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Cherté de la vie, démolition des maisons, accord d’Alger, péage : Les raisons d’une colère
Publié le lundi 22 fevrier 2021  |  Arc en Ciel
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© aBamako.com par as
Meeting du M5-RFP
Bamako, le 21 février 2021. Le comité stratégique du Mouvement du 5 juin - Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a tenu au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, un meeting dit d’information
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Depuis des semaines, les autorités de la Transition font face à certains mouvements d’humeur et de contestation qui, s’ils ne sont pas pris au sérieux, risqueront de créer des foyers de tensions.
Depuis des semaines, les prix de certaines denrées de première nécessité ont connu une hausse. Le prix du pain est passé de 200 à 300 F CFA la baguette, la viande de 2 200 passe à 2 400 FCFA, le litre de l’huile de 800 à 1. 000 F CFA le litre, la farine de 375 à 400 F CFA le kilo, le sucre de 500 à 650 FCFA le kilo, le sac de farine connaît une hausse de 5 000 F CFA passant de 10 000 F CFA à 15 000 F CFA.

Une autre hausse qui concerne les produits non consommables, c’est bien le ciment. De 95. 000, la tonne de ciment est vendue aujourd’hui à 110.000 FCFA soit une augmentation de 15.000 FCFA. « L’indifférence du gouvernement face à ces flambées de prix engendrent un sentiment de mépris chez les populations », estiment des organisations de la société civile.

Ces dernières pointent un doigt accusateur sur les nouvelles autorités de la Transition, à travers notamment la direction nationale du commerce et de la concurrence qui, au regard de son silence, semble être d’accord avec ces augmentations. Face à cette situation, les consommateurs n’ont que leurs yeux pour pleurer.

« Je demande à l’Etat de faire quelque chose pour nous, même si cette aide doit passer par la subvention des produits en hausse », a plaidé Mamadou Niaré, mécanicien à Sabalibougou. « On ne sait plus quoi faire, rien n’est facile en ce moment. On a comme l’impression que les autorités et les commerçants jouent au chat et à la souris. La direction nationale du commerce et de la concurrence censée trouver une solution aux peines des Maliens, ne fait apparemment rien pour que les prix diminuent », ajoute Hamza Maïga, enseignant à la retraite.

A l’image de ce dernier, beaucoup de nos compatriotes n’arrivent pas à comprendre le mutisme du gouvernement face à cette montée des prix qu’ils disent « inexplicable ».

Chauffeur de transport en commun inter-urbain entre Bamako et Ségou, Ousseini Keita, estime que c’est le gouvernement qui est en train de réunir les conditions de son isolement.

« On ne peut pas lutter contre la cherté de la vie en instituant des taxes, c’est l’effet contraire qu’on obtient, donc l’Etat a son rôle à jouer. Il est important de maintenir le niveau de taxe à son ancien taux ». M. Keita fait allusion à la récente décision du ministère des Transports d’appliquer la décision inter ministériel relative au paiement par passage de la redevance péage. Une situation qui a provoqué des mouvements de contestations et de grève de la part des syndicats des transporteurs. Mercredi 17 février, ils avaient- bloqué certains axes dans la capitale.

Un autre acte qui soulève un autre mouvement de colère des populations maliennes, c’est la volonté des autorités de la Transition d’appliquer intégralement l’Accord de paix d’Alger au détriment des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI), qui recommande la relecture de l’Accord. Cette situation qualifiée de « trahison » du peuple malien par des associations, a été bien accueillie par le président français. Ce dernier lors du sommet de N’Djamena a félicité les autorités de la Transition d’avoir reçu en quelques mois ce que l’ancien régime n’a pu faire en 3 ans.

Le dernier point et pas le moindre est celui qui a trait aux déguerpis de la zone dite aéroportuaire. Ils sont des milliers de familles et proches de familles à être remontés contre le président N’Daw pour avoir autorisé la démolition de leurs maisons. Un acte selon eux que l’ancien régime n’a pas voulu commettre. Aujourd’hui, grâce à la solidarité, ces femmes, enfants, et vieux ont trouvé refuge dans des maisons inachevées, ou chez des connaissances. Tous ces mécontentements, seraient une « fabrication » des autorités de la Transition. Si on ne prend pas garde, ils risquent d’être l’élément déclencheur d’une autre crise que personne ne souhaite.

Djibril Diallo
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