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Alassane Souleymane, journaliste : “Mes années ATT”
Publié le samedi 14 novembre 2020  |  Aujourd`hui
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Le président ATT s’est éteint le 10 novembre 2020, laissant sans aucun doute une nation entière et une grande famille inconsolables. Lui qui était témoin en septembre dernier tout près de la disparition de son prédécesseur Moussa Traoré ; lui qui, dans une grande interview juste après sur l’ORTM rassemblait de nouveau les Maliens sur ce qui les unit, le Mali, en parlant des grands sujets du pays et de son œuvre. Que retenir d’ATT ? Le président, le soldat de la démocratie, l’officier général, le bâtisseur des logements sociaux, des hôpitaux, des routes et ponts du développement, l’homme d’Etat malien et africain ? On retiendra sans doute le tout. ATT comptera pour ce Mali qu’il a aimé de tout son cœur, de toutes ses forces. Ce Mali qu’il a dirigé avec ses ambitions, sa force, ses erreurs. ATT fut président, mais il est resté un simple humain dans tout ce qu’il a fait. Cela se voyait dans son immense humilité. Pour l’avoir très bien approché sur le plan professionnel pour la plupart pendant presque ses neuf ans de présidence, j’ai vu un grand passionné du Mali, très marqué par les douleurs de l’Histoire récente du pays, des erreurs de ses prédécesseurs qu’il n’a jamais dénoncées mais tenté de réparer car, pour lui, l’Etat, la nation doivent rester une continuité. A Bamako, dans les régions, à travers le monde, j’ai pu côtoyer un homme d’Etat. Celui qui était la veille avec le paysan du Mali profond et le lendemain avec le souverain d’un pays lointain. J’ai entendu le regretté président, bien avant la fin de sa présidence, caresser le rêve de finir ses vieux jours dans un champ de riz de sa région tant aimée Mopti ; Mopti du “Soudoubaba”. La situation sécuritaire qui se prolonge et une santé fragile ont dû contrarier ce dessein humain. Et se fondre dans son destin. Je reviens sur des anecdotes qui m’ont marqué pendant le court temps que j’ai couvert l’homme en tant que journaliste du service public. Ce temps a été dense et constitue ce que j’appelle dans ma courte carrière, “Mes années ATT”.
Mai 2004, départ de Kadhafi à Bamako-Sénou. Notre première rencontre, sinon je dirais la première fois qu’il a porté le regard sur moi, remonte au mois de mai 2004. Ce jour-là, jeune reporter à l’ORTM, je me suis retrouvé, par un heureux coup du sort, en remplacement d’une aînée empêchée, à aller couvrir le départ du chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, à Bamako-Sénou, à la fin du sommet de la CEN-SAD que notre capitale venait d’abriter.

Mon équipe était au salon d’honneur quelques minutes avant l’arrivée des deux chefs d’Etat. Ma tâche était lourde parce qu’elle consistait à recueillir les propos du Guide libyen avant qu’il ne regagne son avion. C’était une lourde responsabilité d’autant que j’étais tout jeune, et n’étais pas encore entré dans le groupe des “grands reporters” qui couvrent d’habitude le président et les chefs d’Etat étrangers. Lorsqu’on nous appelle pour entrer dans le salon où se trouvaient les deux chefs d’Etat, j’en étais encore à me demander par quelle question commencer.

Finalement, je commence par une question ordinaire comme les impressions du Guide après le sommet de Bamako. Jusque-là tout va bien. C’est ma deuxième question qui est plus audacieuse et je ne me souviens pas trop des mots mais c’était sur la portée d’une telle organisation qui vient s’ajouter à d’autres et quelle était la valeur ajoutée, quelque chose comme ça. Alors quand ATT, qui était juste à côté de son homologue a entendu la question, il a poussé une grosse exclamation comme il savait le faire entre rire et étonnement. Bref l’entretien se passera bien et toutes les deux délégations sont sorties pour aller sur le tarmac.

