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Crise de l’Ecole : La menace n’est pas la solution !
Publié le mercredi 22 janvier 2020  |  Le Pays
Cérémonie
© aBamako.com par AS
Cérémonie de lancement du Calendrier d`Emission de Titres publics 2019
Bamako, le 19 février 2019 à l`hôtel Sheraton. La Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique a procédé au lancement du calendrier d`Emission de Titres publics 2019. Photo: Boubou Cissé
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Ça chauffe encore entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, notamment les syndicats de l’Education signataires du 15 octobre 2016, suite à un échec de plus des négociations entre les deux parties. Et depuis hier, la grève de 336 heures, soit 14 jours d’affilé, programmée par les enseignants est effective sur l’ensemble du pays. A l’intransigeance des syndicalistes, le gouvernement, apparemment à bout de souffle sur la question, oppose désormais menace et intimidation !
En cause, la non-application de l’article 39 de la Loi portant statut du personnel enseignant qui stipule que « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement fondamental, secondaire, de l’éducation préscolaire et spéciale ». Une revendication qui fait suite à la majoration de 20 % octroyée aux fonctionnaires régis par le statut général et autres contractuels de l’Etat.
Tout étant question de droit, peut-on vraiment en vouloir aux enseignants, les autres fonctionnaires ayant bénéficié de l’augmentation dont il est question ? N’est-ce pas que c’est bien un engagement auquel le gouvernement a souscrit ? Dès lors, comment peut-on exiger aux enseignants de faire face à leur devoir, quand on n’est pas soi-même capable de faire face à ses devoirs ? C’est là tout le paradoxe qui confond le gouvernement de Dr Boubou Cissé et qui légitime l’action des enseignants au sein de l’opinion !
L’Etat malien, au lieu donc de s’assumer, tente de passer par une rhétorique qui ne tient pas tellement, arguant que l’application de l’article 39 du statut de l’enseignant engendre une incidence financière de plus de 20 milliards de FCFA. C’est vrai que 20 milliards, c’est trop, mais pas assez pour les enseignants qui sont loin d’être des citoyens de seconde zone, et pas assez pour la restauration de la crédibilité de l’Etat du Mali, qui passe désormais pour être un Etat qui ne respecte ses engagements !
Plus grave, le gouvernement tombe même dans la banalité en brandissant plutôt la menace qui, il faut le dire tout de suite, n’est pas une solution. En effet, le « si les enseignants refusent la conciliation l’Etat assumera ses responsabilités pour que les enfants aillent à l’école, en recrutant 15.000 volontaires sortants de l’IFM pour suppléer enseignants grévistes » qui est attribué au Premier ministre Boubou Cissé ne sied pas à un gouvernement responsable. Aussi, de quelles responsabilités parle donc le chef du gouvernement dès lors que l’article 39 n’est pas une invention des enseignants ?
Un gouvernement responsable cherche des compromis, mais ne va jamais en guerre contre ses mandants, ou une partie de ses mandants. Si tant est qu’il faut accorder du crédit à ces propos du Président IBK « Notre volonté n’est pas du tout à mettre en cause, les enseignants le savent et nous sommes nous-mêmes enseignants, nous savons quel sacrifice fait ce corps pour que les enfants du Mali soient qualifiés », que le gouvernement arrête donc de tergiverser et travaille à trouver un compromis !
La solution envisagée par le gouvernement n’est pas pérenne, et elle risque d’avoir des effets boomerang pour lui, si les citoyens, majoritairement parents de ces millions d’élèves qui vont à l’école publique, venaient à prendre fait et cause pour les enseignants !
Seydou DIALLO 
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