Dure, rustique, rugueuse, abrasive. Ce sont les premiers mots qui viennent à la bouche du colonel Frédéric Barbry pour définir la mission que 200 de ses hommes et lui viennent d’effectuer au Mali. Le chef du 1er RHC et sa troupe ont reposé le pied à Phalsbourg, où la température ne les a guère plus émus que cela : « Nous avons travaillé par 40-48° à l’abri. Dans les cockpits des aéronefs, le thermomètre montait jusqu’à 60° au moment du décollage , » a-t-il ajouté, « l’environnement était extrêmement éprouvant pour les soldats et les machines, confrontés quotidiennement à la chaleur, aux tempêtes de sable, aux orages et aux tornades. » Serval a laissé des traces : « Le sable malien est si farineux qu’il s’infiltrait partout, même dans ce qui était étanche. »
Relevant le 5e RHC, le 1er RHC a pris ses quartiers sur l’aéroport de Gao le 7 avril dernier. Le colonel Barbry commandait le mandat 2 du GAM (groupement aéromobile) Hombori – du nom du point culminant du Mali – composé de 250 personnels, chargé de la mise en œuvre d’une quinzaine d’hélicoptères et d’un avion Pilatus. Sur place, les spécialistes de l’Alat (Aviation légère de l’armée de terre) ont poursuivi les actions liées à la reconquête du territoire, tout en continuant la lutte contre les terroristes.
Cela s’est traduit par une vingtaine d’opérations d’appui de l’infanterie au sol, de reconnaissance et d’héliportages, d’escortes, de fouilles, ainsi que des évacuations sanitaires. « Nous avons obtenu des résultats significatifs, en découvrant notamment des caches d’armes avec les fantassins », résume le colonel Barbry. Sur le plan humain, le Mali restera aussi une expérience très enrichissante pour le chef.
Il y a quelques jours, c’est un autre Lorrain, le colonel David Cruzille, chef de corps du 3e RHC stationné à Etain, qui lui a succédé à la tête du GAM.