Mon micro en main je suis resté aux abords laissant mon caméraman filmer les séquences du départ. Lorsque le Guide est entré dans son avion, le président ATT est revenu sur les rebords du tarmac, côté salon pour voir l’avion libyen décoller. Je me retrouvais en ce moment juste derrière lui. Il a le temps de jeter un coup d’œil derrière et nos regards se sont croisés. Il m’a lancé : “Jeune homme, c’est bien. Courage !”. Après je l’ai entendu, malgré les bruits ambiants et forts, dire à son chargé de communication qui officiait ce jour, le regretté Issa Sacré, qu’il ne me connaissait pas dans l’effectif de l’ORTM, si j’étais nouveau. Etant si près des deux hommes, je pouvais entendre. Et Sacré de lui dire que je venais de commencer à l’ORTM, que jetais un sortant du Cesti et que lui et moi nous étions côtoyés dans cette école à Dakar et bien au-delà.

C’était le point de départ d’une relation d’estime entre cet Homme d’Etat et moi et c’est resté dans le cadre professionnel jusqu’à son départ du pouvoir.

Décembre 2004, route Naréna-Kouremalé. Je retiens cette date, parce qu’elle m’est symbolique. Ce fut mon premier reportage avec le président ATT sur le terrain après l’épisode du salon d’honneur de l’aéroport qui était accidentel. Il s’agissait de l’inauguration du tronçon Naréna-Kouremalé, avant la finition de la route Bamako-Kouremalé, donc Frontière guinéenne. Les populations sont sorties massivement. Il y eut des discours.

Je retiens cet épisode pour faire ressortir le côté affable de l’homme, ce côté à plaisanterie qu’il a toujours fait avec les Coulibaly, Maïga, Kéita et autres. Je me souviens qu’après les discours à Naréna et au moment de prendre les véhicules pour Kouremalé, je me suis retrouvé à son niveau, mon micro en main. Il me chuchota rapidement : “Petit frère, tu vois nos cousins malinkés. Ils veulent une route goudronnée mais dans leurs discours ils se plaignent de la poussière dégagée par les travaux”, avec un sourire, le tout dans le pas militaire vif qu’on lui connaissait.

Le cousinage à plaisanterie du président ATT avec les Coulibaly restera longtemps dans la mémoire collective des Maliens.

2005, la Loi d’orientation agricole. En 2005, ATT voulait doter le monde rural malien d’une Loi d’orientation agricole pour soutenir le monde paysan et toute l’organisation autour de notre modèle de production agro-sylvo-pastoral qui reste le pilier de notre économie. Pour réussir ce pari, la cellule de communication de la présidence a piloté la réalisation d’un magazine pour relever à la fois le potentiel rural malien mais aussi les goulots qui entravent son développement. J’ai eu l’honneur de réaliser cet important document de 52 minutes. Pour faire le travail, avec mon aîné Kader Maïga de la Cellule et mon caméraman, nous avons sillonné le Mali de Kita à Ansongo, de long en large, à la rencontre des producteurs, des responsables administratifs et techniques de tous les secteurs et les chaines de valeur.

Le 7 février, le président a réuni le gouvernement, les gouverneurs de régions, les chefs d’institutions, les partenaires au développement, les représentant de tous les secteurs ruraux pour une cérémonie de lancement de cette loi. Un extrait de 26 mn de notre documentaire fut projeté dans la salle. Le président en était tellement satisfait qu’il a demandé à son conseiller à la communication de me transmettre personnellement son message de félicitations.

La Loi sera votée l’année suivante et promulguée en décembre 2006.

Ce passage me permet d’insister sur l’attachement incommensurable du président ATT au monde rural. Au-delà des réalisations de ses différents programmes, je fus surpris une fois en voyage avec lui au Gabon, qu’il insistait même lors des déplacements à l’étranger d’avoir le bulletin météo quotidien s’informer de la situation pluviométrique.

2006, le Pont de Wabaria. La route Sévaré-Gao a été une grande réalisation qui a soulagé les voyageurs du septentrion, mais elle restait inachevée tant qu’il fallait prendre le bac à Wabaria pour traverser le fleuve Niger et entrer dans la ville de Gao. Dès son arrivée, ATT en a fait une priorité.

