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Stabilisation du Sahel : Kidal le nœud gordien de l’expansion du terrorisme vers les pays côtiers
Publié le mercredi 9 octobre 2019  |  Le Matin
Kidal,
© Autre presse par Dr
Kidal, troisième grande ville du Nord du Mali
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Une quarantaine de militaires tués le 30 septembre 2019 dans l’attaque des camps de Boulkessy et Mondoro (à la frontière avec le Burkina). Sans compter la trentaine de soldats portés disparus et l’importance des dégâts matériels. Et quand on y ajoute les massacres de civils et de militaires en juillet et août 2019 dans «Le pays des Hommes Intègres», on peut craindre que le Sahel ne soit en train de basculer définitivement dans le terrorisme.
De sources sécuritaires concordantes, plusieurs groupes terroristes seraient à la manœuvre dans les récentes attaques au Mali et au Burkina Faso. «Les terroristes ont aussi leur G5-Sahel. Ansar Dine, Front du Macina, al-Mourabitoune, AQMI, Ansarul Islam, État islamique dans le Grand Sahara : ça fait un G5», ironise le chef d’un groupe d’anciens rebelles du nord-est du Mali cité par nos confrères de RFI.
Pour ce combattant, depuis la déroute de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dans l’est du Mali et de la Katiba Macina (affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM) au centre, les jihadistes se sont retranchés au Burkina Faso pour se recomposer. Des connexions ont même été établies entre eux pour marquer des coups d’éclat comme l’attaque de Mondoro et de Boulkessy le 30 septembre 2019.

Si certains observateurs avaient attribué ces meurtrières attaques aux armes lourdes aux terroristes burkinabè d’Ansarul Islam, des sources sécuritaires et politiques au Burkina pensent plutôt à une alliance des forces du Mali. «Les combattants d’Ansarul ne sont pas à la hauteur d’une attaque de ce genre. Mais, une collaboration avec le GSIM ou l’EIGS (car nous sommes dans leur zone d’action) est envisageable», a analysé un spécialiste burkinabé.

Depuis plusieurs mois en effet, indiquent des services de renseignements, le nord du Burkina fait l’objet d’assauts dont la logique semble se dessiner aux yeux des experts… Les attaques à un mois d’intervalle de Koutougou, au Burkina Faso, puis de Boulkessy, au Mali, ont ensuite libéré momentanément l’espace frontalier des forces militaires régulières.

La région du Sahel, au nord du Burkina, est un carrefour stratégique. Située à la frontière avec le Mali et le Niger, elle n’est séparée de la capitale Ouagadougou que de quelques centaines de kilomètres. Et, rappellent les mêmes sources, le Burkina constitue aujourd’hui le dernier verrou avant d’atteindre les pays côtiers comme le Togo et le Bénin, voire la Côte d’Ivoire. Un verrou qui apparaît aujourd’hui bien fragile aux yeux des partenaires européens et régionaux.

Mais, une lutte efficace contre le terrorisme au Sahel est utopique tant que Kidal restera un no man’s land aux mains des présumés anciens combattants des groupe armés qui, en réalité, ne sont que des suppôts du terrorisme.

Kidal, la base arrière du terrorisme pour déstabiliser le Mali et le Niger

Kidal est un nœud gordien de l’expansion terroriste. Et, pour le prouver, on ne peut avoir meilleure analyse que celle du président de la République du Niger, Mahamadou Issoufou. «Je maintiens ce que j’avais dit. Le statut de Kidal est une menace pour la sécurité intérieure du Niger. Et en plus, nous constatons, avec beaucoup de regrets, qu’il y a des mouvements signataires des accords de paix d’Alger qui ont une position ambiguë et qu’il y a des mouvements signataires des accords de paix d’Alger qui sont de connivence avec les terroristes. Nous ne pouvons plus l’admettre. Cette situation doit être dénoncée», avait-il dénoncé le 7 septembre dernier au terme de sa visite d’amitié et de travail au Mali.

