Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Analyse: Devrions-nous en vouloir aux enseignants grévistes du Mali ?
Publié le lundi 20 janvier 2020  |  croissanceafrique.com
Cérémonie
© aBamako.com par AS
Cérémonie d`ouverture de la Journée Minière et Pétrolière du Mali
Le Premier Ministre Dr Boubou Cissé a présidé le 12 Novembre 2019, la Cérémonie d`ouverture de la Journée Minière et Pétrolière du Mali.
Comment


La République du Mali est le pays de la sous-région francophone où les salaires des fonctionnaires sont restés parmi les plus bas.

Nos fonctionnaires ont accepté ce niveau de salaire pendant plusieurs décennies au nom du nécessaire sacrifice à consentir pour la construction nationale tant les défis étaient énormes et le sentiment nationaliste était très aiguë. En effet, l’option socialiste des premières années de notre indépendance, les dévalutions successives du franc CFA qui sont intervenues par la suite et l’imposition des programmes d’ajustement structurels par les institutions de la Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) exigeaient de la part de tout un chacun un énorme sacrifice pour le Mali. Ce sacrifice se comprenait, tant que l’exemple venait d’en haut. Malheureusement, en cette période de guerre, le train de vie du chef de l’État, de sa famille et de ses gouvernements successifs a amené les fonctionnaires de ce pays à réaliser qu’ils ne doivent plus sursoir à leurs revendications corporatistes face à des dirigeants qui n’ont d’autres soucis que leur propre confort et leur propre sécurité. Ces immeubles et autres voitures de luxe qui circulent à Bamako ont aiguisé les appétits de tout le monde. Pourquoi faudrait-il continuer à se sacrifier pour le pays quand ceux qui auraient dû donner l’exemple ne se privent de rien ? Les syndicats des différentes corporations en arrivent à la conclusion que les caisses de l’État ne sont pas vides mais qu’ils sont tout simplement victimes de la mauvaise gestion et de la mauvaise répartition des revenus entre les fils d’un même pays. Ainsi, chacune des corporations de l’administration publique, en fonction de la clairvoyance et de la détermination des leaders syndicalistes, s’est mise à réclamer des augmentations de salaire et d’amélioration de conditions de travail les unes à la suite des autres.
En partie, voilà ce qui explique la multiplication et la longue durée des grèves dans l’administration publique (magistrats, enseignants, médecins, etc. ). Pour que la donne change il faut que l’exemple vienne d’en haut. Tant que des scandales financiers continueront à défrayer les chroniques dans ce pays, les revendications corporatistes iront crescendo. Il n’y a pas deux types de maliens comme le stipule notre devise: Un Peuple – Un But – Une Foi…

Smbou Sissoko
Commentaires