Pour commémorer l’an 3 de son premier mandat, j’ai été chargé de réaliser le magazine sur les chantiers routiers. Mon équipe de reportage a séjourné deux jours à Gao où nous avons filmé les passagers des cars de transport qui étaient obligés de dormir sur des nattes en location au bord du fleuve, à deux kilomètres à peine de la ville, car, au-delà de 18 h il n’y avait plus de bac. Au même moment nous filmions les chantiers du pont. A la veille de son inauguration en septembre 2006, je suis revenu à Gao avec une équipe pour filmer la fin des travaux et avant que le pont n’entre en service, le bac vivait ses derniers jours et les passagers retardataires continuaient à braver les moustiques avant la traversée le lendemain matin au lever du soleil.

Encore une fois, le jour de son inauguration, je fus honoré d’accompagner le président ATT pour la Capitale des Askia. Je me souviens comme si c’était hier, lorsque l’avion s’est stabilisé après le décollage, il est venu nous retrouver dans le compartiment réservé à la presse, accompagné de son épouse Lobo Traoré, et nous lança : “Mais avec les excellents reportages que j’ai vus à la télévision, tout a été dit et montré. Je me demande même si c’est la peine de faire une inauguration. Félicitations pour le bon travail”.

ATT a fait des ponts de Wabaria partout au Mali, de Tiendaga à Kankela, en passant par Nienindougou à Garalo et le 3e Pont de Bamako. Je l’ai suivi dans les inaugurations des routes Kati-Kolokani, Gao-Ansongo-Labbezanga, Diola-Massigui-Koalé-Zantiébougou, Bamako-Kita, rénovation de la route Bamako-Bougouni-Sikasso, etc.

Septembre 2008, voyage aux USA. En septembre 2008, j’ai eu la chance et l’honneur d’être invité par le département d’Etat américain à un voyage de presse regroupant 21 journalistes de par le monde pour couvrir le début de la campagne présidentielle américaine avec comme plat de résistance, le premier débat Obama-McCain à Stanford, dans le Mississipi.

Avant mon départ, j’ai pris le soin d’informer mon aîné de la cellule Diarra Diakité lors d’un chat virtuel. Il a dit que s’il avait l’occasion il informerait le président. Je fus agréablement surpris deux jours plus tard, d’une invitation à me rendre au bureau du président. C’était un mercredi, après le conseil des ministres. Accompagné du chargé de mission Kader Maïga, le président me reçut dans son bureau. C’était la première et c’est également la seule fois dans ma vie. Ce n’est pas donné d’être reçu au bureau du Président de la République et je fus honoré à la hauteur de l’invitation de ma modeste personne à représenter le Mali dans ce voyage de presse pour la campagne présidentielle américaine. Les échanges ont duré une vingtaine de minutes. Le Président me félicita de cette chance que j’avais de couvrir un tel évènement. Il a évoqué les deux candidats et prédisait une probable surprise d’Obama. A la fin de l’entretien, il me remit une enveloppe pour selon lui “les cadeaux de mon épouse et des enfants”.

A mon retour, je lui fis parvenir un tee-shirt VIP à l’effigie d’Obama.

Cinquantenaire du Mali en 2010. Je dirais que cette année marque l’apogée de la présidence d’ATT. Cela lui faisait hui ans au pouvoir, plus de la moitié de son deuxième mandat et deux ans pour quitter le pouvoir. C’était symbolique pour lui et je suis sûr qu’il a mesuré la portée d’un tel tournant… historique.

Pour marquer les esprits, pas mieux que des festivités à la grandeur de l’Histoire et du peuple maliens. Il sut le faire entre festivités et construction d’ouvrages. J’ai eu la chance de couvrir la majorité des événements du cinquantenaire pour l’ORTM : le lancement des festivités à Logo Sabouciré, les courses de chameaux à Tombouctou et Kidal, de pirogues à Mopti, la Biennale à Sikasso, le grand défilé militaire à Bamako, le lancement des travaux du barrage de Taoussa, etc.

De 2002 à 2010, ATT a sillonné le pays entier pour lancer des projets ou programmes et inaugurer des infrastructures. Il a continué jusqu’à la fin de sa présidence.

