Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Editorial
Article
Editorial

Edito : Non, nous ne sommes pas des anti-français !
Publié le mercredi 11 decembre 2019  |  Le Démocrate
Rassemblement
© aBamako.com par Momo
Rassemblement de l`Imam Mahamoud Dicko
Bamako, le L`imam Mahamoud Dicko a rassemble des dizaine milliers de personnes pour dire non aux massacre contre les civils
Comment


Par la faute de nos élites politiques issues du mouvement dit ‘’démocratique’’, nous avons la corde au cou, tirée par la France, les chaînes aux pieds, tenues par la communauté dite internationale dont les intérêts se confondent avec ceux de la France. C’est pourquoi le président de la République de France Emmanuel Macron se croit tout permis, y compris intimer l’ordre aux dirigeants de pays qui s’estiment souverains à venir clarifier leur position chez lui, à Pau. C’est le comble de l’humiliation à l’égard de ces dirigeants, surtout celui du Mali après le dédain manifesté à son égard lors de la cérémonie d’hommage (02 décembre 2019) des 13 soldats de Barkhane tués au Mali. Par cette convocation, le président des Français espère redorer son blason en se présentant à ses adversaires russes et chinois comme le chef suprême des armées des pays du G5-Sahel.

43 ans pour conquérir le Soudan et 18 ans pour le pacifier, soit 61 ans au total pour parvenir à ses fins. Voilà l’immense effort fourni par la France. Le Mali en tant que pays souverain n’a vécu que pendant 8 ans seulement. De 1968 à nos jours, la France ne fait que renforcer sa présence militaire et économique chez nous. Si nous ne nous battons pas intelligemment, courageusement et avec constance, nos enfants et nos petits-enfants hériteront de nous un pays 100% recolonisé dont les ressources stratégiques profiteront uniquement aux enfants d’autrui. Les résistants soudanais n’ont jamais démérité en terme de courage, ni d’intelligence. Ce qui leur a manqué et qui, malheureusement, nous manque encore aujourd’hui c’est la conscience de l’impérieuse nécessité de s’unir face à un adversaire commun. Le peuple souverain du Mali est conscient et disponible pour libérer le Nord et le Centre du pays de la présence des bandits narcotrafiquants, mais ce qui lui manque, c’est l’apport des intellectuels, des cadres politiques et administratifs, des militaires hauts gradés et des hommes de culture en termes d’organisation, d’éducation et de mobilisation dans son combat multidimensionnel contre les ennemis internes d’une part et les forces impérialistes de recolonisation politique et économique d’autre part.

En effet, ce sont nos dirigeants, tournés vers eux-mêmes et sans souffle vivifiant, qui permettent aux ennemis extérieurs de transformer les fissures de notre société en brèches pour entrer et prendre la forteresse Mali. Le mal malien est d’abord interne à notre pays. Ce mal s’appelle inconscience et inconsistance patriotiques. Si notre peuple est organisé et mobilisé sur sa devise « Un Peuple-Un But-Une Foi », les puissances extérieures renonceront à leur projet de partition du pays. Hélas ! Nous avons encore du chemin à parcourir car, il existe beaucoup d’opérateurs économiques, de cadres politiques et de hauts gradés de l’armée qui ont des intérêts économiques ou financiers privés dans le chaos actuel et qui feront tout pour saper le moral de nos militaires et des citoyens patriotes engagés pour le sauvetage du bateau Mali. Croyez-moi, les ennemis internes seront bientôt démasqués et le peuple reprendra le contrôle normal de son destin en acceptant d’affronter l’ennemi. Il en va de notre survie !

Emmanuel Macron a été formé avec l’argent du contribuable français et ce sont eux qui l’ont élu président de la République. Nous ne pouvons pas lui en vouloir de défendre les intérêts diplomatiques, économiques et financiers de son pays alors que nous sommes incapables de nous unir pour défendre les nôtres. Le remède au mal malien est que nos dirigeants, s’ils aiment le Mali, aient d’abord l’intelligence, la volonté politique et l’habileté nécessaires pour parvenir à un accord ‘’Gagnant-Gagnant’’ avec une puissance étrangère (Israël, Russie ou Chine) qui préserve l’honneur, la dignité et les intérêts supérieurs de notre peuple. Le temps du paternalisme est révolu et les dirigeants français n’ont aucun intérêt à négliger les aspirations profondes du peuple malien ou à envisager la violence comme seule alternative. Ils auront plus à perdre qu’à gagner en voulant museler le peuple meurtri et en faisant usage de la force. Après 164 ans d’histoire commune, le peuple malien est loin d’être antifrançais, mais il reste fidèle à ses valeurs d’honneur et de dignité. Les Français sont suffisamment intelligents pour faire le bon choix face à des interlocuteurs maliens valables.

La Rédaction
Commentaires