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Commune III du district de Bamako : Un affrontement entre les jeunes et les forces de l’ordre tourne au drame
Publié le jeudi 7 mai 2020  |  Le Républicain
Scènes
© aBamako.com par Androuicha
Scènes de violence en commune VI du district de Magnambougou
Bamako, le 16 novembre 2015. La mairie annexe de Magnambougou en commune VI du district de Bamako a été le théâtre d`une manifestation de mécontentement des jeunes qui s`insurgent contre l`inaction des autorités municipales face a la montagne d`ordures qui s`amoncelle dans le quartier.
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La Commune III du district de Bamako est sous haute tension ces derniers jours. Il y a régulièrement des empoignades entre la jeunesse et les forces de l’ordre pour la levée du couvre-feu dans cette zone. Dans la nuit du lundi 4 à mardi 5 mai 2020, un violent affrontement a opposé les jeunes manifestants et les forces de l’ordre dans les différents quartiers de la Commune III du district de Bamako. Ainsi, aux environs de 0 heure à 1 heure du matin, une équipe de patrouille qui pourchassait les manifestants aurait défoncé une porte fermée et fait irruption dans la famille Sidibé à Badialan III non loin du GMS (Groupement mobile de sécurité) pour larguer des gaz lacrymogènes. L’intrusion des forces de l’ordre aurait couté la vie à Mamadou Sidibé, un malade cardiaque de 62 ans. Le matelas et les couvres lit sur lesquels la victime se reposait dans l’enceinte de la Cours de la concession ont été endommagés. Les éléments de la patrouille avaient-ils un mandat de perquisition ? Selon notre source, tout est parti de la patrouille policière. L'équipe de patrouille du Commissariat du 2ème Arrondissement aurait trouvé certains jeunes aux devantures de leurs portes. Ladite équipe aurait demandé à ces jeunes de rentrer dans les maisons à cause du couvre-feu oblige et ils auraient refusé, car il y avait un décès dans une famille voisine. Alors, la situation a dégénéré avec le retentissement des coups des tirs sporadiques de gaz lacrymogènes, des pneus incendiés et des jets de cailloux entre les deux partis. Cependant, dira notre source, aux environs de 0 heure à 1 heure du matin, une équipe de 8 policiers arrive à bord d’un pick-up devant la famille Sidibé à Badialan III non loin du GMS (Groupement mobile de sécurité). Ensuite, trois hommes sont sortis du véhicule pour défoncer la porte fermée et faire irruption dans la maison. « Alors, nous étions couchés dans l’enceinte de la cours de la maison, c’est ainsi que j’ai quitté mon lit pour aller voir ce qui se passe à la porte mais automatiquement j’ai été surpris de rencontrer trois hommes en uniforme dans notre cours. Ils m’ont dit que les jeunes sont rentrés dans la maison. J’ai répondu en disant que si les jeunes sont dans la maison, je vous demande pardon et que cela ne va plus se répéter encore. Un policier m’a répondit, je m’en fous et il a aussitôt largué un gaz lacrymogène sous mes pieds. Alors, j’ai couru vers le petit couloir de la maison et ils ont aussi tiré un autre gaz lacrymogène vers ma direction. Ainsi, un autre gaz a été tiré vers la direction de mon frère de 62 ans, Mamadou Sidibé dit « Vieux-bah » qui souffrait déjà de problème cardiaque, il n’a pas pu supporter les conséquences de la fumée des gaz lacrymogènes. Ensuite, il a eu des difficultés respiratoires et il a été immédiatement transporté à l’hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg » où les médecins ont fait le constat de la mort à l’arrivée la même nuit. Le matelas et les couvres lits de la victime ont été touchés par le feu des projectiles de gaz lacrymogène.» a déclaré, Ibrahim Sidibé, le jeune frère de la victime. Pour sa part, le Commissaire divisionnaire du 2ème Arrondissement, Mohamed Keïta, affirme qu’il n’a été saisi par la hiérarchie par rapport à cette affaire et il pense que ses hommes ont été professionnels dans leur travail. « J’ai appris cette information au même titre que vous. Un collègue policier m’a balancé un message, aujourd’hui, qu’il aurait lu sur les réseaux sociaux qu’un vieux souffrant de problèmes respiratoire n’a pas pu supporter la fumée des gaz lacrymogènes et qu’il serait mort suite à l’affrontement entre les jeunes et les forces de l’ordre (les Policiers, les Gendarmes et la Garde nationale). C’est vrai, je suis le coordinateur des mouvements dans le secteur mais à l’heure où je vous parle, je n’ai pas encore été saisi pour cette affaire par la hiérarchie. Tout ce que je sais est que mes hommes ont été professionnels dans leur travail.», a-t-il dit. Avant de s’interroger sur les raisons de ces manifestations :« En Commune III, je ne sais pas réellement ce que les manifestants recherchent. En tout cas, ils ne se sont pas levés contre l’arrêt de la Cour constitutionnelle concernant les résultats définitifs des élections législatives. Alors, si c’est contre le couvre-feu, ce n’est pas la police qui a instauré le couvre-feu mais la police veille seulement au respect du couvre-feu. »
Moussa Dagnoko

Source: Lerepublicainmali
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