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Le président du PPC et du MC-ATT, JeamilleBittar « Le consensus reste la seule voie royale de sortie de crise »
Publié le lundi 9 decembre 2019  |  Mali-Horizon
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© aBamako.com par Dia
Formation: 5ème Edition du Salon International de l`Emploi et de la Formation (SIEFOR)
Bamako, du 23 au 26 octobre 2013 . Sous le haut parrainage du ministre de l`emploi et de la Formation professionnelle,Mahamane BABY, la 5ème Edition du Salon International de l`Emploi et de la Formation (SIEFOR) a ouvert ses portes ce mercredi, au centre International de conference de Bamako (CICB). Photo: Jeamille Bittar, président du conseil Economique, social et culturel du Mali
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Jeune leader charismatique, président du parti Mouvement citoyen pour l’Alternance,le travail et la transparence (MC-ATT) et du regroupement Pôle politique du consensus (PPC), JeamilleBittar estime, dans cette interview exclusive, que le Mali doit adopter un mode de gouvernance concertée, comme cela a commencé avec l’Accord politique de gouvernance. Il a fait de pertinentes propositions sur les thématiques du prochain dialogue national inclusif. Interview.

MALI-HORIZON : Actualité oblige, vous venez d’être promu Commandeur de l’Ordre national du Mali par un décret présidentiel du 28 novembre 2019. Quels sentiments vous animent comme entrée en matière de cette interview ?

Jeamille Bittar :Un sentiment de fierté et surtout de reconnaissance. C’est toujours un honneur et un devoir de servir son pays. Le plus important comme le disait l’autre ce n’est pas ce que vous recevez mais surtout ce que vous donnez et j’implore le Tout-Puissant pour qu’il me donne encore la force requise pour davantage mieux servir mon pays, le Mali qui m’a tout donné. Je profite de l’occasion pour remercier toutes celles et tous ceux qui partagent ce moment de joie avec mois. Merci à toutes et à tous !

Le dialogue national inclusif s’ouvre le 14 décembre prochain. Quelssont, selon vous, les enjeux de cette rencontre pour le peuple malien?

Nous au PPC, nous identifions au moins 5 enjeux majeurs pour la tenue de ces assises de haute importance.

Il s’agit d’abord d’avoir des retrouvailles entre Maliens, loin de toute interférence des potentiels amis ou partenaires du pays.

Ce forum sera ensuite un cadre pour réapprendre à se parler après plusieurs années d’épreuves et de souffrances communes, de divergences et antagonismes stériles. C’est aussi l’opportunité de sa voir que c’est ensemble que nous allons diagnostiquer le mal malien dans sa profondeur. Le quatrième enjeu c’est de proposer des pistes de solutions de sortie de crise assorties d’un agenda ou d’un chronogramme d’exécutions. Et le cinquième enjeu c’est restaurerla confiance entre les Maliens

Les thématiques essentielles de ce forum portent sur la gouvernance, la question sécuritaires et la lutte contre le terrorisme, les réformes politiques, la lutte contre la corruption,etc. Pouvez-vous nous résumer vos propositions sur ces points ?

Nous avons développé nos contributions en divers points sur les thématiques prises une à une. Et nos idées seront détaillées lors des travaux de ce forum. Je peux néanmoins résumer brièvement nos propositions comme avant-goût de ces assises que nous souhaitons paisibles et d’intérêt salutaire pour notre chère patrie, le Mali.
Concernant lasécurité et la lutte contre le terrorisme, il faut procéder, à notre avis, à une relecture de tous les accords de défense ou les accords de partenariats militaires et sécuritaires que le Mali aurait signés avec d’autres pays ou d’autres puissances. Il faut donc adapter ces textes aux réalités du moment pour faire face à l’insécurité et aux menaces que nous subissons tous les jours.

Au besoin, nous devons avoir une seule puissance militaire dotée des capacités que nous souhaitons aujourd’hui, comme allié stratégique.

Deuxième élément, c’est le mode de recrutement des agents de sécurité et des forces armées. Il doit être revu tout en privilégiant la qualité et non la quantité des recrues. Et les 703 communes du Mali devraient être impliquées pour avoir une armée nationale avec un ressort véritablement national. Il ne faut pas privilégier les recrutements au niveau des grandes villes uniquement et ne pas favoriser les recrutements sur recommandations… Notre Armée, notre fierté ne devrait pas être le dépôt pour les enfants ayant juste échoué dans la vie.Il s’agit donc de récompenser le mérite et encourager la bravoure.

Un autre aspect est de continuer à équiperl’Armée avec des équipements adaptés pour donner les réponses nécessaires à l’invasion actuelle du pays.

En outre, la chaîne de commandement doit être revue pour avoir une efficacité dans l’opérationnalisation des stratégies de défense du pays.

A propos de la lutte contre la corruption, nous pensons qu’il faut réformer les structures en charge du contrôle et de la vérification. Ne dit-on pas souvent que « mieux vaut prévenir que de guérir » ? Il faut donc privilégier la prévention en mettant sur pied des mécanismes appropriés pour éviter des chevauchements.

