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Face à la confiscation du vote des citoyens : L’heure de la résistance a sonné !
Publié le lundi 4 mai 2020  |  L’Inter de Bamako
Marche
© Autre presse par DR
Marche à Gao pour dénoncer l`état de la route Sévaré- Gao
Des jeunes de Gao ont battu le pavé pour dénoncer l`état de la route Gao-Sevaré et demander à l`Etat de prendre des dispositions pour commencer les travaux de rénovation de cette route.
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La proclamation des résultats définitifs des élections législatives des 29 mars et 19 avril par la Cour constitutionnelle, vendredi 1er mai, à son siège à l’ACI 2000, a donné le sentiment aux électeurs que leur vote ne sert plus à rien. Par des annulations des bureaux de vote, la Cour constitutionnelle a renversé la tendance au profit des candidats battus dans les urnes. Les manifestations, qui ont éclaté à la suite de ce verdict, annoncent-elles le début d’une mobilisation générale contre la confiscation de la volonté populaire ?
Bourrage d’urnes, distribution d’argent, trafic d’influence, manipulation des chiffres, achat d’électeurs sont entre autres les maux qui ont été dénoncés lors du déroulement des élections législatives dont les premier et deuxième tours se sont tenus, les 29 mars et 19 avril derniers. Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg. Vendredi, 1er mai, l’arrêt de la Cour constitutionnelle a été un coup de canif dans le dos du peuple malien.

En effet, cette dernière a procédé à l’annulation du vote des citoyens qui ont défié la menace de COVID-19 et l’insécurité pour aller exercer leur devoir civique. Du coup, elle a renversé des tendances au profit des candidats battus dans les urnes par les votes des citoyens. Cette annulation a, au nom des requêtes introduites auprès de la Cour constitutionnelle par des perdants dans les urnes, montré le côté vernis de notre démocratie. Pourtant, chèrement acquise au prix du sang de plus de 200 enfants maliens, fauchés à la fleur de l’âge par les balles du dictateur Moussa Traoré. Cette annulation, taillée sur mesure, vient de donner un coup d’arrêt à ce qui restait de la pratique démocratique dans notre pays et avec lui la mise à l’écart de l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes politiques patriotes, intègres et convaincus que l’avenir du Mali n’est plus entre les mains des suppôts occidentaux qui gèrent notre pays, depuis le 8 juin 1992. Mais elles renforcent l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) (23 députés) et les partis nés de ses dissensions à savoir le Rassemblement Pour le Mali (RPM, parti présidentiel), arrivé premier avec cinquante et un (51) députés et l’Union pour la République et la démocratie (URD, opposition) qui obtient dix-neuf (19) élus nationaux.

Par cette annulation, la Cour constitutionnelle du Mali, présidée par Mme Massana Danioko, a réduit à néant le vote du citoyen lambda qui ne dispose que de cette voie en démocratie pour faire le bon choix des femmes et des hommes capables d’exercer intelligemment le pouvoir au bénéfice des populations. Comme une trainée de poudre, les manifestations ont gagné les circonscriptions électorales dont le vote des citoyens a été annulé par les neuf (09) sages de la Cour constitutionnelle. De Sikasso à la commune I en passant par la commune V du District de Bamako, des jeunes mécontents de l’arrêt de la Cour sont sortis en petits groupes pour se faire entendre dans les rues. Des pneus ont été brûlés sur les voies publiques et les artères principales ont été coupées à la circulation. Et il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour mettre fin à ces manifestations nocturnes dans lesdites localités.

Et sur les réseaux sociaux, les commentaires allaient bon train. Les pages des uns et des autres ont été inondées par ces termes: ‘’La Cour constitutionnelle a procédé à des nominations de députés’’, ‘’Le 3ème tour s’est joué à la Cour constitutionnelle’’, ‘’La Cour constitutionnelle a imposé le RPM à Bamako’’.

Il ne serait pas exagéré de dire que nous sommes à un tournant dans l’histoire politique de notre pays et que l’heure de la résistance a aussi sonné. Elle a sonné pour annoncer le départ des relais impérialistes, des voleurs, des corrompus et apatrides qui ont mis notre pays en sens dessus dessous pour bien profiter de ses richesses. Mais aussi pour remettre de l’ordre dans la maison Mali. Nous osons croire que cette résistance face à la confiscation du vote des citoyens ne faiblira pas. Elle doit regagner le groupe des patriotes qui se battent jour et nuit pour laver l’affront que notre pays a subi à cause de la gestion décriée des vrais faux démocrates, mais aussi de renforcer le combat des autres forces sociales soucieuses de la préservation des intérêts de la nation malienne. Nous sommes convaincus qu’avec une union sacrée, il sera facile de mettre hors d’état de nuire ses bandes criminelles qui se sont organisées dans des partis politiques pour bien sucer le sang des Maliens au nom d’une prétendue démocratie.

Si les forces révolutionnaires ne comprennent pas cela, leur combat sera vain et cela profitera toujours à l’ADEMA-PASJ et à ses enfants qui se sont séparés, mais travaillent en sourdine pour ne pas perdre le pouvoir. Cela est un secret de Polichinelle.

Du 8 juin 1992 à nos jours, ce sont eux qui dirigent et contrôlent tous les circuits économico-financiers du Mali. Même avec la présidence de Amadou Toumani Touré (ATT), ils étaient là. L’actuel président Ibrahim Boubacar Keïta du Rassemblement Pour le Mali (RPM) et Dioncounda Traoré de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) se sont succédé au perchoir de l’Assemblée nationale entre 2002 et 2012. Ce dernier fut même président de transition quand ATT a été chassé du trône, le 22 mars 2012, par les militaires de Kati, mécontents de sa gestion de la rébellion dans le nord de notre pays. Cet accompagnement s’est manifesté dans les gouvernements successifs du général ATT jusqu’à sa chute et dans les autres institutions de la République, ambassades et consulats.

Le fait de ne pas perdre ou de ne pas être loin du pouvoir est un principe sacro saint de l’ADEMA-PASJ originel. Dans les années 1990, après l’élection de leur candidat Alpha Oumar Konaré à la tête du pays, un haut cadre et très influent de ce parti, a laissé entendre que son parti dirigera le Mali durant quarante ans. Même s’il n’avait pas dit par quels moyens, on sait aujourd’hui qu’ils ont mis en place des moyens déloyaux et des hommes liges à la tête des institutions pour se pérenniser au pouvoir.

La preuve: ils gagnent toutes les élections dans les bureaux climatisés à la tête desquels trônent leurs hommes. Ensuite, ils disposent d’un trésor de guerre soustrait du Trésor public avec lequel ils ont sapé l’honneur et la dignité de la grande majorité des Maliens. Ils ont fait croire à celle-ci que l’argent ouvre toutes les portes. C’est pourquoi ils ont brisé les familles, les liens sociaux, les relations amicales, bref tout ce qui pouvait nous unir pour faire face à l’ennemi commun.

Ces femmes et ces hommes de l’ADEMA originel sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir même au prix du sang de leurs compatriotes. Mais face à une résistance bien organisée, menée par de vrais patriotes, ils courberont l’échine pour céder la place aux patriotes. C’est cela que toutes les forces qui se battent aujourd’hui pour un changement doivent comprendre, laissant leurs inimitiés, leur ego, leurs contradictions pour sortir le Mali des serres des admistes et compagnons afin de sauver notre nation du péril.

Yoro SOW
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