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Entre-nous: Un départ non préparé des forces internationales est plus que suicidaire
Publié le lundi 13 janvier 2020  |  Mali Demain
Décoration
© aBamako.com par A S
Décoration des militaires de la force Serval
Bamako, le 06 juin 2013 à Koulouba. Le ministre de la défense et des anciens combattants, le général Yamoussa Camara a décoré les militaires de la force Serval
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Tout d’abord, je m’incline devant les dépouilles des civils et militaires maliens et étrangers tombés sur notre sol. Aussi, je tiens à féliciter tous nos compatriotes épris, de paix, de justice et de cohésion sociale pour le noble combat pour le recouvrement de notre intégrité territoriale bafouée par une politique, de deux poids, deux mesures que j’ai toujours dénoncées dans ces mêmes colonnes depuis plus de deux décennies aujourd’hui ainsi que bien d’autres compatriotes.





Comme vous le savez, loin de moi de parler de moi-même, ce qui n’est pas habituel, mais je tiens à attirer l’attention de tous nos compatriotes sur les grands dangers qui guettent notre chère patrie depuis l’avènement de ce que vous appelez « démocratie » chèrement acquise après un prix fort et surtout, des forces internationales (MINUSMA et BARKHANE).


Comme bien d‘entre vous le savent, habitués à lire ce canard, je suis un journaliste de terrain. Loin de moi, la prétention de faire l’avocat de qui que ce soit, j’avoue que la situation du pays est très préoccupante, voire grave. Pour rappel, après Bandiagara, Tombouctou lors du lancement des activités du mouvement « Maliens Tout Court », je viens de participer récemment au forum du MAA à Tabankort malgré le contexte sécuritaire très difficile, mais qui m’a vu traverser le Niger via Niamey, le Burkina Faso via Ouagadougou, Koury et Bamako, après le congrès du GATIA à Adielhoc, rien que ces deux récents évènements, j’ai compris l’état de déliquescence de notre pays : – absence de contrôle de Bamako sur les régions du nord, puis pratiquement du centre, où j’ai effectué il y a quelques semaines un voyage à Ségou, Markala, Niono, Bla, San, Tominian, Mandiakui, Koutiala, Koury, Sikasso, la situation de nos compatriotes, dans certains endroits est très séreuse puisqu’en proie à une insécurité grandissante malgré les thérapies de choc entreprises par les autorités. Ces différents reportages m’ont permis en tant reporter de toucher du doigt l’affaissement du pays malgré les efforts menés çà et là.

Pire, ces différents reportages m’ont permis de comprendre- primo, l’importance de la MINUSMA à travers ses vols gratuits pour les civils et les militaires car, ils permettent de relier Bamako aux capitales régionales tant du nord, que du centre du Mali puisque le gouvernement n’a pas encore crée une compagnie nationale devant faire ce travail capital. Aussi, les emplois crés par cette mission onusienne qui aide le gouvernement dans ses politiques de création d‘emplois.

De nos jours, si la MINUSMA quittait dans ces conditions d’insécurité avérée, nous risquons d’assister à un déferlement de combattants djihadistes, de nos jours faut-il le rappeler, ont le vent en poupe et qui parviendront à couper les villes du nord et du centre de la capitale Bamako quand on sait que notre armée n’a pas tous les moyens nécessaires devant lui permettre d’assurer sa mission régalienne d’Etat. En demandant de cette façon le départ de la MINUSMA dans ces conditions, avons-nous des solutions pour parer à toutes les éventualités?

Je pense que non !

Je pense plutôt, que nous devons demander d’abord le renforcement du mandat de la MINUSMA afin qu’elle appuie les FAMAS, en attendant de voir, ce que cela va donner.

Aussi, il faut savoir que notre situation ne se règlera pas avec la passion mais plutôt avec patience et surtout par des actes. Les discours politiques ne règleront rien car, le peuple n’en peut plus et n’en veut plus!

Quant à la force Barkhane, elle est régie par un accord de défense signé entre Bamako et Paris. A mon humble avis, nous devons demander à nos autorités de revoir des termes de cet accord dont les maliens n’ont pas à suffisance la connaissance du contenu car, le citoyen a compris que depuis l’installation des bases militaires françaises à Tessalit et à Gossi, l’insécurité tant au nord, qu’au centre, s’est aggravée à telle enseigne que nos compatriotes se demandent à quoi sert cette présence militaire française?

