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Négocier ou ne pas négocier avec les terroristes ? Une question qui sonne comme un aveu d’incapacité
Publié le vendredi 7 fevrier 2020  |  Infosept
Iyad
© Autre presse par DR
Iyad Ag Ghaly
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Longtemps annoncée, jamais adoptée, l’idée de négocier avec les terroristes revient à l’ordre du jour avec la sortie du haut représentant du chef de l’État pour le centre, Dioncounda Traoré. Il a annoncé, il y a près d’une semaine, avoir envoyé des émissaires aux leaders du GSIM, au centre du pays. Par-là, il vient de jeter un pavé dans la mare, et très vite, le ministre en charge des Affaires Etrangères s’en était désolidarisé. Cependant, le seul fait de poser la question de négocier ou pas avec des bandits armés, sonne comme un aveu d’incapacité de la part de l’Etat malien de faire imposer uniquement sa voix dans bon nombres d’endroits du territoire national.
Officiellement, l’Etat se refuse à toute négociation avec les terroristes. Mais, dans les hautes sphères de l’Etat, il serait de notoriété que des canaux officieux sont établis avec des chefs terroristes pour, semble-t-il, négocier la paix. Ainsi, en 2018, un émissaire officiel de l’Etat malien aurait longuement échangé avec Amadou Kouffa. Ce dernier ne jurait que par la Charia et a promis qu’il combattrait l’Etat malien tant que celui-ci s’opposerai à sa vision de la Justice.

Mais, ce qui est frappant, si cela était fondé, c’est que l’élite gouvernante crie officiellement une chose et, en douce, accomplirait le contraire. Elle devrait pourtant savoir que l’on peut négocier tout, mais pas avec tout le monde. La position des chefs terroristes est radicale et elle est connue de tous. C’est la Charia ou rien. Leur stratégie, c’est faire autant de pertes possibles aux FAMa et leurs alliés. De plus, leur implication dans les conflits inter-communautaires est plus qu’avérée. Autant dire que s’assoir sur une table de négociation avec des individus qui ont autant de sang sur leurs mains revient à faire ombrage à la mémoire des nombreuses victimes, civils comme militaires. Une telle démarche ne serait valable que lorsque l’Etat malien aurait pris l’ascendant sur le terrain.

Là, aucun arrangement politique ne peut se faire. Les terroristes, forts de leur puissance de feu et de leur supériorité sur le terrain, ne voudront jamais lâcher leur inestimable conquête et butin de guerre. L’équation est donc simple, et elle l’a toujours été. L’Etat devra être l’Etat, et l’autorité devra être restaurée partout où le besoin se fera ressentir.

Ce combat n’est pas le seul problème de la majorité, mais de toute la classe politique. Car toute exercice politicienne en ces temps où l’essentiel est plus que menacé revient à donner le temps nécessaire aux ennemis du pays de gagner en force. L’union sacrée est vitale. A la classe politique de comprendre que la récréation est terminée !

Ahmed M. Thiam
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