à 2003. Il a fait des études au Maroc, puis en Italie, au Centro Sperimentale de Rome. Parmi ses réalisations, il y a “Les Tambours du feu ” déjà projeté au Mali le 15 décembre 2018 au Ciné-Magic Babemba de Bamako. Parmi ses œuvres, il y a également, entre autres, son premier long métrage “Les Mille et Une mains” en 1972 ; “La guerre du pétrole n’aura pas lieu” en 1975 ; “les Amants de Mogador” en 2002 ; “l’Ombre des pharaons ” en 1996 ; “les cavaliers de la gloire en 1990” ; “Ampé en 1982” ; “Noce de sang” en 1977. Il prépare actuellement un film sur le grand géographe du XVIe siècle “Léon l’Africain” et qui aura pour titre “Le chrétien de la Mecque”.

Il a confié qu’il a pu récupérer les archives cinématographiques du Mali (correspondant à1000 heures de projection de films) qui étaient gardées pendant 25 ans en Yougoslavie. Pour rapatrier ces archives au Maroc, les autorités yougoslaves lui ont demandé 80 000 dollars. C’est ainsi que le Roi du Maroc a payé 40 000 dollars et l’Unesco 40 000 dollars. Le transport des archives à coûté 4 000 dollars. Présentement, ces archives du cinéma malien se trouvent au Maroc. Souheil Ben Barka a promis de digitaliser durant 3 à 4 ans ces archives, avant de les remettre au Mali.

Sur le film, il dira que c’est une histoire d’amour entre un Officier espagnol et une aristocrate anglaise. Et cette histoire a bouleversé le Moyen-Orient. Et Souheil Ben Barka révélera qu’il a découvert cette histoire de 1840 par hasard. Pour le choix du Mali pour la première projection du film, il s’est demandé si le film “De sable et de feu” ne sera pas son dernier film à cause de son âge, 76 ans. C’est pour cette raison qu’il a décidé de dédier ce nouveau film au Mali qui est sa terre de naissance.

“Il n’y a pas de cinéma malien, marocain, mais un cinéma africain”

Jetant un regard sur le cinéma malien, il dira qu’il n’y a pas de cinéma malien ni de cinéma marocain. Il y a un cinéma africain. Car, argumente-t-il, “à part l’Afrique du Sud, tous les pays africains ont les mêmes problèmes qui sont la fermeture des salles de cinéma et les difficultés de production des films. La production d’un film coûte excessivement cher. Tous les pays africains ont le même dénominateur commun”, a-t-il indiqué. Il a confié qu’il a eu la chance d’étudier à Rome. Ce qui lui a ouvert des portes avec beaucoup de relations. Il était en contact direct avec le Roi du Maroc, ce qui lui a permis d’avoir des fonds de financement de ses films. Il a révélé qu’il avait 6 millions de dollars par an. Ce qui lui a permis de réaliser beaucoup de films. D’après lui, les gouvernants africains doivent savoir que le cinéma est la synthèse de toutes les cultures. “Je fais un film pour le public et non pas pour un festival. Si le public ne voit pas un film, le cinéaste n’a rien fait”, a-t-il fait savoir. Dans ses projets, il souhaite réaliser un film sur le Mali en collaboration avec ses collègues cinéastes maliens.

A rappeler que Souheil Ben Barka a été distingué le 15 décembre 2018 de la plus haute distinction du Mali, Commandeur de l’Ordre national du Mali par le président Ibrahim Boubacar Kéita, Grand Maître des Ordres nationaux.

Au nom du gouvernement du Mali, la ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a félicité et remercié Souheil Ben Barka pour ses productions cinématographiques et la projection du film au Mali.

Dans les témoignages, Salif Traoré, le président de l’Union nationale des cinéastes du Mali dira que son organisation est fière d’accueillir Souheil Ben Barka, un fils du Mali qui est engagé à mettre à l’abri les archives cinématographiques du Mali. Il a salué la projection et la sortie du film “De sable et de feu” au Mali.

Ce qui, à ses dires, est un signe de rapprochement du Mali et du Maroc pour le bonheur du cinéma malien. Souleymane Cissé a souhaité que le film soit largement diffusé au Mali.

Siaka DOUMBIA

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de sable et de feu” (le reve impossible !) du cinéaste Souheil Ben Barka

IBK à la première projection au Ciné-Magic

Le président de la République, Ibrahima Boubacar Kéïta, Coordonnateur de la culture, des arts et du patrimoine de l’Union africaine, accompagné de son épouse Aminata Maïga, présidente de l’ONG Agir, a assisté dans la soirée du 8 septembre 2019 au Ciné-Magic de Bamako à la première projection du film “De Sable et de Feu”. Ce film est l’œuvre de notre compatriote cinéaste et réalisateur célèbre, Souheil Ben Barka natif de Tombouctou.


IBK et Mme lors de la projection du film
De la pellicule chimique au cinéma numérique, Souheil Ben Barka, avec la maîtrise technique digne de la race des grands metteurs en scène, est un tout simplement un maestro.

A la fin de la projection qui a mobilisé de nombreux cinéphiles, tous nostalgiques et fiers de cette première projection africaine au Mali, IBK a déclaré : “Je suis certain que ce film fera date sans l’histoire du cinéma. Les thèmes qui sont traités sont des thèmes majeurs mais servis avec une telle maestria, une telle maîtrise technique, historique. Je voudrais simplement dire à Souheil Ben Barka toute notre estime, toute la reconnaissance de notre peuple, car l’on sent même dans le traitement du sujet combien notre actualité lui tient à cœur. C’est avec subtilité, avec intelligence mais avec quelle puissance ! Quelle force ! Mais j’insiste surtout sur la maîtrise technique ; il est de la race des grands metteurs en scènes”.

Depuis son élection à la magistrature suprême du Mali, IBK est engagé à faire renaître le cinéma en salles au Mali. En décembre 2018, IBK, Grand maître des Ordres nationaux, avait distingué Souheil Ben Barka de la plus haute distinction de notre pays, avec l’insigne de la médaille de Commandeur de l’Ordre national du Mali, pour son patriotisme et ses efforts dans le développement du cinéma au Mali, en Afrique et dans le monde.

“De Sable et de Feu” – (Le rêve impossible !), est un film d’aventures dans la tradition des épopées populaires. Il est une chevauchée fantastique où se mêlent le courage, l’amour, l’ambition et la tragédie. Mais le film aborde aussi des thèmes d’une actualité brûlante : guerres, barbarie, fanatisme religieux, remise en cause des valeurs occidentales considérées jusque-là comme le modèle universel… Grand film d’aventures, grand film historique, “De Sable et de Feu” – (Le rêve impossible !), est aussi un grand film d’aujourd’hui. Le film dure 1 h 15 minutes.
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