Sur ce point, les autorités se doivent d’expliquer aux citoyens les actions de cette force Barkhane, même si ce sera hebdomadairement.

Et lorsque le Domingo National, Salif Kéïta, dénonçait l’attitude de Barkhane au Mali qui a suscité un vrai tollé tant au Mali, qu’en France, depuis lors, la révision de cet accord de défense refusé par les présidents Modibo Kéîta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, ATT, s’impose.

Aussi, il faut que nous sachions, que notre crise ne saurait trouver une solution définitive, sans une volonté sincère et un engagement réel de Paris car notre malheur, si je peux le dire ainsi, a débuté depuis que nos autorités (Transition) ont demandé l’envoi des troupes de la CEDEAO sur notre sol pourtant décriée même par le général Amadou Aya Sanogo en son temps et certains hommes politiques dont Dr Oumar Mariko ainsi que des associations de la société civile, qui n’ont pas été écoutés, la descente dans cette zone rouge venait d’être entamée. Et elle s’aggravait de jour en jour à chaque fois que le mandat de la MINUSMA était renouvelé.

Selon moi, la priorité au Mali, c’est de former, d’équiper les FAMAS ; enrôler la plupart des jeunes en âge d’intégrer les forces de défense et de sécurité pour libérer notre chère patrie « qui est victime d’un complot de la part d’un petit cercle qui ne jure que de servir les intérêts de leurs mentors au détriment de l’intérêt supérieur de la nation malienne. C’est cet état de fait que la jeunesse consciente malienne dénonce », me confie un jeune leader de la société civile. Donc, les Présidents IBK et Macron sont interpelés pour éviter une situation de non-retour car, le peuple malien a tout compris et annonce déjà la couleur.

Et si rien n’est fait pour tenir compte du cri du cœur du peuple, le Mali risque d’ouvrir une nouvelle page des relations franco-africaines par des contestations sur la présence militaire française chez nous qui risque de faire des émules sur le reste du continent africain.

En attendant que cela ne se produise, nous devons nous battre avec tact et intelligence, à l’unissons en évitant de tomber dans certaines erreurs.

Pour le moment, nous devons travailler étape par étape en attendant d’avoir une armée à hauteur de souhait pour déclencher la vraie lutte d’indépendance du Mali comme les algériens l’ont fait en son temps.

Cela demandera du temps, certes mais impossible, n’est pas malien comme vous le savez tous ! En attendant, nous devons revoir nos ambitions à la baisse ! C’est le reporter qui vous parle !

Je vous prie de bien vouloir faire un tour à l’intérieur du pays, pour vous rendre compte de la vraie réalité, surtout ce qu’endurent nos compatriotes, nos militaires et les représentants de l’Etat qui sont obligés de se réfugier dans les grands centres urbains pour leur sécurité.

En attendant, je poursuivrais autant que possible, mes reportages pour apporter ma modeste contribution pour la paix et la cohésion sociale, car je me rends compte que beaucoup d’entre vous qui dénoncent la situation du pays, appellent même souvent à la violence, sans avoir mis les pieds à l’intérieur du pays, notamment dans certaines capitales régionales ou villes du nord et du centre comme à Fafa, Adielhoc, Tabankort, Bandiagara, Niono, Labézanga, Tombouctou, Bourem, Gao, Kidal, Mopti, San, Tomian, Hombori, Konna, Almoustrat, Tarkint, pour se rendre compte de ce qu’endurent nos compatriotes et les conditions dans lesquelles nos militaires se battent, travaillent , ne mesurent pas les gravité de la situation et les dangers encourus par un départ précipité de ces forces internationales. J’avoue que j’en ai vues et beaucoup d‘ailleurs et ces situations à mon humble avis nous obligent à savoir raison garder tout comme, nous exigent à réfléchir murement avant de poser tout acte qui risque de faire tout sauter car le Mali dans son ensemble est un pays miné.

Donc, Ensemble, nous vaincrons !

Diviser, nous faisons le jeu de l’ennemi car, le Mali est sous tutelle onusienne et qui fait l’objet de grandes convoitises internationales inavouées !

Aujourd’hui, exiger un départ non préparé des forces internationales (Barkhane et MINUSMA), est plus que suicidaire.

C’est aussi, minimiser toutes les conséquences que cela va engendrer pour le Mali et toute la bande sahélo-saharienne.

Bokari Dicko

Source: Mali Demain
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