Le recrutement et la formation des agents de ces structures de contrôle et de vérification sont indispensables. Sans oublier qu’il faut éviter les grandes annonces dans les médias, qui sont de nature à jeter un grand discrédit sur notre pays.

Il faut, en particulier, privilégier les moyens de recouvrements d’éventuels fonds détournés et donner les moyens à la justice de faire son travail. Il urge aussi de protéger ceux qui font les dénonciations d’abus ou de détournements et même, si possible, leur accorder une certaine rémunération.

Sur le point des réformes politiques et institutionnelles, nous pensons que notre démocratie, telle que conçue avec le pluralisme intégral, a montré ses limites : trop de partis politiques, trop d’associations, trop d’ONG…

Nous devons procéder au renouvellement des récépissés et favoriser le regroupement d’entités afin d’avoir de vrais interlocuteurs aptes pour la formation et l’éveil des consciences au niveau de nos populations.

Par ailleurs, il faut faire la différence entre société civile et acteurs politiques. Le droit de vote est un droit universel, il faudrait privilégier l’inscription volontaire sur les listes électorales, pour éviter le scénario actuel des trop faibles taux de participation et nous devons aussi aider à lutter contre la fraude dans notre système électoral.

Par ailleurs, notre pays doit faire un effort pour réduire la taille du gouvernement afin de limiter les dépenses administratives, sans oublier de procéder au recensement de tous les textes, département par département, pour éviter les conflits de compétence entre directions et apporter plus de fluidité aux usagers.

Un autre point serait l’évaluation des ministres et des directeurs, par semestre par exemple, pour privilégier les résultats et éviter l’aisance et les récompenses électoralistes ou de copinage, comme on en voit souvent.

Qu’entrevoyez-vous par rapport à la gestion du pays à l’issue de ce dialogue ?

Au PPC, nous pensons qu’à l’issue du dialogue national inclusif, il faut mettre en place une gestion concertée du pouvoir, avec la participation de tous, où aucune force ne pourrait être stigmatisée. Tous les Maliens autour de la même table.

Votre regroupement est-il aujourd’hui prêt à entrer dans un gouvernement pouvant aider à sortir le pays de la crise ?

Oui, nous sommes signataires de l’Accord politique de gouvernance. Si les résolutions du dialogue sont assorties d’un agenda d’exécution digne de ce nom, nous estimons que c’est au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, de procéder au choix de l’équipe en charge de sa mise en œuvre.

Quelles propositions avez-vous à faire par rapport à ce nouveau gouvernement ?

La taille de cette équipe devrait être réduite. Par exemple 25 départements ministériels au plus. Et les ministres devront avoir de l’expérience et de l’expertise chacun ou chacune, dans le domaine qui lui serait confié et surtout être représentatif et jouir d’une bonne moralité.Il doit donc s’agir d’un vrai gouvernement d’union nationale

Quelles conclusions avez-vous ou quel appel avez-vous à lancer au peuple malien dans la perspective de la sortie de crise ?

Notre orgueil et notre dignité de Maliens puisent leur origine dans la sagesse culturelle qui nous a valu d’avoir eu à élaborer notre Constitution de base bien avant l’éveil du monde dit civilisé. Ceci nous commande d’opérer notre retour à nos vraies valeurs. Acceptons, opposition, majorité, centre, Maliens tout court de retourner sous l’arbre à palabre pour l’essentiel, pour le Mali.Nous n’en retirerons que du bien. N’en déplaise aux sceptiques, le Mali ne coulera pas. Ceux qui entretiennent l’illusion d’un pays en feu et en sang et qui espèrent, en cherchant sous la cendre, trouver des subterfuges leur permettant d’accéder au pouvoir, se trompent lourdement. Les patriotes veillent ! Retrouvons ce qui nous unit.

Ce que la main de l’Homme a perpétré, n’est-ce pas à l’Homme de lui trouver une solution ? En d’autres termes, puisque notre mal est le fruit des erreurs cumulées de gouvernance, de nos alliances mal élaborées, ainsi que de la corruption généralisée, confortablement soutenue par une impunité quasi-totale, puisque le ver est dans le fruit et qu’il a pour noms : corruption, mal gouvernance, insécurité récurrente, crise scolaire, chômage… Puisque malgré l’épaisseur avérée des défis, il demeure constant que nous n’ayons qu’un seul et unique Mali, alors au lieu de nous astreindre à jeter le bébé avec l’eau du bain, la sagesse populaire nous enseigne que « le linge sale se lave en famille ». Loin de nous targuer d’avoir l’exclusivité des réponses, les battements patriotiques qui animent notre cœur de Malien commandent à notre esprit et à nos bras de se mettre entièrement au service de la nation par des actes de haute portée morale qui, nous en sommes convaincus, en réveilleront plus d’un et les amèneront à rejoindrele camp des patriotes qui, de toute évidence, ne sauraient baisser les bras et assister avec complaisance à l’exacerbation de nos problèmes.

Le consensus reste la seule voie royale de sortie de crise.

Entretien réalisé par Bruno D SEGBEDJI
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