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Rencontre avec le CNSP : Les magistrats dénoncent les remises en liberté extrajudiciaires par des militaires
Publié le lundi 24 aout 2020  |  Arc en Ciel
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© aBamako.com par A S
Rentrée des Cours et Tribunaux 2018-2019
Bamako, le 22 novembre 2018 la Rentrée des Cours et Tribunaux 2018-2019 a été Présidée par le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta, président du Conseil supérieur de la magistrature
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Pendant que les Maliens s’éclataient de joie à la suite du coup d’Etat contre Ibrahim Boubacar Keita, certains militaires dits « éléments incontrôlés », ont procédé à la remise en liberté extrajudiciaire de prisonniers. Chose dénoncée par les syndicats de magistrats lors de la rencontre avec le Comité national du salut du peuple.
Suite aux événements du 18 août 2020 qui ont conduit à la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keita, certains militaires se sont donnés le droit de libérer des prisonniers sans même que la justice ne l’autorise. Parmi les prisonniers qui ont ainsi « recouvré la liberté » figurent l’ancien Président de l’APCAM, Bakary Togola. Alors qu’il était en traitement dans une clinique de la place, les maliens ont été surpris de voir sur les réseaux sociaux le Président Togola dans une photo avec un personnel de l’APCAM.

Cette liberté Bakary Togola considérée d’« extrajudiciaire » intervient quelques jours après qu’il y a été question du paiement d’une caution de 3,2 milliards de F CFA afin qu’il recouvre la liberté provisoire. Faut-il rappeler qu’il est reproché à M. Togola et à certains de ses collaborateurs la disparition de 11 milliards de F CFA.

Et, cette remise en liberté extrajudiciaire de l’ancien patron des contonculteurs, a été inscrite en bonne place dans l’ordre de jour de la rencontre Sylima/Sam avec le Comité National pour le Salut du Peuple, le jeudi 20 août 2020.

Pour les magistrats, « cette situation porte atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire d’une part et, de l’autre, corrode l’image même de la junte qui se veut d’apporter le changement en vue, entre autres, d’une justice plus crédible et plus efficace », a rapporté un confrère. Et par conséquent, les deux organisations syndicales, ont affirmé qu’ils ne « pouvaient se garder de protester contre ces atteintes qui n’honorent personne ».

Le CNSP, a ajouté un confrère, a dit apprendre des syndicats ces comportements ignobles. Et d’ajouter que « ces faits ne sont nullement commandités par la junte qui, d’ailleurs les condamne ».

Tout en présentant ses excuses aux syndicats de magistrats, la délégation du CNSP a pris l’engagement ferme « de tout mettre en œuvre en vue de la réintégration des évadés dès que possible ». Et de conclure que les agissements sont le fait d’éléments incontrôlés.

C’est dire que dans les moments à venir, le Président de l’APCAM va retourner en prison ou du moins à la clinique « poursuivre son traitement » ainsi que le reste des personnes relâchées.

Outre Bakary Togola, plusieurs jeunes manifestants qui purgeaient leur peine suite à leur condamnation lors des journées de désobéissances civiles, ont recouvrés leur liberté. Il s’agit de Ousmane M. Traoré, un leader de la jeunesse M5-RFP. Ce dernier a été interpellé par la gendarmerie du camp 1, jugé et condamné à 6 mois de prison. Une dizaine de jeunes qui sont dans le même cas que lui, ont recouvrés la liberté quelques heures après le renversement du pouvoir. Il va s’en dire que force reste à la loi pour un Mali nouveau.

Amadou Sidibé
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