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Loi interdisant la prise en charge des cas de viols, de coups et blessures par les agents de santé : Véritable incompréhension entre les victimes et les médecins
Publié le lundi 27 janvier 2020  |  Le Sursaut
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agent de santé. Depuis un certain temps une loi interdisant la prise en charge des cas de viols, de coups et blessures sans une réquisition de la police ou de la gendarmerie par les agents de santé a été votée par l’Assemblée. Cependant la méconnaissance de de cette loi constitue une véritable incompréhension pour ne pas dire conflit entre les personnels de santé et les victimes ou leurs accompagnants.

Rapproché pour chercher plus de détail par rapport à cette loi, Boubacar Kané, médecin chef au centre de santé communautaire de Hamdallaye, dira que la prise en charge des blessés relève une particularité, surtout quand il s’agit des accidents de la circulation routière, qui ne sont pas des blessures provoquées.

« Quelque soient ces cas-là (cas d’agressions, de coups de blessures, des cas de viol), quand ils viennent à l’hôpital pour le traitement, il faudra toujours venir avec une déclaration de la police ou de la gendarmerie sinon on ne va pas faire la prise en charge. Quand ils viennent sans réquisition le médecin a le droit de ne pas les toucher. Il faudra toujours retourner vers un commissariat ou dans une gendarmerie pour avoir une fiche de réquisition, tu amènes ça chez le médecin et qui va autoriser le médecin à faire les premiers soins » a précisé le médecin chef Kané.

Par rapport, toujours à ce sujet, il a soutenu que le médecin va faire un document judiciaire et il va envoyer ça à l’administration et l’administration va envoyer ça au tribunal. « C’est au tribunal maintenant qu’ils vont faire la recherche active de l’agresseur ou du violeur » a-t-il souligné. Ce document dit-il, va servir comme un document de droit qui va permettre d’éclaircir les états de fait. « Et s’il faut, le juge peut même appeler le médecin pour témoigner sur l’état de la victime, ce qu’il a eu comme blessure et pour favoriser l’enquête » explique Dr Kané.

Une loi mal compris par les patients

En effet, le mercredi 15 janvier 2020 dernier, un cas de viol c’est présenté au Centre de Santé de Hamdallaye dans la soirée. La victime habitant à ‘’Koyanbougou’’ derrière Lafiabougou aurait été violée, tabassée, dépossédée de son téléphone et de son argent. Elle était très fiévreuse.

Aux dires des accompagnants de la victime, les médecins qui étaient sur place n’ont pas voulu toucher à la fille qui avait très mal tant qu’ils n’apportent pas un document administratif venant de la police ou de la gendarmerie. L’indignation était au rendez-vous tant chez les accompagnants de la victime que chez les personnes présentes ce soir là, car pour eux la vie et la souffrance humaine sont plus importantes que des documents administratifs et doivent être priorisées.

Pour Dr Kané, c’est la méconnaissance de l’existence de cette loi votée à l’Assemblée Nationale qui constitue tous ces désagréments. En réalité poursuit-il : « la population doit être informée sur l’existence de cette loi montrant que, quand il y a cas de coups et blessures volontaires, cas de viol, ou cas d’agressions sexuelles, tu dois obligatoirement aller chercher une fiche réquisition à la police ou à la gendarmerie avant d’aller à l’hôpital quel que soit l’état de votre patient et le médecin n’a aucunement le droit de le toucher sans une fiche réquisition».

Par ailleurs, en guise de proposition le medecin chef Kané declara : « Il doit y avoir un poste de police ou de gendarmerie dans chaque centre de santé pour pouvoir favoriser la prise en charge de ces cas-là. Quand ces cas arrivent à l’hôpital étant la présence d’un policier ou bien d’un gendarme directement il peut donner la réquisition sur le champ et ça peut contribuer à l’amélioration de la qualité du soin de ce patient ».

A signaler que cette situation (le vote de cette loi) est survenue lorsqu’un médecin a été enfermé et a fait plus de 6 mois en prison parce qu’il a fait la pris en charge d’un cas de coups et blessures volontaires alors que la victime n’avait pas de document administratif. La pronostique vitale de la dame serait en jeu et elle saignait à flot mais au finish cette situation s’est retournée contre le médecin qui a eu pitié d’elle et a fait sa pris en charge.

Par Maïmouna Sidibé

Source : Le Sursaut

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