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Edito : Me Kassoum Tapo, un autre pantin d’IBK
Publié le lundi 10 aout 2020  |  Infosept
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© aBamako.com par AS
Réunion du Conseil Supérieur de la Magistrature à Koulouba
Bamako, le 31 Juillet 2020 s`est tenue à Koulouba une réunion du Conseil Supérieur de la Magistrature.
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Tous ceux qui ont suivi les deux derniers débats télévisés, sur Africable Télévision et sur ORTM1 de Me Tapo, savaient plus ou moins que l’ancien bâtonnier allait rentrer dans le prochain gouvernement, tant il s’est vêtu de son manteau d’avocat pour défendre le régime IBK, en jetant l’anathème sur son opposition. Ca y est, il s’y est taillé une place de choix, en l’occurrence le poste de ministre de la Justice garde des sceaux. Son retour dans le gouvernement, après avoir été chassé comme un mal propre en 2017 pour incompétence à porter le fameux projet de révision constitutionnelle, ne saurait être nullement dû à son expertise en matière de droit, mais plutôt aux propos qu’il a tenus lors de son débat sur l’ORTM 1. Me Kassoum Tapo en débat contradictoire contre Me Mountaga Tall du M5 RFP, a laissé entendre que les seuls coupables des saccages des édifices publics et privés et même des tueries des manifestants les 10, 11 et 12 juillet 2020 sont les leaders du M5 RFP. Ces propos qui dédouanent le régime des crimes commis, suffisent à IBK pour dérouler le tapis rouge devant Me Kassoum Tapo. Le célébrissime avocat avait même laissé voir en filigrane sa disponibilité à retourner dans le gouvernement et sa détermination à faire taire la contestation.
Liant l’acte à la parole, il n’a suffi que d’une manifestation des jeunes du M5 RFP dans le cadre de la désobéissance civile, pour qu’il mette le grappin sur neuf jeunes manifestants pour troubles à l’ordre public. En procès expéditif, la justice les a reconnus coupables de troubles à l’ordre public et la sentence a été très lourde, 45 jours de prison ferme pour certains et 30 jours pour d’autres. Si en agissant ainsi le régime pense pouvoir faire taire la contestation, il se trompe lamentablement. La crise qui sévit au Mali est multidimensionnelle. Encore une fois, le régime vient de commettre une autre bévue, celle de nommer Me Tapo à la place de Me Malick Coulibaly et surtout de laisser le premier prendre une telle décision d’enfermer des manifestants en pleine tempête. Me Tapo, à la place de Me Malick Coulibaly à la justice, est un mauvais message c’est comme si IBK a fait le choix de donner un coup d’arrêt au processus de lutte contre la corruption et la délinquance financière et accorder de l’importance à la répression des manifestants, dont le seul tort est de revendiquer leurs droits.
Monsieur le Président IBK ! Mesurez-vous réellement la profondeur et la gravité de la crise qui secoue le Mali depuis 2012 ? Les mesurettes et autres actions hâtives ne feront que l’exacerber. Allez-vous faire de Me Tapo un autre pantin que vous allez secouer dans tous les sens pour le jeter après ? Il ne sert à absolument rien de tourner en rond ou de trouver des subterfuges, la seule solution qui sied pour sortir de la crise est de prendre langue avec les leaders du M5 RFP, d’accéder à leurs revendications et d’accepter un partage de responsabilités dans le cadre de la gestion des affaires publiques. Si cela devrait passer par sacrifier des têtes, le Président ne doit pas faire l’économie d’une telle solution qui permettra de sortir le pays du profond abîme dans lequel il est plongé.
En somme, l’attitude de la justice sous l’autorité de Me Kassoum Tapo, loin de faire taire la contestation, mettra de l’huile sur le feu. Le brillantissime avocat est fortement attendu sur les 61 dossiers de corruption et de délinquance financière, transmis à la justice. En tout cas, la promptitude avec laquelle elle a écroué les jeunes manifestants, la justice de Me Tapo doit pouvoir diligenter les enquêtes sur les massacres des citoyens à mains nues et tenir les procès des délinquants financiers.
Youssouf Sissoko
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