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Sécurité : pour l’opérationnalisation de la force conjointe du G5-Sahel, besoin d’un financement pérenne
Publié le mercredi 10 juin 2020  |  Le Pays
Passation
© aBamako.com par S A
Passation de service au G5 Sahel
Le 17 Aout 2019
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Lors de la grande réunion du Conseil de Sécurité, tenue le vendredi 05 juin 2020, sur l’initiative française, le ministre mauritanien des Affaires étrangères de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur, M. Ismail Ould Cheikh Ahmed a fait une déclaration poignante pour la réussite de la mission du G5-sahel. La présidence en exercice étant assurée par son pays, la Mauritanie, Ismail Ould Cheikh Ahmed a tenu un langage de vérité sur la nécessité d’un financement pérenne de la feuille de route de la mission.
Tout en se réjouissant de l’intérêt que portent au G5-sahel, tous ses partenaires bi et multilatéraux, notamment la France, les USA, l’Allemagne, l’Union européenne, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Union africaine et les Nations Unies, grâce auxquels, une première subvention de 100 Millions d’Euros, notamment de l’Union européenne, est en passe d’être totalement engagée, d’après ses propos. Un soutien qui s’est principalement matérialisé dans le domaine des équipements par la livraison de véhicules de transports de troupes et autres véhicules blindés, de matériels de protection contre les IED, d’équipements de communications, etc. Il ajoute que cet accompagnement se matérialise encore dans le soutien du personnel et des infrastructures des états-majors multinationaux.

Une seconde contribution européenne de 138 millions d’Euros est aussi en cours d’engagement, fait-il savoir. Malgré cela, il demeure un besoin évident de contributions supplémentaires, bilatérales ou multilatérales, car selon lui, la riposte de la force du G5-sahel est aujourd’hui simultanément engagée sur beaucoup de fronts, sécurité et développement. C’est pourquoi, il a tenu à rappeler l’objectif de la mission du G5-sahel qui n’est pas seulement la reprise en main militaire du terrain pris par les terroristes, mais aussi, et surtout de faire revenir, dans ces endroits, l’État protecteur, les services publics, l’école, l’hôpital, etc. Un défi qui est titanesque, à ses dires, et les victoires toujours provisoires et réversibles : « Il nous faut, à nous et à nos alliés, avoir le souffle long, l’endurance de persévérer et la constance pour aboutir ». Par ailleurs, il rassure que le terrorisme est bien possible à vaincre et c’est avec fierté qu’il a rappelé les victoires éclatantes de l’Armée tchadienne contre Boko Haram dans la zone du Lac Tchad, ces derniers temps, grâce auxquelles d’ailleurs, « désormais la peur a changé de camp ».

Le chef de la diplomatie a rappelé dans cette allocution que le G5-sahel est toujours légitimement demandeur d’une inscription au chapitre VII du Conseil de Sécurité de l’ONU, avant laquelle la détermination collective, les perspectives décrites par la Feuille de route de la Présidence en exercice du G5 Sahel se sont montrées prometteuses.

Dans sa feuille de route, l’action de la Présidence du G5 Sahel vise, dans le domaine de la sécurité et de la défense, le renforcement des capacités opérationnelles de la Force conjointe du G5 Sahel, l’interopérabilité des forces aériennes, l’amélioration des capacités des forces de sécurité intérieure et le renforcement de la présence de l’État dans les zones sensibles. Sur le volet développement, toujours selon M. Ismail Ould Cheikh Ahmed, l’effort de la Présidence en exercice du G5 Sahel porte essentiellement sur le Programme de développement d’urgence (PDU), le Cadre d’actions prioritaires intégrées (CAPI), l’appui à l’autonomisation des populations, l’emploi des jeunes sahéliens, et le renforcement de l’intégration régionale.

Un développement qui se présente comme un cadre politique, stratégique et opérationnel pertinent, articulé autour des quatre piliers essentiels à savoir la lutte contre le terrorisme, le renforcement des capacités militaires, l’appui au retour de l’État dans les zones de crise et l’aide au développement. En effet, à la lumière de toutes ces initiatives, le ministre-chef de la diplomatie a rappelé que le besoin d’un financement pérenne de cette Force conjointe reste et constitue un objectif solide pour la Présidence en exercice du G5 Sahel.

C’est dans ce cadre qu’il a tenu à saluer une fois de plus la contribution des Partenaires, multiples dans le registre de la formation, et particulièrement l’Union européenne tout en faisant une mention sur la mission militaire de formation de l’EUTM au Mali qui pourra dorénavant étendre ses actions au Burkina Faso et au Niger. Selon lui, l’opérationnalisation de la Force conjointe réside dans sa capacité à conduire et mener des opérations sur le terrain : « Il nous faut tout à la fois “former sur le tas”et dans l’urgence et nous devrons aussi envisager la refonte de nos dispositifs de formation initiale, d’éducation militaire, et d’entrainement dans une perspective de temps de guerre qui se prolonge ».



ISSA DJIGUIBA
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