A la tribune de la 74e Assemblée générale des Nations unies à New York -aux Etats-Unis), le président de République du Niger ne s’est pas une fois de plus embarrassé de langage diplomatique pour dénoncer le statut actuel de Kidal qui bénéficie de la complaisance de la France, donc de la communauté internationale.

«Le statut actuel de Kidal est non seulement une menace pour le Niger mais aussi pour toute la sous-région. Mais c’est surtout une menace pour la population innocente de Kidal elle-même… Il n’est pas acceptable qu’à quelques Km de nos frontières, une ville devienne le vivier d’hommes à multiples têtes, anges le matin et démons le soir, commanditant des attaques et endeuillant nos familles», a déploré Mahamadou Issoufou.

Pour le président du Niger, «le Mali doit recouvrer sa souveraineté sur cette région. Ce n’est pas une ingérence mais une question de sécurité pour le Niger» ! C’est en tout cas l’une des conditions sine qua non pour isoler les réseaux et les alliances terroristes en les privant de territoire pour se rencontrer et planifier leurs desseins ; pour les priver des ressources tirées du trafic de drogues et d’armes. «Exercer la souveraineté de l’État sur Kidal n’est pas une question négociable», a aussi réagi le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, interrogé sur la question en septembre dernier par Jeune Afrique.

Mais, cela (ramener Kidal dans le giron malien) ne se fera pas par les discours, mais par une vigoureuse campagne diplomatique comme celle engagée par le Niger de Mahamadou Issoufou pour contraindre les leaders de la CMA à fumer sincèrement le calumet de la paix, donc en se dissociant des terroristes du HCUA.

A défaut, il faut une action militaire d’envergure pour laquelle il ne faut compter ni sur la France ni sur la Mauritanie. Mais, nous sommes convaincus que notre pays ne pourra pas faire l’économie d’une guerre pour établir définitivement sa souveraineté dans l’Adrar des Ifogas.

Dan Fodio



POUR ACTES TERRORISTES



La tête d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui mise à prix par Washington



Le département d’Etat américain a annoncé vendredi dernier (4 septembre 2019) une offre de récompense pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars (environ 2 987 050 000 F Cfa) pour des informations permettant d’identifier ou de localiser Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien membre du polisario devenu dirigeant de l’organisation terroriste État islamique dans le Grand Sahara (EI-GS).

Le groupe EI-GS a revendiqué la responsabilité de l’embuscade, en octobre 2017, d’une patrouille conjointe américano-nigérienne près du village de Tongo Tongo, au Niger, qui a entraîné la mort de quatre soldats américains, rappelle la diplomatie américaine dans un communiqué.

Le Programme Rewards for Justice du département d’Etat offre également une récompense allant jusqu’à 5 millions de dollars (environ 2 987 050 000 F Cfa) pour des informations menant à l’arrestation ou à la condamnation, dans tout pays, de toute personne qui aurait commis, conspiré pour commettre, aidé ou encouragé à la commission de cette embuscade, ajoute la même source.

Le groupe EI-GS est déjà désigné dans la liste noire du département d’Etat comme organisation terroriste étrangère, et son dirigeant, Abou Walid, a été placé sur la liste des terroristes mondiaux spécialement désignés.

Ancien membre de la soi-disant «Armée populaire de libération sahraouie» relevant du polisario, Abou Walid a rejoint ensuite le groupe jihadiste «Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO), dont il fut le porte-parole, durant la guerre au Mali.

Environ deux ans après la fusion du Mujao et des Signataires du Sang, de Mokhtar Belmokhtar pour former le groupe Al-Mourabitoune, Abou Walid annonce, en mai 2015, que sa faction avait prêté allégeance à Daech et la rebaptise «État islamique dans le Grand Sahara».

Cissé
Source: Le Matin
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