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Demande de libération de Soumaïla Cissé par la France : une requête le moins inhabituelle adressée aux ravisseurs
Publié le jeudi 9 juillet 2020  |  Le Matin
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© aBamako.com par mouhamar
La signature de l`accord de coopération et de défense entre la France et le Mali
Bamako, le 16 juillet 2014 au MDAC.Ba N’Dao, ministre malien de la Défense et des Anciens combattants et Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense ont signé le nouvel accord de coopération et de défense entre les deux pays.
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Hier, mercredi 8 juillet, la voix de la France par son ministre des Affaires étrangères a demandé la libération de Soumaïla Cissé enlevé depuis le 25 mars lorsqu’il battait campagne pour les élections législatives dans sa ville natale, Nianfunké.




« La France dit son indignation devant la situation faite à Monsieur Soumaïla Cissé. C’est un leader de l’opposition. Il a été candidat aux élections présidentiel. Il a été pris en otage depuis trois mois et nous appelons fortement à sa libération. Nous appelons à ceux qui l’enferment aujourd’hui à le mettre à la disposition de la démocratie malienne », propos tenus par le ministre des Affaires étrangères de France, Jean-Yves Le Drian aux députés de l’Assemblée parlementaire de France. Par ailleurs, concernant la crise sociopolitique qui sévisse au Mali, Drian demande que la proposition de la CEDEAO soit mise en œuvre pour atténuer la crise socio politique qui prévaut.

Toutefois, ce qui est surprenant, ce n’est pas les propos du ministre Drian, mais la connotation que donne son message, et pour qui il est adressé. Un appel de la France pour le moins inhabituel.

Vu la particularité du contexte de l’enlèvement de Soumïla Cissé et des séries d’évènements étranges qui en sont d’écoulés depuis, hier l’appel lancé par Drian aux ravisseurs du chef de file de l’opposition revoie de manière implicite que l’honorable de Nianfunké n’est pas l’otage des djihadistes.

En analysant de près les dires du ministre Drian, Soumaïla est ENFERMEpar ses ravisseurs et il les appelle à le mettre à la disposition de la DÉMOCRATIE. En toute logique, quand on conjugue « enferméet démocratie », ce message ne s’adresse aucunement aux djihadistes. D’une part, ceux-ci n’enfermeront pas leurs otages vu qu’ils sont dans des endroits où ils s’inquiètent à peine, la plupart vivent dans la nature. Donc, il est peu probable que le message s’adresse à eux. Et d’autre part, qu’est-ce qu’ils ont à faire de la démocratie parce qu’ils s’en moquent éperdument ? Conclusion, ce langage de Drian est adressé probablement à ces ravisseurs peu communs qui ont la possibilité d’enfermer Soumaïla Cissé et qui de même doivent respecter le principe démocratique.

Après cette déclaration du ministre des affaires étrangères français, plusieurs observateurs soulèvent des questions. Qui a réellement enlevé Soumaila Cissé ? Où est Soumaïla Cissé ? Qui détient Soumaïla Cissé. En tout cas, tous les regards se rivent sur Koulouba, pardon Sébénikoro.

Pour rappel, Soumaïla à la tête d’une délégation de 16 personnes se rendait à Koumaira dans le cercle de Nianfounké pour battre campagne le 25 mars vers 16 heures lorsqu’ils ont été attaqués par des hommes armés non identifiés. Son garde de corps a perdu la vie et quelques jours plus tard, les autres membres de la délégation ont été libérés sauf lui.

Un enlèvement atypique qui a suscité des interrogations. Les kidnappeurs n’ont jamais contacté ni sa famille politique ni la famille Cissé. Aucune preuve de vie et aucune revendication à ce que l’on sache. Ce qui a flambé les rumeurs. Vrais ou faux ? Pour l’instant, personne ne peut ni affirmer ni infirmer. Mais, ce qui est encore plus troublant dans cette affaire, les intox véhiculés sur les réseaux sociaux sembleraient avoir leur provenance à Koulouba. Si cela est avéré, on se demande pour quelles fins ? À qui profitent ces informations mensongères ? Pourquoi chercher à remuer le couteau dans une plaie béante ? Les proches de Soumaila Cissé n’ont-ils pas assez souffert pour que l’on vienne leur leurré sur sa libération?



Dans son discours adressé à la nation au CICB le mardi 16 juin 2020, IBK a rassuré les Maliens en révélant qu’il a la preuve que le chef de file de l’opposition est vivant et que ce dernier rejoindra bientôt les siens. « Mais ce « BIENTÔT », est pour quand? », s’interrogent ses proches.



À chaque fausse information sur la libération de Soumaïla, sa famille prend un coup dur. L’angoisse monte d’un cran et elle caresse l’espoir de voir le chef de famille franchir la porte d’entrée. Au début du mois de juin, les rumeurs de sa libération ont envahi les réseaux sociaux. Ce jour à Nianfunké, c’était l’effervescence, toute la maison familiale a été nettoyée et le repas préparé pour accueillir le fils qui n’est jusque-là, pas rentré. Une autre fois à Bamako, l’épouse de Soumaïla n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, elle est restée éveillée pour reprendre aux coups de fil qui n’ont cessé de fuser toutes les minutes. Des personnes heureuses d’avoir entendu la bonne nouvelle et qui voulaient avoir plus de certitude et savoir comment il se porte. Malheureusement, ce n’était qu’une fois de plus, de l’intox. Rien d’autre!

À chaque fausse information sur la libération de Souïmala Cissé, son épouse, cette brave dame, Astan Traoré est présente pour calmer les esprits échauffés des autres. Mais, Madame Cissé n’est pas « super women ». Pour combien de temps, pourra-t-elle encore tenir ?



Neimatou Naillé Coulibaly

LE MATIN
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