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Exactions dans le centre du pays : Pourquoi la persistance du mal ?
Publié le jeudi 7 mai 2020  |  L’aube
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© Autre presse par DR
Le Gouverneur de la Région de Mopti et la Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA en visite de soutien dans le village de Peh
Suite à une attaque perpétrée, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2019 contre le village de Peh, dans la région de Mopti, le 18 novembre dernier, le Gouverneur de la Région, Abdoulaye Cissé et Fatou Dieng Thiam, la Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA, y ont effectué une visite.
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Dans son Rapport rendu public en février dernier, Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest, la MINUSMA, a révélé de plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires dans les Régions du Centre. Des actes criminels et des bavures policières à l’actif, selon les Experts de l’ONU, des Islamistes armés et des milices contre les populations locales. Dans l’esprit des Auteurs du document de 97 pages, les Autorités maliennes auraient dû responsabiliser tous les Groupes armés. Ce qui aurait empêché, lit-on dans le Rapport, l’intensification de ce genre de tournures dramatiques contre les Habitants des localités agressées. C’est du moins selon des informations fournies par Human Right Watch dans un document officiel. Selon cet organisme des Droits humains, plusieurs citoyens ont été attaqués et brûlés vifs et d’autres assassinés par des attaques terroristes à engins explosifs. Selon les Rapporteurs, il est du devoir du Pouvoir central de Bamako d’ouvrir sur le champ des enquêtes pour identifier tous les Auteurs de ces crimes contre les Populations civiles et les traduire devant les Juridictions compétentes.
Dans son Rapport d’environ une centaine de pages intitulé « Combien de sang doit encore couler ? », Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest a révélé, en février dernier, d’autres cas d’atrocités et d’exactions commises contre les Populations civiles du Centre du Mali, courant l’année 2019. Selon les témoignages recueillis sur le terrain, à l’issue de l’année 2019 écoulée, il y a des « dizaines d’attaques perpétrées par des Groupes armés » à travers des localités situées dans le Centre de notre pays. Des attaques soldées par plusieurs centaines de victimes dont au moins 456 morts et de nombreux blessés grièvement, tous issus des rangs des Populations civiles. Ce qui fera conclure que l’année 2019 est l’une des plus meurtrières au Mali. Et, précise-t-on dans le document, ces attaques sont déplorées en 2020 dans les localités du Centre, devenu l’épicentre de la crise sévissant depuis 2012 dans notre pays.

A la base de certaines de ces dérives meurtrières contre des innocentes Populations civiles aura été le simple fait que les Autorités compétentes n’imposent pas aux Groupes armés l’obligation ni de rendre compte de leurs missions ni de s’assumer pour leurs actions devant la loi. Ce qui aurait suscité, du moins selon Rapport, l’intensification des attaques contre les Civils dans leurs villages ou à bord des véhicules de transport en commun. Ceci, soit pour des raisons d’appartenance ethnique ou religieuse des victimes dont les bourreaux soient des Groupes armés ou des terroristes.

«À travers la Région centrale du Mali, des Groupes armés tuent, mutilent et terrorisent des Communautés, apparemment sans craindre de devoir rendre des comptes », s’est indignée la Directrice de Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest, Mme Corinne Dufka, Coordinatrice du Groupe d’Auteurs du présent Rapport. Et elle alerte : «Le bilan humain en vies détruites s’alourdit à mesure que se répètent les cycles mortels de violence et de vengeance».

L’interpellé en premier lieu

Ensuite, Mme Corinne Dufka interpelle sans ambages les Autorités de notre pays en ces termes : «L’échec du Gouvernement malien à punir les Groupes armés, tous bords confondus, encourage ces derniers à commettre d’autres atrocités». Pour mettre fin à ces crimes, la Directrice de Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest exige à ce que le Gouvernement malien, avec l’appui de ses partenaires, déploient de beaucoup d’efforts pour poursuivre devant les Tribunaux compétents tous les Responsables et Auteurs de ces crimes. C’est la seule mesure forte qui s’impose pour pouvoir « démanteler » les Groupes armés, auteurs de telles exactions. Ce qui dénote, selon le Rapport, que les Autorités maliennes doivent œuvrer inlassablement à la mobilisation des énergies et ressources nécessaires pour ouvrir des enquêtes indépendantes et impartiales et traduire devant les instances juridictions compétentes tous les coupables de ces exactions. Il est temps de traduire en justice tous ceux qui sont impliqués dans ces violations des Droits humains et actes terroristes, ces criminalités transnationales organisées contre des populations civiles. Human Right Watch exige aussi à ce que la lutte contre le terrorisme, les crimes de guerre et autres crimes internationaux graves qui se commettent à l’échelle sous-région ale soient inscrit sur la liste du mandat du Pôle judiciaire spécialisé de l’ONU sur la crise malienne.

Au passage, rappelons que lors de l’élaboration de ce Rapport, des Experts de Human Right Watch ont effectué plusieurs missions ici au Mali où ils ont auditionné 147 témoins victimes, des Agents de sécurité, des Magistrats, des Employés onusiens et/ou d’autres organismes nationaux et internationaux spécialisés sur ces exactions perpétrées les Populations civiles et les violences intercommunautaires commanditées par les forces contre la paix et des crimes organisés. Au nombre des mouvements armés accusés, des Groupes d’autodéfense, des milices et des terroristes proches d’Al-Qaïda.

La prime à l’impunité

Pourtant, du côté de Bamako, il avait été officiellement promis que tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans ces atrocités seront retrouvés et traduits devant les Tribunaux pour répondre de leurs crimes. «En 2019, les tribunaux maliens ont ouvert plusieurs enquêtes et condamné environ 45 personnes au motif d’incidents moins graves de violences communautaires. Cependant, les Autorités judiciaires n’ont toujours pas interrogé, et encore moins poursuivi en justice, les puissants leaders de groupes armés impliqués dans de nombreux massacres », déplore-t-on à la publication de ce Rapport.

Enfin, il est à rappeler que de 2015 à nos jours, Human Rights Watch enregistre et diffuse à l’adresse notamment des Autorités compétentes maliennes et de leurs partenaires spécialisés tous ces cas de crimes et d’exécutions extrajudiciaires devenues monnaie courante dans notre pays. Ce, afin de mettre fin à ce cycle infernal de violations des Droits humains. Mais, malheureusement, jusqu’à la parution de ce Rapport en début février dernier, il n’y a eu que deux procès tenus par la Justice. Ce qui fera que les atrocités se poursuivent dans la Région.

Djankourou
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