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Au Mali, l’ultimatum de la Cédéao passe mal
Publié le mardi 8 septembre 2020  |  dw
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© Présidence de CI par DR
Cérémonie solennelle d`ouverture du 57ème Sommet ordinaire de la CEDEAO
Cérémonie solennelle d`ouverture du 57ème Sommet ordinaire de la CEDEAO, à Niamey (Niger), ce lundi 07 septembre 2020
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La Cédéao a lancé un ultimatum d’une semaine au CNSP pour désigner un président et un Premier ministre civils. La décision est diversement accueillie.

À l’issue d’un sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement tenu le lundi 08.09 à Niamey au Niger, l’organisation sous-régionale a donné jusqu’au 15 septembre aux meneurs du coup d’état militaire qui a renversé le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta pour remettre le pouvoir aux civils en vue de la transition. Une annonce qui intervient 72 heures avant les concertations nationales sur la transition prévue de jeudi à samedi.
La réaction de la Cédéao était très attendue par le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) qui avait multiplié ces derniers jours les gestes d’ouverture notamment à travers l’évacuation sanitaire de l’ex-chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta vers les Émirats arabes unis. Mais l’organisation sous régionale a plutôt durci le ton face aux militaires au pouvoir au Mali pour un retour à l’ordre constitutionnel normal avec un président et un Premier ministre civils. Selon Aboubacar Sidiki Fomba, président du parti ADPM (Alliance Démocratique du Peuple Malien), la Cédéao se trompe de combat :

"La Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) est dans son rôle de prédation politique. La Cédéao ayant perdu le monopole de la guerre au Mali pense pouvoir se rattraper en insistant sur un choix civil. La Cédéao a son civil, mais pas le civil malien. Ce ne sera pas le choix de la Cédéao qui sera respecté au Mali. Nous, nous sommes dans une logique de refondation de notre pays. Le fait de dire qu’il faut un civil pour diriger la transition est une façon de nous faire revenir en arrière et de faire comme en 2012".
En 2012 en effet, il y a eu un coup d’état militaire mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses camarades d’armes pour renverser le régime d’ATT.
La question sur la durée et le profil de la personnalité qui doit diriger la transition divise dans le pays. A l’issue des réunions préparatoires des concertations nationales tenues ce week-end sur l’ensemble du territoire, les régions de Mopti dans le centre du pays et de Tombouctou dans le nord, ont porté leur choix sur un militaire pour diriger la transition.
La ville de Gao, toujours dans le nord, joue de son côté la carte d’un civil comme président de l’organe transitoire. Pour Abdoulaye Guindo, journaliste-blogeur et coordinateur de la plateforme Benbere, l’ultimatum de la Cédéao va peser sur les assises nationales sur la transition.
"Les décisions peuvent effectivement influencer les concertations qui s’ouvrent le 10 septembre dans la mesure où cet ultimatum sera suivi des sanctions plus aggravées si la junte (CNSP) ne confie pas le pouvoir à un civil. Donc de peur de subir les conséquences de cette sanction de la Cédéao, certaines personnes vont pouvoir peut-être se rétracter ou du moins vont proposer qu’un civil soit à la tête de la transition", explique-t-il.

Boubacar Salif Traoré, directeur de Afriglob Conseil et spécialiste du Sahel, critique lui aussi la décision de la Cédéao. "Je suis surpris par cette réaction, car des concertations sont en cours. C’est aux Maliens de décider de la forme que devra prendre la transition", soutient le chercheur.
Pour l’instant, il n'y a aucune réaction du CNSP après cet ultimatum lancé par les chefs d’Etat et de gouvernements de la Cédéao qui ont réitéré leur position : la future transition ne doit pas excéder douze mois.
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