Avril 2011. Opération sauvetage de Kadhafi. Les turpitudes des relations internationales ont des impacts à la fois sur les Etats et les hommes d’Etat. Elles auront jeté leur coup du sort sur les relations entre le Mali et la Libye. Ces deux pays partagent beaucoup en commun depuis les indépendances et surtout lors du long règne de Mouammar Kadhafi.

On sait des relations tumultueuses entre le Mali et la Libye du temps du président Moussa Traoré dans le contexte de la guerre froide. Mais ces relations sont devenues plus sereines après la chute du Mur de Berlin. La solidarité du Mali avec la Libye sous embargo international dans la deuxième moitié des années 90 aura été bien remarquée avec le président Alpha Oumar Konaré qui a bravé maintes fois l’embargo et s’est rendu à Tripoli par la route à partir de la Tunisie.

Le président ATT, très aligné sur la diplomatie silencieuse et tempérée traditionnelle du Mali continuera dans le sillage tracé par son prédécesseur. Le sommet de la CEN-SAD en mai 2004 à Bamako fut à coup sûr le levain de la dynamique coopération entre le Mali et la Libye. Les deux chefs d’Etat vont beaucoup s’estimer, avec une convergence de vue sur l’émergence de l’Afrique par une vision propre africaine. Le Mali sera par la suite un terrain de prédilection des investissements libyens entre hôtellerie, agriculture et autres.

Le Mali est un pionnier du panafricanisme et un des chantres de l’unité africaine. C’est dans cette veine, avec les vastes chantiers de l’UA née des cendres de l’OUA à Syrte, en terre libyenne et le leadership avéré du guide libyen, que les relations entre les deux dirigeants vont se raffermir.

C’est donc à juste titre, lorsqu’en 2011, la Libye et son Guide sont remis de nouveau sous embargo, avec une offensive de l’Otan au premier plan, que le président ATT est choisi parmi le panel des chefs d’Etat de l’UA pour mettre en forme un plan africain de sortie de crise.

Après une tentative avortée de se rendre en terre libyenne en mars 2011, la deuxième le mois suivant sera la bonne. Les présidents mauritanien, congolais, sud-africain et malien font un cortège aérien de Nouakchott à Tripoli le 10 avril 2011, après accord de l’Otan. A l’arrivée à Tripoli, c’était un accueil des grands jours que le Guide libyen a organisé pour ses quatre pairs, lui qui n’est plus sorti de son pays depuis un trimestre.

Le lendemain, le groupe de chefs d’Etat s’est rendu dans le fief de la rébellion à Benghazi. Pas d’accueil, une atmosphère lourde. Les rebelles ont fait sortir des manifestants tout autour de l’hôtel Tibesti pour scander des slogans hostiles à l’UA. Pour eux, ce sont des amis de Kadhafi qui venaient essayer de le sauver. Après des heures de discussion, la délégation africaine de haut niveau a décidé de quitter l’hôtel vers 17 h. Mais les manifestants ne voulant rien entendre, les membres du CNT n’ont eu que la saugrenue idée de proposer aux chefs d’Etat de sortir par une porte dérobée. Une tentative flagrante d’humilier de hautes personnalités. Devant l’intransigeance de ces dernières, la partie rebelle s’est résignée à créer les conditions de départ en sécurité et sans anicroches.

Chaque délégation a regagné son pays.

Le lendemain, lundi 12 avril 2011, j’ai dû rester trois heures à la rédaction “à Bozola”, à retourner ma plume ne sachant pas par où commencer mon papier. Avant nos compte-rendu, les medias internationaux avaient déjà annoncé l’échec de la mission et, plus grave, avaient en effet annoncé que les chefs d’Etat sont sortis par une portée dérobée. C’est un appel du protocole de la présidence qui m’a sorti de mes réflexions pour me dire que le président ATT voulait voir les deux journalistes de l’ORTM et de l’Amap. Nous sommes allés immédiatement à Koulouba, passés par le bureau du ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, avant d’aller à la rencontre du président. Dans les deux cas, c’était la toute première fois et la seule que j’avais droit à un tel briefing. Le sujet était délicat pour nos pays et pour l’Histoire de l’Afrique. ATT voulait nous aider à comprendre certains pans à la fois de la mission et du contexte. Ce qui me fut particulièrement bénéfique pour trouver le meilleur angle de traitement. Un véritable ouf de soulagement !

