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Grèves des enseignants: Le Gouvernement confesse et tient le langage de la vérité
Publié le vendredi 7 fevrier 2020  |  Le Démocrate
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de célébration des bourses d`Excellence 2019
Bamako, le 23 septembre 2019 au ministère de l`Enseignement supérieur. A l`occasion d`une cérémonie qui a réuni parents d`élèves et apprenants, le ministre de l`Enseignement supérieur, celui de l`Education Nationale ainsi que l`ambassadeur de France au Mali ont félicité les nouveaux bacheliers bénéficiaires des bourses d`excellence pour des études universitaires en France.
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Le ministre de la Communication et ses collègues de l’Education et du Dialogue social étaient face à la presse le jeudi 30 janvier 2020 pour mieux expliquer, disent-ils, l’état de la grève des enseignants qui ébranle le milieu scolaire. C’était au Centre d’information gouvernemental du Mali, à l’ACI 2000.




D’entrée de jeu, le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement a reconnu la légitimité des revendications des enseignants. « Le gouvernement reconnait la légalité de la revendication des syndicats des enseignants », laisse-t-il entendre.

En effet, l’école malienne est paralysée depuis quelques semaines. Pour cause, la discorde entre les syndicats de l’éducation signataire du 15 octobre 2016 et le gouvernement sur l’application de l’article 39 de la loi 2018 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant du secondaire, du fondamental et de l’éducation préscolaire spéciale. A titre de rappel, cette revendication du collectif des syndicats de l’éducation s’adosse à l’accord négocié et obtenu par l’Untm en 2018 pour la valorisation de la grille indiciaire du statut général de la fonction publique.

Selon le ministre de la Communication, c’est l’application de l’article 39 qui est leur seul point de désaccord. Ce désaccord, explique le ministre, est dû à l’interprétation dudit article. Aux dires du ministre Yaya Sangaré, l’interprétation à la lettre de l’article 39 du statut particulier des enseignants est juste. Et les enseignants ont raison de rappeler que toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général s’applique de plein droit au personnel de l’enseignement secondaire, l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire spéciale, ajoute-il. Contrairement à l’interprétation des syndicats, le ministre Sangaré rappelle que cette interprétation n’était l’esprit de la loi. A cet effet, dit-il, le gouvernement n’a pas tort quand il relève la divergence de fond sur les modalités d’application de cette disposition de ladite loi.

Pour son application, Yaya Sangaré affirme que le gouvernement a accepté tous les autres points, mais demande juste d’appliquer la majoration en fonction de la grille indiciaire de la fonction publique et à partir de 2020. Toute chose que les enseignants refusent. A en croire le ministre, les enseignants exigent l’augmentation immédiate de leur grille de 180 points rétroactivement depuis le 1er janvier 2019 et 100 autres points à compter le 1er janvier 2021.

Cette exigence n’est pas acceptable pour des raisons financières, a indiqué Yaya Sangaré. Aussi, poursuit le ministre, cette majoration peut-elle entrainer la frustration des autres syndicats. Ce qui ouvrirait la voie à une spirale de revendications, estime-t-il. « Le langage de la vérité est qu’en toute honnêteté, l’Etat ne peut pas respecter son engagement cette année avec les enseignants», confesse Yaya Sangaré.

En outre, il demande aux enseignants d’accepter d’étaler la prise en charge de leurs revendications légales et légitimes sur 2020 et 2021 comme l’avait fait l’Untm. La question du recrutement des volontaires a été abordée aussi. A ce sujet, le ministre de l’Education, le Pr Mahamadou Famanta, a affirmé que le gouvernement prévoit de recruter 15 000 volontaires comme plan B pour éviter le scénario de l’année passée. A titre informatif, en 2019 le milieu scolaire a connu 69 jours de grèves. C’est sur instruction du Premier ministre que ce recrutement a été ouvert en cas d’échec de trouver un terrain d’entente, précise-t-il. Contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, le ministre précise qu’il ne s’agit point de remplacer les grévistes. Mais c’est un plan B du gouvernement.

Oumar SANOGO

Source: Le Démocrate
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