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Crise sociopolitique : IBK, un président esseulé
Publié le jeudi 25 juin 2020  |  LE Wagadu
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© aBamako.com par A.S
Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA
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Abandonné par sa majorité, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, fait seul face au Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotique (M5-RFP), qui manifeste depuis quelques jours pour exiger sa démission et celle de son régime. Pendant ce temps, sa majorité brille par son absence.
Depuis le début de la manifestation contre son régime, il y a de cela quelques semaines, les soutiens d’IBK se font rares. Isolé, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, fait seul face à la contestation contre son régime. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotique (M5-RFP), ayant réclamé sa démission et celle de tout son régime.

Un malaise au sein de la majorité

La majorité présidentielle qui devrait lui venir en aide brille par son absence. Il est vrai que le chef de l’Etat n’a pas facilité la tâche aux hommes et femmes de sa famille politique, en les traitant publiquement « de majorité molle et dolosive ». Selon de nombreux observateurs, le président de la République a écarté son parti (le Rassemblement pour le Mali, Rpm) de la gestion des affaires publiques, en indiquant que ce n’est pas le Rpm qui l’a fait venir au pouvoir. Et, des observateurs pensent que cette phrase assassine, plusieurs fois répétée, par le président IBK, a fini par entraîner un malaise au sein de sa majorité.

L’imposition de Moussa Timbiné à la présidence de l’Assemblée nationale contre le choix du parti a fini par déborder une coupe qui était déjà trop pleine. « Qu’est-ce qu’on peut faire et qu’est-ce que voulez-vous que nous fassions ?» se questionne un cadre de la majorité, selon lequel le chef de l’Etat n’a donné ni les moyens encore moins les leviers nécessaires aux membres de son parti afin de gérer une pareille crise politique.

Cette analyse de notre interlocuteur est partagée par beaucoup d’observateurs de la scène politique qui affirment que la majorité présidentielle ne peut être que spectatrice dans cette crise. Même s’ils soulignent les initiatives prises par le président du parti présidentiel, Dr. Bocary Tréta, qui se bat comme il peut pour faire descendre l’adrénaline.

C’est dans cet ordre d’idée qu’au nom de la majorité présidentielle, il a, à travers un courrier, demandé à rencontrer les acteurs du M5-RFP. Il avait auparavant rencontré au siège du chef de file de l’opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), un des membres du M5-RFP. En plus de l’initiative de Dr. Tréta, il faut aussi ajouter la création de la Convergence des Forces Républicaines (CFR), qui, au cours d’un point de presse, se dit résolue à défendre le régime IBK jusqu’au sacrifice ultime.

IBK, abandonné par ses soutiens

Malgré cela, le constat est amer : le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, se sent seul. L’attitude de ses partisans peut apparaître à bien des égards comme une trahison. Ils l’ont abandonné à son triste sort. En effet, bien qu’il soit entouré par des milliers de personnes, IBK manque d’hommes et de femmes aguerris, capables d’aller au charbon pour lui. En dehors de quelques réactions épidermiques, ses partisans manquant d’initiatives et ne veulent pas se « mouiller ».

Ceci est d’autant plus vrai qu’à part quelques-uns, aucun d’entre eux n’accepte ni de défendre ni de revendiquer publiquement le bilan du chef de l’Etat dans les médias, comme s’ils ne le partageaient pas. Ce qui fait dire aux analystes que les soutiens du chef de l’Etat lui rendent la monnaie de sa pièce.

Pour ne rien arranger, certains de ses partisans ont quitté le navire. Ce sont les cas de Niankoro Yéah Samaké et Jamille Bittar qui l’avaient soutenu en 2018 lors de la dernière présidentielle. Ils ont rejoint le camp de la contestation. Il n’est même pas exclu, préviennent les observateurs, que d’autres fassent de même.

Pourtant, les soutiens d’IBK doivent sortir de leur torpeur afin de prendre la température des évènements en proposant des solutions de sortie de crise. C’est en cela qu’ils vont rendre un fier service au chef de l’Etat et par ricochet à la République entière. Et c’est d’ailleurs sur ce point qu’ils sont attendus. Toute autre chose serait considérée comme suicidaire et pour eux et pour IBK.

Abdrahamane SISSOKO
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