Vendredi 24 février 2012. Inauguration des voiries urbaines de Koulikoro

Ce jour, je me retrouvais à Koulikoro dans cet événement, non pas en reporter mais en maître de cérémonie. J’ai voyagé ce jour dans mon propre véhicule de Bamako à Koulikoro. Comme c’était un vendredi, je suis sorti de la capitale après la grande prière. Je fus intrigué ce jour par un détail. De Bamako à Koulikoro, aucun véhicule ne m’a dépassé, ces bolides de 4×4 de grandes personnalités et surtout de courtisans qui couraient de cérémonies en cérémonies partout où le président partait. J’ai eu les 9 ans de la présidence ATT pour bien savoir cela.

En bon observateur, l’on pouvait facilement trouver l’explication dans le contexte socio-politique de l’époque. On était bien le 24 février 2012. Au début du mois, il y eut la marche des femmes du camp de Kati, le 2 février. Elle-même consécutive à la tragédie d’Aguelhok en janvier, le mois précédent. Le contexte socio-sécuritaire national était lourd, rempli de tristesse, de méfiance. Et puis à deux mois de la fin de la présidence d’un président non candidat, ce dernier ne semble plus un enjeu pour le côtoyer. Hommes politiques, opérateurs et autres se préparent déjà à l’après-ATT.

C’est dans ce contexte que la délégation du président est arrivée à Koulikoro. On était loin des grandes manifestations pour accueillir le président tel que j’ai connu pour tout ce qu’il a fait dans le pays. Et pourtant il s’agissait d’inaugurer 5 km de voiries urbaines qui changeaient considérablement le visage de la Capitale du Méguétan.

A part les scolaires mobilisés, il n’y avait pas grand monde devant la Maison du peuple. Le président avait les traits tirés, entourés des collaborateurs proches, des autorités politiques et administratives. Son discours a été l’occasion pour lui d’évoquer le contexte décrit plus haut, et de mettre en garde certains politiciens qui attisaient le spectre à la fois de la haine, de la division ou encore de la guerre civile.

Je pense que ce fut la dernière mission d’ATT à l’intérieur du pays avant les évènements douloureux le mois suivant, en mars 2012. C’était la dernière fois que je voyais le président ATT physiquement et sur le terrain en tant que président. C’était le rideau d’une présidence travailleuse, qui mit le Mali en chantier.

J’airai pu beaucoup dire et redire.

Amadou Toumani Touré a aimé ce pays, l’a servi et je puis le témoigner. Comme tout humain son œuvre et son règne ont eu un temps de grandeur et un temps de décadence. J’ose personnellement croire, et je n’ai aucun doute, que les Maliens ont fini de faire la synthèse et retiennent pour l’éternité les aspects positifs de sa gouvernance, ceux-là qui continuent d’impacter indéniablement sur le quotidien de millions de citoyens.

J’ai une pensée pour sa famille, particulièrement sa fille Mabo, la seule dans la famille avec qui j’ai quelques rares fois échangé. Pensée pour ses proches collaborateurs avec qui j’ai appris à servir le pays à travers ATT. Je pense à feu Sacré Issa qui aimé ATT dès sa jeune enfance à Para Djicoroni jusqu’aux heures de collaboration, mes ainés Seydou Sissouma (ancien conseiller à la communication et aujourd’hui directeur de cabinet du défunt président), Diarra Diakité et Kader Maïga.

ATT est mort pour nous tous, pour le Mali.

Cher “grand frère”, “cousin”, tes œuvres indélébiles parleront pour toi pour l’éternité au Mali, pendant ton repos éternel.

Qu’Allah le Tout Puissant, le Clément et le Miséricordieux, vous accueille, cher président, dans son Paradis. Amina !
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