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Mali Post-Ibk : La junte, un otage !
Publié le jeudi 17 septembre 2020  |  Le Démocrate
Transition
© aBamako.com par AS
Transition malienne : Le Cnsp face à la presse
Bamako, le 16 septembre 2020. Le porte-parole du Cnsp, le colonel Wagué, était face à la presse au lendemain du mini-sommet de la Cedeao sur le Mali, à Accra.
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Même si ceux qui ont été engagés pour dissoudre le Mouvement du 05 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) avaient réussi, d’autres mouvements de contestations plus violents que le M5RFP verront jours.
La grosse stupidité dans laquelle beaucoup se sont noyés est basée sur la proposition miraculeuse des recettes de la sécurité pour libérer le Mali. Seul alibi qui pousse certains Maliens dans l’agitation pour une transition militaire. Au risque de nous répéter, il faut rappeler que pour connaître la force ou la capacité d’un organisme, il faut se référer sur son mode de fonctionnement d’un moment donné à un autre. Un beau matin, les Maliens se sont réveillés et se sont rendu compte que leur pays a été occupé, au point d’être obligé de demander une aide imposée d’un autre pays qui n’a jamais quitté et qui a toujours continué ses programmes de pillage pour les rendre effectifs avec des vastes programmes militaires.
L’armée malienne était disloquée. Bien vrai que c’était un travail sur un long moment. Cette même armée, s’est vue soumettre des contrats de défense, l’imposant de se mettre au second rang dans une guerre qui menace sa propre souveraineté. Que la France soit une super puissance militaire, ou qu’elle dispose de l’arsenal nécessaire pour rayer le Mali de la carte du monde, elle ne pourrait en aucune manière aider à affaiblir l’armée malienne sans l’adhésion de la hiérarchie militaire malienne.
Les dégâts et les pertes que l’armée malienne a subis ces huit dernières années, en plus de la corruption et le sabotage instaurés pour la rendre obsolète, ne pourront être accomplis sans l’implication de cette même hiérarchie militaire malienne, qui est infiltrée jusque dans ses secrets profonds. L’intérêt que la France porte pour cette opération d’envergure sur le Mali ne la permettrait jamais de laisser le peuple malien exiger le changement souhaité. Parce que malgré tous les cris, cela n’a pas mis fin aux morts, à l’inondation d’autant d’armes de guerre sur le territoire malien pour le même objectif. La junte militaire, malgré les efforts fournis pour garder le sang-froid, il suffit de regarder ses agissements et les signes des erreurs et contradictions qu’elle laisse derrière elle pour s’en rendre compte de la pression subie.
Des militaires qui viennent pour sauver le Mali, ne peuvent se comporter de cette manière avec le peuple malien. Leur intention de dissoudre le Mouvement du 5 juin était évidente depuis les premiers contacts et les procédures de dialogues inutiles et douteux qu’ils ont établis, afin de maquiller la scène. La situation du Mali est tellement grave qu’elle indique toutes les possibilités d’un autre soulèvement qui risquerait d’être chaotique. Parce que d’un côté, il y a des programmes militaires d’envergure sur le Mali. Et de l’autre côté des populations qui s’impliquent de plus en plus pour exiger la récupération de leur pays et leur souveraineté nationale.
Pour l’instant, ce sont les agents secrets haut placés de la France qui tirent les ficelles. Et ceux connus ont déjà les têtes au-dehors. Ils font le jeu, entre une armée tenue jusque dans ses entrailles et une société civile qui devient de plus en plus hostile à ces pratiques mafieuses qui continuent de détruire le Mali. L’autre carte maîtresse du jeu, est la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (CMA). Un mouvement de groupes armés, à la solde de la France pour être les principaux acteurs de toute cette instabilité, au nom d’un accord d’Alger qui n’a jamais trouvé bon écho dans la société civile malienne. Il est évident que tout se joue maintenant, puisque le départ D’IBK qui a été considéré comme une démission continue de révéler les vraies raisons de ce supposé coup d’État non assumé. De la même manière qu’IBK était un otage de la hiérarchie militaire, de la même manière, cette junte militaire est en otage et agit en otage. Quelqu’un qui a une arme sur la nuque et fait face à un peuple qui ne voit pas celui qui tient l’arme, comment peut-il expliquer à ce peuple ce qui se passe ?
Si le M5-RFP n’obtient pas le soutien inconditionnel du peuple malien pour exiger un renversement radical de la situation, il finira par se fondre comme du beurre sous le soleil. Pas seulement parce que le M5-RFP est le seul mouvement légitime, mais parce que c’est le seul mouvement qui pourrait réunir le peuple malien face à ce drame tragique qui s’annonce. C’est une situation militaire qui a été couverte pour donner une apparence politique, parce qu’il s’agit également de la société civile malienne face à des militaires.
Une seconde option consistera de mettre un civil, voire un ancien militaire démissionnaire de l’armée pour gérer la transition. Parce qu’un civil sans connaissance militaire, tiré de la société civile risquerait d’être assassiné au pire s’il tentera de changer la donne. Au mieux, on lui imposera des vacances forcées dans un isolement surveillé. La situation du Mali est à un niveau très critique. Ce qui ne risquerait pas de s’atténuer avec ce jeu de volte-face. Tout le monde est piégé, et toute personne qui introduit sa tête prendra peur, parce que nous sommes contrôlés et en danger comme jamais dans notre histoire d’État souverain.
Touré Abdoul Karim
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