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Crise scolaire : Qui est complice de l’impunité au Mali ?
Publié le vendredi 20 mars 2020  |  L'Analyste
Marche
© aBamako.com par Sissoko
Marche des syndicats de l`éducation signataires
Le Mercredi 11 mars 2020. Bamako. Les syndicats de l`éducation signataires ont marché pour exiger l`application de l`article 39 de la loi 007 du 16 janvier 2018
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Les syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016 et leurs militants étaient dans les rues de Bamako et dans certaines capitales régionales, le 11 mars dernier pour la troisième fois consécutive de cette année 2020. Comme les précédentes sorties la cause est toujours la même, exiger du gouvernement, du Dr Boubou Cissé, l’application stricte et immédiate de l’article 39 de la loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et l’éducation préscolaire et spécialisée. Ici, dans la ville des trois caïmans, la marche a tourné au vinaigre. Elle s’est transformée en une scène de guérilla urbaine au moment ou les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. La cause de ce dysfonctionnement reste floue entre les deux parties c’est-à-dire le gouvernement et les enseignants. Chacun dans son explication essaye de jeter la responsabilité sur l’autre. Pourtant la marche avait démarré comme d’habitude et bien encadré par les forces de l’ordre jusqu’au niveau du monument de l’indépendance. C’est là que les choses se sont gatées.
Dans la déclaration élaborée pour la dite marche, qui n’a pas été lue, les syndicats signataires du 15 octobre dénonçaient le mépris du premier ministre Dr Boubou Cissé, la légèreté et le laxisme du gouvernement malien lors des différentes négociations d’appliquer une loi de la république. Suite à la marche réprimée certains partis politiques dont Yelema de Moussa Mara et l’URD de Soumaïla Cissé et de la société civile ont diffusé des communiqués pour déplorer ce qui s’est passé. L’ancien premier ministre, Moussa Mara a interpellé le gouvernement à garantir et de protéger les libertés individuelles et de prendre ses responsabilités pour résoudre définitivement ce conflit pour éviter à notre pays des troubles sociaux.

Comme tout le monde le sait dans ce pays que, cette grève des enseignants a fait l’objet de polémique et ça continue jusqu’à présent par ce que tout simplement les deux parties ne parviennent pas à s’entendre. Environs deux mois de négociation entre le gouvernement du Mali et les syndicats des enseignants, toujours pas de points d’accord entre eux.

Est-ce que les maliens vont rester dans ce sphère de dialogue de sourd ? Aujourd’hui, les maliens ne comprennent pas le silence inexplicable du président de la république Ibrahim Boubacar Keita face à cette situation dramatique de l’école malienne comme Soumaïla Cissé a déploré dans son communiqué après la marche réprimée des enseignants le 11 mars dernier à Bamako. Il est grand temps que le président de la république Ibrahim Boubacar Keita sort de son mutisme pour prendre ce problème à bras le corps, car c’est le dernier rempart et le dernier espoir des élèves des établissements publics. Il est grand temps qu’IBK se manifeste, qu’il se souvienne de sa promesse de campagne par rapport à l’évolution de l’école malienne pour un lendemain meilleur de notre pays. Qu’il se souvienne que les enseignants revendiquent l’application d’une loi de la république dont lui-même, en personne, a promulgué. Sur cet angle, on pourrait dire sans se tromper que le président de la république Ibrahim Boubacar Keita soutient l’impunité en violation flagrante des lois de la nation. D’autant plus que le gouvernement du Dr Boubou Cissé a reconnu la légitimité de la loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’enseignement préscolaire et spécial. De ce fait, l’application d’un article de cette loi ne doit pas poser problème.

Il est temps que le président Ibrahim Boubacar Keita prenne les choses en main puisque toutes les commissions de conciliation misent en place et les bons offices ont été incapables de résoudre ce problème. Ce problème est entrain de prendre une nouvelle tournure dans la mesure où le gouvernement vient de faire des retenus sur le salaire des enseignants de 19 jours du mois de février suivi de plusieurs arrestations et relaxions suite à la marche réprimée du 11 mars dernier, et cela ne décolère pas les enseignants. Aujourd’hui, IBK doit rencontrer les syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016, en tête à tête comme dirait l’autre « gnè bè malo gnè ma »

BEKAYE TRAORE
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