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Hôtellerie et Covid-19 : Les promoteurs d’hôtels dans le désarroi
Publié le mardi 26 janvier 2021  |  Mali Tribune
Célébration
© aBamako.com par MS
Célébration de la 40è édition de la Journée Mondiale du Tourisme
Bamako, Le 13 octobre 2019 La cité du Meguetan (Koulikoro) a abrité le lancement des festivités commémoratives de la 40è édition de la journée mondiale du tourisme au Mali.
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Selon Sidy Keita, directeur général de l’Agence de promotion touristique du Mali (APTM), les conséquences de la Covid-19 sur l’économie sont énormes. Il explique que les secteurs du tourisme (transport, hôtellerie, restauration, les sites touristiques et agences de voyage) ont été les plus affectés par la pandémie, plongeant les promoteurs et acteurs de Ces secteurs dans un grand désarroi.
« Pour un départ, c’était pratiquement tous les établissements hôteliers qui ont connu des situations de cessation d’activité parce que les clients ne venaient toujours pas. Ces hôtels n’étaient pas fermés mais ils n’avaient pas d’activité. C’est l’ensemble du parc hôtelier du Mali. C’est vraiment une situation assez difficile pour le secteur. Aujourd’hui, progressivement, les hôteliers sont en train de reprendre l’activité. Mais avec la seconde vague de la Covid, nous n’avons pas encore atteint le niveau espéré.


Sidi Keita
Il y a eu des mesures pour soutenir le secteur. Il y a toujours l’interdiction de regroupement de personne jusqu’à 50 personnes. Cela, bien que nécessaire, est une contrainte supplémentaire parce qu’au niveau des établissements hôteliers, il n’y a pas que l’hébergement, il y a les séminaires qui sont organisés. Ces séminaires ont des formats différents qui peuvent aller de 500 à 100 personnes. Rarement nous avons un séminaire qui ne dépasse pas 50 personnes. Du coup il y a eu l’annulation de Ces différentes activités.

Il y a également des pertes de revenus fiscaux. A titre d’exemple, les taxes de séjours sont payées par les clients. S’il n’y a pas de client, il n’y a pas de taxe de séjour. Donc les hôtels ne peuvent pas déclarer le payement de quelque taxe que ce soit parce qu’il n’y a pas d’activité. Donc il y a forcément une perte pour l’économie nationale. C’est une situation vraiment difficile face à laquelle nous sommes en train de chercher des solutions afin de maintenir en vie Ces établissements hôteliers.

C’est à la faveur des réunions avec les promoteurs et les directeurs d’établissements hôteliers, qu’il y a eu des propositions portant sur la réduction des charges fiscales et l’accompagnement de l’Etat pour prendre en charge certaines charges fixes des établissements hôteliers. Par exemple le séminaire sur l’hébergement, récemment organisé par le département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a proposé que l’Etat puisse prendre en charge le payement des salaires du personnel qui est dans une situation de chômage technique au niveau de l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et les autres établissements.

Nous faisons de sorte que le personnel travaillant dans les structures puisse bénéficier d’autres types d’accompagnement à travers le programme « Djiguisèmè Djiri » ayant pour objectif d’aider les personnes affectées par la Covid-19. Récemment, le département a pu mobiliser 1 milliard de F CFA pour accompagner les acteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme. Une commission a été mise en place pour réfléchir sur le mode de répartition, mais également le choix des bénéficiaires. C’est des dispositions que nous sommes en train de prendre. Il va sans dire que certains estimeront que ces mesures sont insuffisantes compte tenu de l’ampleur. Mais aujourd’hui nous comprenons la difficulté dans laquelle le Mali est confronté. Progressivement nous allons arriver à une situation de satisfaction qui puisse véritablement soulager l’ensemble des acteurs concernés ».

Jean Bosco Dembele, directeur de l’hôtel ONOMO :

« Nous souffrons. Il faut un accompagnement de l’Etat »

Selon le directeur de l’hôtel Onomo, depuis le début de la Covid-19, son chiffre d’affaire est en chute libre impactant négativement sur le fonctionnement de l’hôtel.

« Comme tous les autres hôtels, nous avons vendu à perte et le pire est que nous n’avons reçu aucune aide de l’Etat. Nous supportons la TVA, l’électricité et l’eau, etc. Si nous avions un accompagnement à ce niveau, l’impact serait toujours frappant mais moindre.

Étant un hôtel nous ne pouvons pas fermer, car le Mali est un pays de « Djatiguiya ». Donc il fallait héberger nos hôtes qui arrivent de partout surtout les clients en quarantaine avant d’intégrer notre population sous peine de nous contaminer tous.

Et tout ceci a eu des coûts supplémentaires sur les hôtels. Ces nouvelles dépenses dont les masques, gants latex, gels n’étaient pas prévues dans nos budgets.

Certains hôtels ont totalement fermé avec des licenciements sans précédent mais d’autres comme nous avons fait quelques licenciements économiques, baissé nos salaires et envoyé en petits groupe des chômages techniques.

Avec ça nous avons pu survivre même si le poids pèse encore sur l’entreprise et sur les collaborateurs.

Nous sommes certifiés par le Bureau Veritas pour 100 % de gestion et prévention du Covid-19, très coûteux, mais nécessaire.

Nous avons perdu au moins 65 % de notre revenu annuel 2020 à cause de cette maladie et 2021 est encore flou sans savoir ce qui adviendra.

Aujourd’hui pour soutenir nos entreprises, il faut que le Malien devienne un client d’hôtel car nous n’avons pas encore encré ceci dans notre culture. Sortir en Famille, entre amis ou collaborateurs dans les hôtels serait un petit plus pour le client local et pour les hôtels ».

Namonon Sanogo, promoteur du groupe hôtel Tieba de Kayes :

« Nous vivons aujourd’hui dans l’angoisse et le stress, sans espoir ni soutien »

« J’avais un chiffre d’affaires qui frôlait les 20 millions de F CFA dans les mois avant la Covid-19. Je me suis retrouvé à peine avec 2 millions qui n’arrivent pas à couvrir les charges fixes notamment l’eau, l’électricité et les charges sociales. Il faut noter que cette recette résiduelle provienne des hébergements de quelques missionnaires de l’Etat. Actuellement la situation est devenue plus critique avec cette deuxième vague de la maladie. Et alors nous sommes obligés de fermer les bars et les restaurants ainsi que les fêtes de nos clients. De ce fait nous avons procédé à la mise en chômage de certains employés. De 42 employés, aujourd’hui je suis avec 17 pour la maintenance et certains postes permanents.

La situation est tellement critique que nous devons à EDM plus de 3 millions de F CFA et 6 mois d’arriérés d’impôts. En termes de mesures d’accompagnement, nous avons hébergé les rapatriés confinés ce qui pouvait être une bouffée d’oxygène. Malheureusement, ces factures n’ont pas pu être payées par l’Etat. A ce jour, nous n’avons bénéficié d’aucun accompagnement de l’Etat. Que des promesses. Auprès des banques, nous ne pouvons contracter de crédit. Nos banques partenaires affirment que la philosophie de toutes les institutions financières est de ne pouvoir accorder un crédit à un opérateur du secteur dans la mesure où les crédits en cours ne se remboursent pas. Nous vivons aujourd’hui dans l’angoisse et le stress, sans espoir ni soutien ».

Dossier réalisé par

Bintou Diawara


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