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Pourquoi le projet de l’avant projet de loi contre la Violence Basée sur le Genre
Publié le vendredi 8 janvier 2021  |  Le Républicain
Conférence
© aBamako.com par AS
Conférence de presse du Collectif des Associations Musulmanes du Mali
Le Collectif des Associations Musulmanes du Mali a animé une conférence de presse sur la crise scolaire le 11 Février 2020 à la Maison de la presse. Photo: Mohamed Kimbiri
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Aujourd’hui, si un évènement social, culturel et politique défraie la chronique et qui mérite une attention particulière, c’est bien la croisade déguisée contre le Code des personnes et de la famille. Surpris, ébahis, et abasourdis, nous nous demandons au nom de quel impératif d’urgence s’imposait aujourd’hui cette levée de bouclier contre un code déjà promulgué en 2012 et son décret d’application validé. Loin de moi une polémique ou une critique stérile, je me contenterai de rappeler très brièvement comme argumentaire quelques articles controversés de l’avant-projet de loi dénommé « Loi Portant prévention, répression et prise en charge des violences basées sur le genre en République du Mali » entre autres : l’article 2, l’article 3, l’article 4, l’article 6 et l’article 120.

Le nouveau code de la famille, adopté par l’Assemblée nationale malienne, est perçu comme une déception, une humiliation et une capitulation pour l’Occident et ses marionnettes muées en défenseurs des droits des femmes. Parce que le texte final adopté a supprimé et modifié les articles jugés par le Maître et ses sbires comme progressistes en faveur, notamment des féministes. Dans leur entendement, le texte promulgué en 2012 a été épuré de tous les droits nouveaux qu’une première version avait d’abord envisagé d’accorder aux femmes. Par rapport à l’ancien texte et parmi les points les plus litigieux, figure l’âge du mariage chez la femme qui est passé à 16 ans contre 18 dans l’ancien texte. . Le mariage religieux, célébré dans les mosquées, est désormais légalisé. L’homme est consacré comme unique chef de famille contrairement à l’ancien texte qui avait remplacé cette « puissance paternelle » par une « autorité parentale » qui, pour beaucoup, consacrait l’égalité hommes/femmes.

Le ridicule ne tue plus. Le seul crime de lèse-majesté commis par le législateur malien est la référence à nos valeurs sociétales et religieuses normatives au détriment de leur fameux droit de perversion de l’homme. Dès son adoption, d’intenses mobilisations et activités subversives ont été menées pour ôter de ce code de toute référence à nos valeurs sociétales et religieuses normatives

D’abord, Najat Vallaud-Belkacem, ministre française des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement de l’époque, avait fait une visite au Mali du 27 au 28 février, avec une déclaration qui avait fait tressaillir la Communauté musulmane du Mali, « le temps est venu aujourd’hui de revenir sur ce texte ; le Code ».

Quelques jours plus tard, au début Mars, c’est encore une délégation suédoise qui, après une séance de travail avec les députés maliens est revenue sur la modification du même texte : le code.

Sous la pression occidentale, le Ministère malien de la justice et des droits de l’Homme, le 30 Mars 2017, a adressé au Président du Haut Conseil Islamique du Mali (Mahmoud Dicko) une correspondance avec comme objet : Projet de loi Portant modification du code des personnes et de la famille. Les modifications concernaient 3 articles : l’adoption : article 241, la célébration du mariage religieux : article 300, et l’acquisition de la nationalité malienne par voie de naturalisation : article 540.

Pourquoi une telle levée de bouclier contre un Code voté par des Maliens, pour les Maliens comme si ce code est maintenu ; le Mali va de charybde en scylla. Nous devons comprendre que la règle N°1 de toute guerre est de connaître son ennemi et de comprendre sa stratégie et sa tactique. La 2ème est d’adapter la stratégie et la tactique aux circonstances. C’est dans l’euphorie de la célébration de la journée mondiale de la lutte contre la VBG, que le Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et certaines féministes aux ordres de l’Occident ont élaboré un avant-projet de loi dénommé « Loi Portant prévention, répression et prise en charge des violences basées sur le genre en République du Mali », l’antithèse du Code des personnes et de la Famille. Le terme violence est décrit, pas avec notre conception traditionnelle et religieuse, mais avec l’esprit et la vision occidentale. Le Prophète de l’islam nous conseillait en ceci : « le meilleur d’entre vous est celui qui se conduit le mieux envers sa femme… ». Cet avant-projet de loi est attentatoire aux principes de toutes religions révélées dont l’islam en particulier, aux valeurs ancestrales, aux us et coutumes du Mali

