Les dirigeants de l'UE et du G5 Sahel ont réaffirmé le caractère central de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger de 2015, dans une déclaration conjointe publiée à l'issue de leur réunion par visioconférence consacrée au "Sahel et aux défis sécuritaires et du développement durable dans la région".
Les dirigeants de l'UE et du G5 Sahel ont souligné mardi, dans leur déclaration commune, que "la poursuite de la mise en oeuvre par l'ensemble des acteurs de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger de 2015, reste une priorité", réaffirmant le caractère central de l'Accord signé à Bamako le 20 juin 2015.
Saluant les efforts significatifs réalisés depuis 2013 par toutes les parties, les dirigeants "appellent solennellement à un engagement renouvelé et accru au Sahel", précisent les participants à cette rencontre.
Par ailleurs, la déclaration conjointe souscrit à la nécessité d'accroître les efforts en vue de proposer une réponse intégrée et solide aux défis sécuritaires en particulier à la menace terroriste, trouver des solutions politiques aux revendications locales et conflits exploités par les groupes terroristes, répondre aux causes profondes du conflit, aux défis sécuritaires et du développement durable, ainsi qu'aux aspirations des populations à un développement socio-économique inclusif.
Le document appelle, en outre, à soutenir les efforts en matière de gestion des ressources naturelles et d'adaptation au changement climatique, préserver et promouvoir une coopération constructive et approfondie dans le domaine des migrations et renforcer la coordination entre les différents acteurs et initiatives dans l'atteinte des objectifs communs.
La déclaration conjointe met l'accent, également, sur la nécessité du renforcement des capacités de sécurité et de défense dans les pays du G5 Sahel, ainsi que du rétablissement de la présence de l'Etat et des services de base sur tout le territoire.
Les participants ont, par ailleurs, rappelé l'importance de relever le défi du développement dans la région en vue de s'attaquer aux causes profondes du terrorisme et de l'instabilité au Sahel.
A l'occasion de cette visioconférence, UE/G5 Sahel, la Commission européenne a annoncé un montant supplémentaire de 194 millions d'euros pour "soutenir la sécurité, la stabilité et la résilience au Sahel".
Les nouveaux engagements financiers se composent de 112 millions d'euros, pour contribuer à renforcer les capacités de sécurité et de défense des pays du G5 Sahel, et de 82 millions d'euros mobilisés afin d'intensifier les efforts de développement et contribuer à améliorer les conditions de vie, de la résilience et la cohésion sociale des populations vulnérables.
Les dirigeants de l'UE et du G5 Sahel ont, d'autre part, exprimé leur préoccupation face à la propagation mondiale du COVID-19 et appelé à intensifier la solidarité et la coopération internationale sur ce sujet.
La vice-secrétaire générale de l'ONU, Amina Mohamed, et le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mhamat, ont participé à la visioconférence, co-présidée par le président du Conseil européen, Charles Michel, et Mohamed Ould Ghazouani, président de la Mauritanie et président en exercice du G5 Sahel.
Cette rencontre a été précédée, la veille, par une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays du G5 Sahel et de la
France, en vue d'examiner l'évolution de la situation dans le Sahel et de convenir des indicateurs locaux permettant d'évaluer l'impact territorial précis des engagements pris lors du Sommet de Pau, le 13 janvier 2020, dont ils présenteront conjointement les résultats lors d'un prochain sommet en Mauritanie, les 29 et 30 juin prochain.