Le nouveau texte proposé comporte certains articles controversés qui jurent avec notre Code des personnes et de la famille. Nous citerons entre autres :

Article 2 : « Aucune coutume, tradition, culture ou religion ne peut être invoquée pour justifier la perpétration d’une violence basée sur le genre, disculper un auteur quelconque de ce type de violence ou minimiser la peine applicable à l’encontre de celui-ci ». Quelle est la valeur ou l’importance d’une loi au Mali de Kouroukan Fouga, de la Charte de Mandé, qui rejette ou nie toute référence à nos valeurs ancestrales et religieuses ? Avec cet-avant-projet de loi, les valeurs occidentales, à travers leur vision, deviennent la norme et nos valeurs sociétales normatives et religieuses comme obsolètes. Pour tout citoyen patriote, notre cher Mali d’aujourd’hui n’a vraiment pas besoin d’une telle loi scélérate. « Quiconque rase sa tresse de reconnaissance deviendra un inconnu », a dit un adage de chez nous. À cet effet William Duran, historien et écrivain américain disait : « une nation n’est pas conquise de l’extérieur tant qu’elle ne s’est pas détruite de l’intérieur ».

Article 3 : « La présente loi protège toute personne sans aucune forme de discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre… ».

Cet article dudit document sur le genre cache sournoisement la défense de la pratique de l’homosexualité dans leur nouvelle définition du genre.

Article 4 : « Enfant : Tout être humain âgé de moins de dix-huit ans ». Cet article contredit la section (de l’âge requis du code voté), et abroge expressément son article 281 « l’âge minimum pour contracter mariage est fixé à dix-huit (18) ans pour l’homme et seize ans (16) ans pour la femme. L’âge du mariage chez la femme est passé à 16 ans contre 18 dans l’ancien texte. C’est par cette ruse de Sioux qu’il a été édicté par les initiatrices de cet avant-projet de loi en l’assimilant au mariage d’enfant que « toute célébration par un officier d’état civil ou une autorité religieuse ou traditionnelle habilitée par la religion ou la coutume, dont l’un au moins est âgé de moins de dix-huit ans sera qualifiée de mariage d’enfant ». Or, le mariage d’enfant fait partie des mariages prohibés et puni d’une peine d’emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 francs par leur texte proposé.

Article 6 : Agression sexuelle. « Toute atteinte sexuelle commise sur une personne sans son consentement ». Cet article vise d’une manière voilée la concrétisation du viol conjugal. Cet article viole par conséquent certaines dispositions spirituelles comme ce verset coranique 223 de la sourate vache : « vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ quand et comme vous le voulez… ».

Article 120 : « Toute disposition antérieure contraire à la présente loi est abrogée ». Cet article signe l’arrêt de mort définitive des préoccupations exprimées par la communauté musulmane du Mali du Code.

Ce code promulgué est le fruit des concertations (régionales et nationale) et de la consultation de tout un peuple qu’aucune structure ne peut mettre en cause si la démocratie signifie la volonté du peuple. Mais quand on pense avec la tête du Maître, il n’est pas choquant que l’on se renie. : « Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, s’il n’a l’âme et la lyre et les yeux de Néron », « Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme sur le front de ses fils voit la mort ondoyer», « Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires en secouant leurs torches aiguisent leurs poignards », a dit Lamartine.

Le Collectif des Association Musulmanes du Mali rejette en bloc tout texte code copie-conforme-certifié du modèle occidental comme loi au Mali. Nous nous opposons à tout texte d’inspiration et d’émanations étrangères transcendant nos valeurs sociétales et religieuses normatives et nous sommes résolus au sacrifice ultime pour cela.

MOHAMED KIMBIRI PRESIDENT COLLECTIF
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